Depuis l’espace, le message d’encouragement de Sophie Adenot pour la rentrée
L’astronaute française a eu « une grande pensée » pour les écoliers qui sont revenus en classe. Elle est aussi revenue sur ses dernières sorties dans l’espace, fatigantes mais passionnantes.
Par Maxime Dhuin avec AFP
Elle n’oublie pas les élèves, qu’ils soient allés à l’école avec entrain ou à reculons. Sophie Adenot a transmis « plein de bonnes ondes » aux écoliers pour la rentrée, lors d’un échange avec des journalistes ce mercredi 2 septembre. L’astronaute française prenait la parole depuis la Station spatiale internationale (ISS) où elle est en mission depuis plusieurs mois, au lendemain de sa troisième sortie dans l’espace.
« Une grande pensée pour vous tous qui avez la rentrée scolaire aujourd’hui », a lancé Sophie Adenot qui assure que même depuis les étoiles, elle a « pensé » à la reprise des cours « ce matin en [se] levant ». L’astronaute de 44 ans, elle-même mère d’un jeune garçon, n’a pas oublié ceux pour qui le retour en classe n’est pas une partie de plaisir. « Quand on rentre, ce n’est pas toujours drôle, a-t-elle concédé, on sait qu’il y aura plein d’équations de maths ou des matières qu’on n’aimera pas forcément. »
La Française s’est ensuite voulue encourageante, comme vous pouvez le voir dans l’extrait vidéo ci-dessous. « Ce que je voudrais dire à tous les jeunes, c’est qu’un jour ça débouchera sur quelque chose qui vous fera vraiment plaisir et qui vous permettra de vous éclater dans votre profession ou dans la vie », a-t-elle assuré aux élèves. « Tout ce qu’on apprend à l’école est important, il faut en passer par là », a insisté l’astronaute avant de marteler : « Je vous assure qu’un jour ça débouche sur quelque chose qui est chouette. »
Adenot « un petit peu fatiguée » après ses trois sorties dans l’espace
Cheveux flottant en l’air et tout sourire, Sophie Adenot est revenue sur ses missions récentes et elle a reconnu être « un petit peu fatiguée » après trois sorties extravéhiculaires (EVA) réalisées en quinze jours, confiant que le simple fait de tenir un stylo pour prendre des notes était « douloureux ». Mais ces EVA « resteront le point culminant » de sa première mission à bord de l’ISS. « C’est très impressionnant de voir la Terre sous nos pieds », a-t-elle raconté, comparant la sortie de la station à la sensation « d’ouvrir la portière d’une voiture et de se retrouver les pieds au bord d’une falaise ».
Première femme française à s’aventurer dans le vide spatial, Sophie Adenot a réalisé trois sorties les 18 et 25 août et le 1er septembre. Les deux premières en binôme avec l’Américain Anil Menon pour remplacer une antenne défectueuse et la troisième avec Jessica Meir au cours de laquelle elles ont effectué en parallèle plusieurs tâches de maintenance.
Des expériences « très, très différentes les unes des autres », a-t-elle détaillé. « La première est vraiment difficile parce que c’est ce grand saut dans l’inconnu, alors qu’après, la deuxième et la troisième, on progresse dans la confiance en soi, même si c’est dans un environnement très hostile ».
Une relève reportée (et pas de nouvelle date annoncée)
Sophie Adenot, qui s’est envolée pour l’ISS le 13 février dernier, deviendra jeudi l’astronaute européenne ayant effectué la plus longue mission dans l’espace, avec 202 jours passés à bord de la station. Le record était jusqu’à présent détenu par l’Italien Luca Parmitano.
« On arrive à un point de la mission où la plupart des objectifs ont été accomplis. Il reste encore quelques semaines et on va les terminer tous et je pense même qu’on ira au-delà », a estimé l’astronaute, dont le retour sur Terre approche. La Nasa avait initialement programmé une rotation à la mi-septembre, mais le vol de l’équipage qui doit assurer la relève a été reporté en raison d’un problème technique sur le vaisseau et aucune nouvelle date n’a encore été annoncée.
Interrogée pour savoir si elle envisageait déjà une deuxième mission dans l’ISS, Sophie Adenot s’est dite « consciente qu’il y a un temps pour la récupération » et que d’autres astronautes européens doivent pouvoir prendre la relève. « En tout cas, je serai prête à tout. Et si on me dit “repars”, eh bien je repars avec grand plaisir ! », a-t-elle lancé.