« Son seul tort, c’est d’avoir voulu accéder à ses cours » : le père d’un étudiant appelle au calme après que son fils se soit fait repousser en marge d’un blocus à Nice
Blessé pour avoir tenté de rentrer en cours. C’est ce que dénonce le père de trois enfants dont l’un des fils est étudiant au campus de Valrose, à Nice. Ce lundi 12 octobre 2026, alors qu’il tentait de forcer le blocus de l’établissement pour entrer à la fac, il a été blessé dans la cohue, s’en sortant avec une fracture du petit doigt et quelques égratignures.
Vers 12h devant l’établissement, Baptiste veut absolument être présent en cours. « C’est un élève sérieux, qui veut devenir neurochirurgien. Et sa présence est obligatoire pour percevoir sa bourse. En cas d’absence, elle n’est pas maintenue », précise Menahem, son père, bulletin d’appréciation à l’appui. Car, malgré le blocus effectif depuis 7h, aucune fermeture administrative n’avait été décrétée officiellement par l’Université.
Les manifestants refusent l’entrée du jeune qui tente tout de même d’avancer puis, dans des circonstances qui restent floues, se blesse. Selon le dépôt de plainte que nous nous sommes procuré, « une quarantaine » d’individus « plaque » l’étudiant contre une jardinière avant de lui porter des coups et de lui marcher sur le doigt. Sur une courte vidéo transmise par un témoin, on aperçoit quelques personnes porter secours à l’étudiant et l’extraire de la cohue. Baptiste se rend ensuite à l’infirmerie, qui le redirige vers les urgences.
« Avec les mouvements de foule, il y a des risques »
« Il a poussé fort, et malheureusement, suivant comment vous mettez votre main contre les gens dans une foule, il y a des risques », défend de son côté Thibault Diederichs, élu au conseil d’administration de l’Université Côte d’Azur et membre du Front populaire étudiant (FPE), qui menait le blocage.
Baptiste s’en sort avec une fracture de l’auriculaire gauche, ainsi que quelques griffures et hématomes. Mais pour l’heure, aucune expertise légale n’a permis de fixer une incapacité totale de travail (ITT), faute de médecin légiste. Le rendez-vous d’expertise est fixé le 2 novembre. « En attendant, la plainte n’avance pas car la police attend ce résultat. Sauf qu’il n’y a que 15 jours pour récupérer les caméras du campus avant qu’elles soient effacées », regrette le père de Baptiste.
« C’est un parcours du combattant pour les victimes »
Son fils a été opéré ce mardi matin. « C’est un parcours du combattant pour les victimes. On a passé quatre heures pour le dépôt de plainte, sept heures à l’hôpital. On a l’impression que, dans ce système, il vaut mieux être un voyou qu’une victime », regrette Menahem.
Alors en attendant, il appelle au calme. « Je respecte le droit de chacun à manifester et à défendre ses convictions. Mais les étudiants ne doivent pas cibler d’autres étudiants. Ce sont des collègues », lance le père de famille. Selon son fils et plusieurs témoins, les agresseurs n’étaient pas des étudiants de Valrose.
« La violence, on ne la cautionne pas mais on la comprend »
L’élu du FPE a réclamé l’enregistrement des caméras de vidéosurveillance pour faire la lumière sur l’altercation. « On a dit très clairement qu’on était contre la violence, à la fois contre les étudiants qui bloquent et contre les étudiants qui veulent passer. Forcément, je suis triste pour les camarades qui ont assisté à ça et pour la victime. Je trouve dommage d’en arriver là et d’avoir des blessés. Donc on appelle au calme, comme ce père de famille », rétorque Thibault Diederichs.
Avant d’ajouter : « On est obligés de se faire entendre d’une autre manière, de façon bienveillante. Mais quand il y a des blocus déclarés et qu’on force à un contre 100 personnes… La violence, on ne la cautionne pas, mais on la comprend. À nous, syndicats, de la canaliser ».