Son bizutage, ses chiens, son piano, Lukas Ambros se livre: "Si le Standard me voulait? Anderlecht est le plus grand club de Belgique"
Avec son prix de 5 millions €, le médian offensif gaucher Lukas Ambros (22 ans) est jusqu'à présent le renfort le plus cher d'Anderlecht. De son bizutage musical à Tubize aux conseils du légendaire Lukas Podolski en passant par l'amour de ses chiens : le jeune Tchèque a réussi son examen d'entrée dans sa première interview belge.
Dès l'ouverture des portes de l'avion à l'aéroport de Thessalonique, Ambros et ses coéquipiers ont immédiatement senti la chaleur de plomb qui les attend en Grèce. "On a pris l'habitude, en Belgique, sourit Ambros. Et personnellement, je préfère largement cette météo à l'hiver. Je suis déjà venu en vacances en Grèce, à Rhodes. Il faisait très chaud aussi."
Marcin Zewlakow nous présente Lukas Ambros le nouveau médian d'Anderlecht… et émet des réserves : "Avant, il fallait plus pour aller au Sporting"On peut commencer par un quiz ? Vous êtes le dixième Tchèque de l'histoire d'Anderlecht. Connaissez-vous les neuf autres ?
Pfiou, je crains de ne pas pouvoir vous en citer neuf. Il y avait Jan Koller, évidemment. Et Daniel Zítka, le gardien. Euh… Marecek. Jan Polak aussi. Là, ça devient plus difficile. Il en reste encore cinq à trouver ?
Lecjaks, Mazuch, Kolar, Zelenka et Vlcek.
Mazuch et Zelenka, correct ! Stani Vlcek a joué ici ? Chouette ! Je dois clairement bosser mon histoire anderlechtoise (rires).
Vous avez appelé l'un d'eux avant de signer ?
Non. Par contre, j'ai appelé Sebastiaan Bornauw, mon ancien équipier à Wolfsburg, qui est le fils du CEO Kenneth. Et j'ai évidemment demandé l'avis de mon ex-coéquipier Lukas Podolski, qui m'a toujours énormément aidé au Gornik Zabrze, mon ancien club. Il m'a dit que je devais saisir cette opportunité.
Du haut de ses 40 ans, Podolski, ex-star du Bayern et d'Arsenal, aurait quasiment pu être votre père.
Son propre fils a à peine trois ou quatre ans de moins que moi (rires). Depuis mon arrivée à Zabrze, il y a deux ans, il m'a pris sous son aile. Certains pensent : 'Il a l'argent, une immense carrière, il n'en a plus rien à faire'. Mais à chaque entraînement, il poussait les jeunes gars à se donner à fond.
guillementTout va vite à Anderlecht! Dès mon premier jour, j'ai dû chanter pour mon bizutage. Je n'étais même pas préparé.
Comment ce transfert à Anderlecht s'est-il concrètement réalisé ?
J'étais en stage de préparation en Autriche cet été quand j'ai reçu un coup de fil d'Antoine Sibierski. On a discuté du projet. Je devais rester très discret au début, mais l'info est vite sortie car le club a formulé une offre officielle. En trois ou quatre jours, le deal était bouclé et je partais déjà pour les tests médicaux.
Vous devez pallier le départ de Nathan De Cat.
C'était un bon joueur je pense, il est parti dans un très beau club en Allemagne (à Hoffenheim). Mais je vais simplement être moi-même, Lukas Ambros.
Chassé-croisé entre Ambros et De Cat à Anderlecht : "La décision la plus difficile que j'ai dû prendre"Le numéro 10 était libre à Anderlecht, mais vous avez préféré le 18.
Je voulais absolument conserver mon numéro 18, comme dans mon précédent club. Je m'y suis habitué après deux ans. J'aime beaucoup le numéro 10 aussi, mais on n'en a même pas parlé avec la direction.
Il paraît que le Standard était aussi sur vous cet été.
(Sourire mystérieux) Je ne sais pas si je peux le dire… Je ne sais pas si c'est de notoriété publique. Mais quoi qu'il en soit, rejoindre Anderlecht a été mon propre choix. Et je n'en ai absolument aucun regret. Anderlecht est le plus grand de Belgique, même si je sais qu'il a traversé une période difficile.
Comment se sont déroulées vos premières semaines à Bruxelles ?
Très bien. Et je peux vous dire qu'à Anderlecht, ils aiment quand ça va vite (rires) ! Mon tout premier jour, juste après les tests médicaux, j'ai rejoint le reste du groupe au centre d'entraînement de Tubize. Je n'avais encore rencontré personne et vous savez quoi ? J'ai dû directement chanter devant tout le monde !
Pour votre bizutage ?
Correct. On m'a collé le micro dans les mains. Au début, je pensais qu'on allait avoir un premier entretien tranquille, mais non, je devais d'abord chanter, sans préparation. J'ai chanté en anglais : 'Right Now' d'Akon. Je ne suis malheureusement pas un bon chanteur, mais j'ai quand même reçu des applaudissements.
guillementMes deux chiens sont déjà ici, mais pas encore mon piano.
Vous ne vivrez pas seul en Belgique.
Ma copine Maja est là aussi, elle m'aide énormément. Et nos chiens sont du voyage aussi : un chihuahua et un bouvier d'Appenzell — une race suisse, un peu plus grande. Ils sont super gentils, même l'un envers l'autre. On a déjà exploré le quartier avec eux. On ne s'est pas installé dans le centre de Bruxelles, non. Je préfère être tranquille en dehors de la ville.
Votre frappe repoussée a mené au 2-1 contre Hammarby. C'était une action typiquement Ambros ?
Oui, on peut dire ça. Je veux toujours avoir le ballon. Je joue où le coach le veut – sauf au but – et quand j'évolue depuis le flanc droit, comme contre Hammarby en deuxième mi-temps, j'aime rentrer dans l'axe, comme sur le but. Dommage qu'il ne soit pas comptabilisé comme un assist (rires). Je dois encore m'adapter à l'intensité du championnat, qui est différente ici qu'en Pologne, mais cela va venir au fil des semaines.
Vous êtes le Tchèque le plus jeune à avoir débuté en Bundesliga : vous aviez 18 ans.
Correct même si cela s'est limité à un match. Je suis parti du Slavia Prague à Wolfsbourg à 16 ans. J'y ai côtoyé Bornauw mais aussi Koen Casteels, un superbe gars et un gardien fantastique. Il a vraiment été super sympa avec moi. Et il y avait aussi les frères Nmecha. Je sais que Lukas a joué une saison à Anderlecht, j'en ai d'ailleurs parlé avec Marco Kana, qui est resté un très bon ami à lui.
Savez-vous combien de matchs vous comptez en équipes nationales de jeunes de Tchéquie ?
Beaucoup, mais le nombre exact ? Non.
58.
Wow. Vraiment ? On a joué contre la Belgique aussi, oui, en Croatie avec les U18 (NdlR : 1-0 pour les Belges en 2021, un but de Vermant).
Biancone se loupe puis se rachète, la première d'Ambros et une connexion U17 pour l'emporter : ce qu'il faut retenir du succès d'Anderlecht contre NECVous n'avez pas encore été repris en équipe A de Tchéquie, mais vous avez été proche d'aller à la Coupe du monde.
En tout cas, j'étais dans la préliste élargie, mais je n'ai pas été repris dans la sélection finale. C'était une déception, mais un peu plus tard, je signais à Anderlecht. C'est fou, dans le foot, comme les choses peuvent aller vite. En tout cas, j'espère rapidement arriver en équipe nationale grâce à mes prestations ici.
J'ai foiré mes corners contre Hammarby: j'ai confondu les signaux : un bras ou deux bras en l'air.
Visiblement, vous bottez les corners et les coups francs indirects cette saison.
Oui, j'aime prendre mes responsabilités là-dedans. Sauf que contre Hammarby, j'ai foiré. Quand le coach m'a dit après le match que je devais travailler mes phases arrêtées, je me suis rendu compte du fait que j'avais confondu les signaux : un bras ou deux bras en l'air (rires).
Avez-vous d'ailleurs un pied droit raisonnable, ou est-ce qu'il ne sert que pour monter dans le car ?
Je pense que les gens sous-estiment parfois mon pied droit, tout simplement parce que je ne l'utilise pas très souvent. Mais je vous assure qu'il est plutôt pas mal et tout à fait correct !
Êtes-vous prêt à jouer devant un public hostile ?
Mon passage en Pologne m'a bien préparé aux publics bruyants. Les fans du Gornik allumaient des fumigènes et faisaient énormément de bruit. Et à l'extérieur, nos rivaux du Legia Varsovie ou du Lech Poznan faisaient pareil.
Avez-vous d'autres passe-temps en dehors du football ?
Je joue parfois aux échecs sur mon téléphone, je lis des livres, et je passe surtout beaucoup de temps avec ma copine et nos chiens en allant nous promener. Je fais aussi du piano. Mais en ce moment, c'est compliqué car je n'en ai pas encore ici, je dois encore le faire venir. Cela demande pas mal de logistique, mais c'est une passion que j'aime beaucoup. Quand j'étais jeune, j'ai fait du tennis de table, du squash et du tennis.
guillementJ'ai toujours été fan de Ronaldo, même si on a un profil différent.
Il paraît que vous êtes un polyglotte.
Je parle le tchèque, l'anglais, l'allemand et le polonais via mes ex-coéquipiers et via ma compagne Maja. Ici, je vais apprendre le français parce que je veux parler une langue totalement différente. Et vu que le néerlandais ressemble à l'allemand….
Vous étiez un bon élève. À Wolfsbourg, on se moquait de vous quand vous étudiiez dans le car.
Qui vous a dit ça ? C'est correct. Je devais aller à l'école en Allemagne dans une langue que je ne connaissais pas et je voulais mon diplôme tchèque via des cours en ligne. J'y suis parvenu.
Il paraît aussi que vous êtes superstitieux.
Je prie avant chaque match, j'ai gardé la croix que j'ai reçue à mon baptême. Mes autres rituels, je préfère les garder pour moi (rires).
Qui est votre idole ?
Cela a toujours été Cristiano Ronaldo, même si je sais bien que nous sommes des profils de joueurs totalement différents. La force mentale qu'il possède, sa capacité à toujours répondre présent quand son équipe a besoin de lui…
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