Sommet européen : ces 5 pays craignent que "l'ETS2" ne fasse encore grimper davantage les prix des carburants

Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne ont demandé à la Commission de réexaminer les conséquences éventuelles de la future taxe carbone sur le transport routier et le chauffage des bâtiments (ETS2), ce jeudi 15 octobre 2026 en conclusion d'une journée de discussions animées, au sommet européen de Bruxelles, concernant la manière de faire face à la hausse des prix de l'énergie.

Budget fédéral et abandon de la hausse de la TVA : les dessous du revirement de Bart De Wever et les risques pour l'Arizona

La Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque et l'Italie ont profité jeudi du débat sur la hausse des prix de l'énergie pour lancer une nouvelle offensive contre l'extension du marché du carbone (système de quotas d'émissions de CO2) au transport routier et au chauffage des bâtiments (ETS2). À l'instar de l'industrie lourde (ETS1), les fournisseurs de mazout, de gaz naturel, d'essence et de diesel devront eux aussi payer pour les émissions générées par leurs carburants.

Ces cinq États membres craignent toutefois que l'ETS2 ne fasse grimper encore davantage les prix des carburants. L'année dernière, il avait déjà été décidé de reporter d'un an la mise en place du système, jusqu'en 2028. Ce jeudi, ce groupe a fait pression pour obtenir un nouveau report jusqu'à "au moins 2030". Inacceptable pour l'Espagne, les Pays-Bas et les pays nordiques qui défendent les ambitions climatiques européennes.

Les discussions sur la formulation exacte des conclusions finales du sommet se sont prolongées toute la journée et ont bouleversé l'ordre du jour du président Antonio Costa. Ce dernier a ainsi dû annuler une conférence de presse prévue avec la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Il a finalement réussi à obtenir l'accord de toutes les parties sur une demande, adressée à la Commission, visant à "actualiser l'évaluation de toutes les conséquences de l'ETS2, notamment en ce qui concerne sa conception et ses garanties". Les conclusions ne font, en revanche, pas mention d'un report ni d'une suspension.

Les dirigeants se sont également penchés sur l'ETS1, soulignant que la révision en cours du système devait réduire la volatilité du prix du carbone et limiter son impact sur les prix de l'électricité. Selon eux, la réforme de la réserve de stabilité du marché doit également y contribuer.

La Commission est également invitée à examiner quelles mesures pourraient encore s'avérer nécessaires pour atténuer à court terme la hausse des prix de l'énergie. Elle avait déjà évoqué, entre autres, une prolongation du cadre temporaire des aides d'État en faveur des secteurs industriels vulnérables et proposé d'améliorer la capacité des raffineries européennes.

Les prix élevés de l'énergie se sont ainsi révélés être source de discorde lors de la première journée du sommet. Les États membres ont des mix énergétiques variés et n'en sont pas tous au même stade dans la transition vers une économie décarbonée. L'impact du blocus du détroit d'Ormuz varie donc d'un pays à l'autre.