Sommet de l’OCS: à Bichkek, l’Iran à la recherche du soutien russe face aux États-Unis

À Bichkek, au Kirghizistan, de nombreux chefs d’État – de la Russie à la Chine en passant par l’Iran, l’Inde ou encore le Pakistan – sont arrivés lundi 31 août, à la veille du 25e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai. L’objectif est de renforcer l’idée d’un monde multipolaire et contrer l’hégémonie américaine. Mais avant même l’ouverture officielle, des rencontres bilatérales, certaines d’importance stratégique, ont déjà eu lieu.

Publié le : 01/09/2026 - 07:25

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Il y a le sommet officiel, et tout ce qui se trame autour, hors agenda, loin des caméras, où sont souvent abordés les sujets diplomatiques les plus épineux. La 25e édition de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ne déroge pas à la règle.

Dès lundi soir, le président iranien Massoud Pezeshkian a lancé son marathon diplomatique, indique notre envoyé spécial à Bichkek, Théo Bourgery Gonse. Il a rencontré, entre autres, le Premier ministre indien Narendra Modi, qu’il n’avait pas vu depuis le début de la guerre. Ce mardi 1er septembre, il doit voir Vladimir Poutine et Xi Jinping, afin de s’assurer de leur soutien face à Washington.

Accueilli avec les honneurs à Bichkek, le président russe a neuf rencontres prévues, à commencer par son homologue chinois, ce lundi soir. À l’agenda : faire avancer les négociations autour de la construction d’un gazoduc de la Russie vers la Chine. Un projet vieux de 20 ans qui est au point mort.

Il doit encore rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan qui, selon la presse russe, proposera une médiation pour une paix avec l’Ukraine. Enfin, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian était lundi avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Une rencontre encore inimaginable il y a un an, alors que les deux pays sortent de 40 ans de guerre.

L'Iran compte sur le soutien russe

Lundi, le président russe a loué la relation de son pays avec la Chine. Selon Vladimir Poutine, « la coopération stratégique entre Pékin et Moscou constitue un modèle de relations interétatiques ». Isolé par l'Occident, le président russe affiche ses soutiens et doit s'entretenir aujourd'hui avec son homologue iranien.

Pour l’Iran, la Russie de Vladimir Poutine est un partenaire de choix. La coopération s'étend sur le plan militaire, elle va du nucléaire civil au spatial. Mais surtout, Téhéran partage avec Moscou le même objectif de s'affranchir de l'Occident, rappelle Clément Therme, chercheur associé au programme Turquie/Moyen-Orient de l’Ifri, auprès de Nicolas Feldmann, du service international de RFI : « Il y a toujours cette idée pour la République islamique d’ancrer vraiment la Russie dans le camp antioccidental, voire dans ce que l’Iran appelle "l’axe de la résistance" au Moyen-Orient. »

Mais l'Iran compte aussi sur la Russie pour préserver son influence bien au-delà du Moyen-Orient : « Un dossier très important pour l’Iran, c’est que la Russie garde son influence dans ce qu'elle appelle "l’étranger proche", c'est-à-dire en Asie centrale et au Caucase du Sud, puisque c’est grâce à cette hégémonie russe dans l'ancien espace soviétique que, depuis 1991, la République islamique a son influence. Et elle est très inquiète de la poussée occidentale et turque en l’Asie centrale et dans le Caucase du Sud. » 

L'Asie centrale est le théâtre d'une rivalité avec la Chine, l'un des autres partenaires de la Russie. Depuis la guerre en Ukraine, Pékin profite en effet de l'affaiblissement diplomatique et économique de Moscou pour pousser ses pions dans la région. Pour la première fois l'année dernière, le commerce entre la Chine et l'Asie centrale a franchi la barre des 100 milliards de dollars.

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