Solidarité. Emmaüs Connect réutilise le matériel high-tech des dealers pour lutter contre l’illectronisme

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L’association Emmaüs Connect collabore depuis 2024 avec des tribunaux pour récupérer du matériel numérique confisqué par la justice française dans le cadre d’affaires délictuelles, qu’elle réutilise pour lutter contre les fractures numériques. Venant en aide à des milliers de personnes à travers le pays, elle vient de signer un nouveau partenariat avec le tribunal de Carpentras (Vaucluse), après plusieurs conventions passées avec des instances d’Île-de-France.

Soline Carbillet -

Aujourd’hui à 20:24 | mis à jour aujourd’hui à 20:26

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L’association Emmaüs Connect vise à lutter contre l’illectronisme à travers la France depuis 2013. Photo Emmaüs Connect/Jimmy Beunardeau
L’association Emmaüs Connect vise à lutter contre l’illectronisme à travers la France depuis 2013. Photo Emmaüs Connect/Jimmy Beunardeau

Près de 500 smartphones et téléphones à touches provenant de juridictions ont déjà été collectés par Emmaüs Connect. Apparue dans le paysage tricolore en 2013, l’association « vise à réduire l’exclusion numérique en se basant sur trois leviers : favoriser l’accès aux équipements en les proposant à prix réduit, faciliter l’accès aux moyens de connexion [crédits mobiles et internet à des tarifs “solidaires”, NDLR] tout en proposant des formations à l’usage du numérique », détaille Pierre Resta, responsable territorial en Seine-Saint-Denis d’Emmaüs Connect. Principal objectif de l’association : lutter contre l’illectronisme. « Nous collectons du matériel auprès de différents partenaires, que ce soit des entreprises, des collectivités et, depuis peu, des juridictions. » 

En 2024, Emmaüs Connect signe une première convention en Île-de-France avec le tribunal judiciaire de Créteil pour obtenir des dons high-tech provenant d’affaires délictuelles. Suivront des partenariats avec les juridictions de Bobigny, Meaux et la Cour d’appel de Paris. « À ce jour, nous avons pu collecter 65 PC portables, 446 smartphones et téléphones à touches et 57 tablettes », liste Pierre Resta.

Près de 250 000 personnes accompagnées

Une goutte d’eau face aux besoins, mais l’initiative prend de l’ampleur. En avril, c’est dans le Vaucluse qu’une nouvelle convention a vu le jour avec le tribunal judiciaire de Carpentras, et l’association ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Ces conventions naissent à la suite d’échanges avec les tribunaux qui rencontrent des problèmes de stockage » de scellés, note le responsable territorial.

Plutôt que de les détruire, ces appareils sont reconditionnés par des partenaires d’Emmaüs Connect ou par l’association elle-même, puis envoyés vers ses espaces solidaires implantés dans des villes comme Lyon, Strasbourg, Roubaix, Bordeaux ou encore Marseille, où ils sont vendus à bas prix et utilisés lors de formations à l’usage du numérique. Depuis 2013, l’association a pu accompagner près de 250 000 personnes et espère doubler cet objectif d’ici à 2033.

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