Sénégal: à Dakar, des centaines de personnes ont manifesté contre la vie chère
Au Sénégal, plus de 200 personnes ont marché samedi 5 septembre 2026 contre la vie chère dans les rues de Dakar. La manifestation prolonge une campagne très suivie sur les réseaux sociaux : « 30 jours pour le juste prix ». Depuis le début du mois, à l’appel d’un collectif d'influenceurs et de citoyens, des milliers de Sénégalais témoignent - certains face caméra ou en filmant leurs courses - d’une hausse généralisée et parfois inexpliquée du prix des biens et services.
Publié le : 06/09/2026 - 00:33
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Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier
Des paniers vides en mains, les manifestants veulent faire entendre l’urgence. Avec le kilo de viande 30 % plus cher qu’il y a un an, même cuisiner le « thiéboudiène » - plat familial du quotidien - coûte cher. Jusqu’à 10 000 francs CFA, soit 15 euros.
C'est intenable pour Aïcha. « Je vais avoir cet argent-là où ? Je vais prendre un exemple : ça fait quatre mois que je ne mange plus de viande, que je ne mange que du poisson, témoigne-t-elle. La classe moyenne souffre. »
Au-delà du panier des ménages, cette campagne contre la vie chère relève des tarifs jugés impensables et déconnectés du niveau de vie des Sénégalais : dans les salles de sport, les restaurants et pour l'accès aux autres loisirs. Cela touche aussi le logement dans la capitale. Boully Galissa, chef de cabinet du maire de Dakar, est venu en simple citoyen.
« Les agences immobilières et les propriétaires doivent savoir qu'ils ne sont pas à Paris, à Bruxelles ou à New York, mais à Dakar, au Sénégal, au sud du Sahara, où le revenu mensuel minimum est de 170 000 francs CFA, tonne-t-il. La location doit refléter le revenu des Sénégalais. Sinon, les Sénégalais deviennent étrangers dans leur propre pays. »
Une campagne menée par un collectif apolitique
La campagne est portée par un collectif apolitique composé d'influenceurs, mais aussi de simples citoyens comme Dieynaba Ndiaye. « Ici, à Dakar, les prix sont excessivement chers comparés à d'autres pays, même d'Afrique, comme les pays frontaliers. Il y a le carburant qui a augmenté tout récemment, mais c'est une chaîne de valeur. Si aujourd'hui l'électricité on ne le maîtrise pas, le coût du loyer, on ne le maîtrise pas, etc. Dans tous les secteurs, tu te rends compte qu'il y a des augmentations, sans précisions, sans contrôle ni dialogue avec le peuple », dénonce-t-elle.
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« Manger le thiéboudiène, c'est devenu un luxe », selont Dieynaba Ndiaye
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« On est vraiment fatigués »
À l'heure où le Sénégal tente de rembourser une dette colossale estimée à 132 % du PIB et que les contreparties du nouvel accord conclu cette semaine avec le FMI dans ce cadre restent floues, El Hadji, de son côté, craint un coût social élevé. « Quand on doit encore à des créanciers à des dates courtes, et que le FMI vient encore nous aider. Je pense très bien qu'on va encore mettre la main dans la poche. Mais là, on est vraiment fatigués, on n'est pas prêts à accepter ça », explique-t-il.
Cette semaine, le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, a annoncé la fin des subventions généralisées à l’électricité.