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  • 2026-08-07 18:10:00 +0000 UTC

    Aug 07, 2026

    Sécurité routière. Le casque obligatoire pour les vélos et les trottinettes ? Le gouvernement relance le débat

    Le sujet a toujours été sensible chez les cyclistes. Faut-il imposer le port du casque en toutes circonstances ? L’idée ne fait pas consensus parmi les associations d’usagers de la bicyclette, qui y voient une mesure peu efficace, et surtout une diversion sur la problématique des infrastructures. Mais elle est relancée par une étude demandée par la ministre déléguée à la Citoyenneté, sur une possible obligation constante du casque en France. « J’ai demandé à la délégation à la Sécurité routière de mener des réflexions visant à rendre ce dernier obligatoire, en toutes circonstances et sur l’ensemble du territoire, pour les trottinettes, mais aussi pour les cyclistes », avait indiqué Marie-Pierre Vedrenne en juin dernier au Sénat.

    Il faudra attendre plusieurs mois pour savoir où va le gouvernement sur cette question, très technique d’un point de vue juridique. Mais selon le cabinet de la ministre déléguée, ce ne sont pas les cyclistes qui sont principalement visés. « La priorité, ce sont les trottinettes électriques », précise son entourage en mettant en avant deux arguments : « ça peut sauver des vies », et « la règle doit être la même sur tout le territoire ».

    À l’heure actuelle, le port du casque n’est obligatoire à vélo que pour les moins de 12 ans. Dans tous les autres cas, y compris en trottinette électrique, il n’est que vivement conseillé.  Photo d'illustration Sipa/Syspeo

    À l’heure actuelle, le port du casque n’est obligatoire à vélo que pour les moins de 12 ans. Dans tous les autres cas, y compris en trottinette électrique, il n’est que vivement conseillé.  Photo d'illustration Sipa/Syspeo

    Des statistiques très défavorables aux trottinettes électriques

    L’évolution des statistiques est en effet très inquiétante pour les déplacements en trottinette électrique, notamment chez les jeunes, comme l’a montré l’étude d’un hôpital pédiatrique lyonnais. Selon les chiffres de la Sécurité routière, 45 personnes sont mortes en France en 2024 sur un EDPM (Engins de déplacement personnels motorisés), et pas moins de 21 000 autres ont été blessées, dont 800 gravement - ce dernier chiffre présente une hausse de 24 % en un an. Par ailleurs, sept usagers de la route, dont six piétons, ont été tués la même année dans un accident avec un EDPM. Du côté des cyclistes, la mortalité est plus stable, avec 224 morts en 2024. Mais le risque de trouver la mort à vélo « est quatre fois plus important qu’en voiture », rappelle la Sécurité routière. Laquelle précise qu’à ce jour, « aucune corrélation nette n’apparaît entre infrastructures et sécurité » à vélo.

    Et s’il n’est pas systématique, le port du casque est désormais largement démocratisé chez les cyclistes. Ce qui rend une éventuelle obligation moins urgente, voire contre-productive aux yeux de la Fédération des usagers de la bicyclette. « Dire que c’est la solution miracle, ce serait mentir », expose sa coprésidente Céline Scornavaca, qui se dit évidemment favorable au développement du port du casque. Mais celui-ci « n’évite pas l’accident », ajoute-t-elle, estimant que les politiques publiques doivent tendre « à les éviter plutôt qu’à en faire porter la responsabilité aux cyclistes ».

    Ces derniers mois, la multiplication d’accidents dramatiques, parfois mortels, impliquant des trottinettes électriques a poussé les autorités locales à prendre des mesures drastiques, au nom de la protection d’usagers souvent jeunes. Mais le résultat n’est pas toujours satisfaisant. À Reims par exemple, le maire Arnaud Robinet a été contraint de revoir son arrêté municipal imposant le port du casque et du gilet réfléchissant pour tous les cyclistes et conducteurs de trottinettes électriques. Parce que la loi, à cette heure, ne peut l’ordonner qu’aux véhicules à « impulsion » électrique - dont ne font pas partie les vélos, qu’ils soient traditionnels ou à « assistance » électrique. Le premier magistrat rémois avait pris cette décision après la mort tragique d’un garçon de 17 ans, dans une collision avec une voiture alors qu’il circulait sans casque en trottinette électrique.

    « Une augmentation des infractions et des comportements à risque »

    D’autres communes françaises ont pris des mesures similaires, imposant le port du casque pour les EDPM, mais pas pour les vélos - puisque le code de la route ne le permet pas. C’est par exemple le cas des préfets du Nord et du Pas-de-Calais, ou de la municipalité de Compiègne (Oise), qui met en avant l’impératif de sécurité pour justifier cette mesure. « Les contrôles réalisés par la police municipale attestent d’une augmentation des infractions et des comportements à risque : circulation sur des voies interdites, non-respect des priorités, vitesse excessive et des accidents », écrit-elle, ajoutant que « ces comportements mettent directement en danger les conducteurs, mais aussi les piétons ».

    En définitive, les subtilités de la législation nationale sur les trottinettes électriques et les vélos, ajoutées à une myriade d’initiatives locales, rendent difficilement lisible, voire compréhensible, l’obligation qui est faite à l’usager lorsqu’il monte sur son engin - quel qu’il soit. Le gouvernement souhaite donc harmoniser tout cela avant la présidentielle. Le temps presse.

    L'Irlande durcit fortement les règles

    Face à la multiplication des accidents graves, notamment des traumatismes crâniens, impliquant des trottinettes électriques, l’Irlande serre la vis. Depuis ce mois d’août, leur usage sur la voie publique est interdit aux moins de 18 ans. Autre nouveauté : le port du casque et d’un gilet haute visibilité devient obligatoire pour tous les utilisateurs. Et dès septembre, les trottinettes électriques devraient être officiellement classées comme des « véhicules à moteur », avec une immatriculation qui deviendra obligatoire.

    2026-08-07 18:10:00 +0000 UTC