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  • 2026-07-30 20:00:00 +0000 UTC

    Jul 30, 2026

    Scoutisme, le pari de la confiance

    À l'heure où tant de parents ont pris l'habitude de suivre leurs enfants à la trace, des dizaines de milliers de jeunes Belges ont disparu quelques jours des radars familiaux. Dans une ferme ou une prairie, sous tente, dans la chaleur, loin du confort et des écrans, ils ont marché, cuisiné, monté des pilotis, joué, râlé aussi. Ils ont appris à se débrouiller ensemble.

    Les mouvements de jeunesse tranchent avec l'air du temps, comme un rendez-vous issu d'un autre âge. Surtout dans une société qui surveille beaucoup et anticipe tout. Ces camps estivaux rappellent que l'éducation ne se réduit ni à la famille ni à l'école. Elle passe aussi par l'épreuve du collectif.

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    Un camp fonctionne comme une petite société, avec ses contraintes, ses tensions, ses joies partagées et ses imprévus. Une journée se déroule mieux quand chacun fait sa part, quand tout ne devient pas sujet à contestation, quand chacun fait profiter les autres de ses compétences, de son instinct, de ses initiatives. Un adolescent qui se surpasse peut aussi se révéler auprès de ses amis sous un jour nouveau, avec une qualité, une force ou une assurance qu'il ne se connaissait pas.

    À l'heure de notre rapport compulsif aux écrans, ces camps imposent l'entraide, l'effort, la patience et même les bienfaits de l'ennui. Cette opportunité doit beaucoup aux milliers de jeunes animateurs bénévoles, et aux propriétaires qui les accueillent. À 18 ans, prendre en charge un groupe, arbitrer des conflits, gérer l'intendance et la trésorerie, mais aussi les bobos, les angoisses, la fatigue et parfois l'inquiétude des parents n'a rien d'une sinécure. C'est une formidable école, même si elle ne plaît pas à tous les enfants.

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    Elle ne doit d'ailleurs pas empêcher les mouvements de jeunesse d'oser questionner leurs pratiques, prévenir les abus et faire évoluer leurs traditions lorsque c'est nécessaire. Sans tomber dans l'hypervigilance. Épargner aux jeunes toute difficulté, tout imprévu ou tout risque mesuré, les priverait de ce qui les aide à grandir.

    L'autonomie se construit dans la distance, la confiance accordée et la débrouillardise. Former des adultes responsables suppose d'accepter qu'ils grandissent un peu sans leurs parents. Cela peut parfois se révéler inconfortable pour ces derniers. Pour les jeunes, aussi. Mais c'est précisément en sortant de sa zone de confort que l'on gagne en autonomie et en confiance. Et, en définitive, que l'on grandit.

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