Saverne. Près de 4 700 personnes envoient le cancer sur les roses à la Savernoise

Les années passent. Mais la mobilisation des habitants de Saverne et environs reste intacte pour soutenir les victimes du cancer du sein dans leur combat.

Dans le parc du château des Rohan, près de 4 700 personnes se sont élancées vendredi 16 octobre au soir pour transpirer sur les 4,2 kilomètres du parcours urbain de la 10e  édition de la Savernoise. Un engouement pour l’événement à la hauteur de la pugnacité du crabe.

61 214 nouveaux cancers du sein dépistés en 2023

Les joëlettes des associations Robin prince de l’espoir et Osons la différence ont ouvert la course. Photo Paulo Viana

Les joëlettes des associations Robin prince de l’espoir et Osons la différence ont ouvert la course. Photo Paulo Viana

Selon les dernières statistiques publiées par l’Institut national du cancer, 61 214 nouveaux cas de cancer du sein ont été recensés en France en 2023. Le cancer du sein reste ainsi au premier rang des cancers incidents chez les femmes (33 %), loin devant le cancer du côlon-rectum (11 %) et le cancer du poumon (10 %). Il reste également le cancer à l’origine du plus grand nombre de décès chez les femmes, avec 12 765 décès engendrés la même année.

Dès la fin de l’après-midi, la place du Général-de-Gaulle a commencé à voir la vie en rose. Photo Paulo Viana

Dès la fin de l’après-midi, la place du Général-de-Gaulle a commencé à voir la vie en rose. Photo Paulo Viana

« On a quasiment la même affluence que l’année dernière », apprécie Georges Jungling, cheville ouvrière de la manifestation lancée en 2016 sous l’égide du Rohan Athlétisme Saverne, reprise en 2023 aux Trailers de la rose qui s’ingénient depuis à développer cet héritage solidaire. « L’idée, c’est vraiment de fédérer un maximum d’associations, de structures, de partager ensemble pour mettre un peu plus de rose en ville chaque année ! »

Contre le crabe, les licornes savernoises étaient de sortie. Photo Paulo Viana

Contre le crabe, les licornes savernoises étaient de sortie. Photo Paulo Viana

Dont acte. Samedi 10 octobre, c’est le Judo club qui s’est chargé d’ouvrir le bal avec un entraînement « open mat », ouvert à tous pour « faire découvrir les bienfaits du taiso aux victimes du cancer ». Un ciné-débat et des conférences se sont ensuite égrenés au fil de la semaine. Le « village médical » a quant à lui ouvert vendredi matin pour offrir au public l’occasion de rencontrer divers professionnels de santé venus défendre l’importance du dépistage et présenter divers soins d’accompagnement et de bien-être pour les malades (sophrologue, kiné…).

Un programme d’animations qui gagne du terrain

Richard Bankeu a pris en main l’échauffement. Photo Paulo Viana

Richard Bankeu a pris en main l’échauffement. Photo Paulo Viana

Avec l’arrivée de la soirée, la Savernoise a pris progressivement le tour festif qui fait son charme, avec notamment l’échauffement animé par Richard Bankeu et la flash-mob des Jeunes agricultrices du secteur. Après les discours et un hommage rendu à Stéphanie Jost, cofondatrice de l’événement, les coureurs ont ensuite pu enfin s’élancer, précédés par une cavalière et les joëlettes d’Osons la différence et de Robin prince de l’Espoir. Soit un petit clin d’œil à une Savernoise bien décidée à dépasser ses horizons. Pour soutenir la cause, le centre hippique organise en effet dimanche 25 octobre « une première », un « Ride & Run » qui affiche déjà complet. Lundi 26 octobre à 19 h au stade Fetter, le rugby club fermera enfin le ban de cette édition avec son invitation lancée aux femmes à s’initier au « chill rugby », une variante sans plaquages de la discipline. De quoi donner encore un peu plus d’impact à un événement qui n’en manquait pas.

Pour assurer l’animation de la soirée, même les requins étaient sur les dents.   Photo Paulo Viana

Pour assurer l’animation de la soirée, même les requins étaient sur les dents.   Photo Paulo Viana

Grâce aux efforts déployés l’an dernier, les organisateurs du défi ont en effet pu récolter 37 600 euros, partagés également entre l’Inserm, le service d’oncologie du centre hospitalier de Saverne et l’institut de cancérologie Strauss de Strasbourg. Des fonds qui ont notamment contribué, comme l’ont précisé les représentants de ces structures Jacques Goetz (Inserm), Stéphanie Dument (Icans) et Andréa Mignerey (Sainte-Catherine), au financement de projets de recherche et à la mise en route prochaine d’une unité de prévention mobile par l’hôpital savernois.

Des ostéopathes pour aider les victimes du cancer à remonter la pente

Dans l’imaginaire commun, leur activité est généralement associée aux torticolis rectifiés et autres manipulations musculosquelettiques qui craquent fort. Mais les ostéopathes peuvent aussi parfois jouer un rôle dans l’accompagnement et le bien-être des victimes du cancer du sein. Au village médical de la Savernoise, pour la première fois, deux praticiens de cette discipline non remboursée par la Sécurité sociale, Lucas Rousselet et Julie Dedenon, étaient ainsi présents vendredi pour présenter la palette de leurs services et soulager les éventuels bobos de la soirée. « L’ostéopathie ne se substitue en aucun cas aux traitements médicaux conventionnels, ni à un suivi médical », prévient d’emblée Julie Dedenon, qui a récemment ouvert son cabinet à Saverne, Grand’Rue. « On peut par exemple travailler tout ce qui est épaules et bras, les douleurs et tiraillements au niveau des muscles qui peuvent survenir à la suite d’une mastectomie. Pareil au niveau des aisselles et du thorax, où la sensibilité peut être accrue en raison de la cicatrice », explique-t-elle.