Sauts depuis les rochers dans la mer à Saint-Raphaël : les jeunes ont-ils enfin compris le danger ?
Il y a encore un an, les hauteurs du littoral raphaëlois pouvaient parfois se transformer en tremplins improvisés. Au Dramont notamment, certains rochers devenaient, le temps d’une journée d’été, le théâtre de sauts spectaculaires, avec la Méditerranée pour bassin de réception.
Une poignée de secondes d’adrénaline, un plongeon et les applaudissements des spectateurs. Avec, derrière cette apparente insouciance, un risque bien réel que la Ville de Saint-Raphaël avait entrepris de rappeler, jusqu’à prendre un arrêté pour tenter de mettre un terme aux comportements les plus dangereux (lire plus bas).
Un an plus tard, le décor n’a guère changé. Le soleil continue de cuire les roches rouges de l’Estérel, les eaux translucides invitent toujours à la baignade et, à Boulouris, au Dramont, à Anthéor ou au Trayas, les vacanciers, locaux ou touristes, continuent de rechercher cette petite dose d’adrénaline qui accompagne parfois une baignade estivale. Mais quelque chose semble avoir changé : la hauteur des sauts.
« Ne pas tenter le diable »
Sur le terrain, les grands plongeons ont quasiment disparu des spots les plus exposés. Les rochers du Dramont, notamment, paraissent bien moins fréquentés par les amateurs de sensations fortes.
N. P. / Var-matin
Et ceux qui sautent encore ne semblent plus chercher la performance ou le spectaculaire. « Quelques mètres suffisent, assurent Arnaud, 18 ans, et son compère Loïs, 17 ans, deux amis parisiens en vacances ici en famille. On regarde toujours les fonds avant de sauter. Zéro prise de risque inconsidérée ! »
« On a vu les panneaux », lancent d’emblée plusieurs jeunes italiens en randonnée vers des criques du Dramont isolées. « Avant, on se challengeait entre nous pour voir qui saute du plus haut. Mais on a vu de nombreux témoignages, sur les réseaux sociaux, de sauteurs qui retombent très mal... Alors on se concentre sur la plongée », admet Alessio, 21 ans.
D’autres assurent connaître les dangers. Certains disent simplement ne pas vouloir « tenter le diable ». Des réponses qui peuvent sembler anodines, mais qui témoignent peut-être d’une évolution des comportements.
Il ne faudrait pas en conclure que le danger a disparu, même si, cette année, le message semble avoir davantage circulé. Les panneaux sont lus, les recommandations sont connues et, surtout, les comportements observés paraissent plus mesurés.
N. P. / Var-matin
Quelques petits spots demeurent toutefois fréquentés, notamment du côté de la plage du Fournas. Là encore, pas de compétition spectaculaire pour savoir qui sautera le plus haut : les quelques mètres proposés par les rochers semblent largement satisfaire les amateurs de plongeon.
« Ce rocher, on y saute chaque été, ceux qui viennent ici le connaissent par cœur, pense Mehdi, 22 ans, Raphaëlois. Mais les touristes doivent faire gaffe ! »
Deux ou trois mètres pour le frisson, zéro accident pour le moment : cet été, à Saint-Raphaël, la prudence, jusqu’ici, semble avoir trouvé sa juste hauteur.
Encore zéro intervention
L’été dernier, Saint-Raphaël avait lancé une campagne de prévention, rappelant qu’il était « strictement interdit de sauter dans la mer depuis certains lieux emblématiques, notamment aux lieux-dits ‘‘la cathédrale’’ et ‘‘la piscine’’ au Cap Dramont ».
Depuis plusieurs années, l’arrêté municipal interdisant les sauts – toujours en vigueur – depuis ces lieux « vise à prévenir les accidents », tels que la commune en a connu par le passé.
Et pour cet été, du moins en date du 15 août, « aucun signalement ni aucune intervention de la police municipale depuis le début de la saison n’a été recensée », relevait, il y a peu, la Ville de Saint-Raphaël.