Saône-et-Loire. 200 ans du JSL : François Prétet, le chantre des défis technologiques
François Prétet réalise ses premiers pas au journal dans ceux de son père, René Prétet, le patron de l’époque. « Je me souviens que, quand je suis arrivé, je n’y connaissais rien du tout ! Pendant un mois, j’ai étudié le fonctionnement du journal pour faire un rapport très précis que le comité directeur m’avait commandé. Et peu à peu, j’ai repris les rênes. »
Des responsabilités qui étaient bien loin de préoccuper le jeune François lors de ses années d’école. D’abord à Chalon, « vers le pont Saint-Laurent », puis au collège-lycée de la rue de Tyard, « moderne pour l’époque ». Ensuite, direction Lyon pour deux années de mathématiques. « Mais je me suis aperçu que jamais je n’arriverais à rattraper les premiers. Ils étaient au top du top. Donc, j’ai foutu le camp vers l’économie et la politique », à Lyon puis à Sciences Po Paris.
Rotatives et ordinateurs
En 1971, à 26 ans, ce cadet d’une fratrie de cinq enfants est nommé, par son père, attaché de direction du Courrier. Une invitation à laquelle il répond sans trop se poser de questions. Il commence par écrire des éditoriaux, puis prend progressivement la suite de son papa. Une passation de pouvoir naturelle, même si « l’entreprise n’appartenait pas à ma famille, mais à un groupe de vieilles familles chalonnaises entretenant une belle histoire avec ce titre déjà si ancien », précise-t-il.
En 1976, François Prétet est à la manœuvre pour l’arrivée de la photocomposition et des rotatives offset, ce système qui permet d’imprimer plus vite, à plus grande échelle et en diminuant les coûts de production. Devenu officiellement PDG à la suite de son père, en 1982, il organise aussi le déménagement des rotatives. Jusqu’ici installées dans les caves, puis au rez-de-chaussée du siège chalonnais, elles rejoignent un bâtiment plus spacieux, à Châtenoy-le-Royal. Une première étape suivie, en 1992, par l’agrandissement de l’usine et l’arrivée de nouvelles machines.
Ce goût pour la modernisation, c’est l’identité de François Prétet : « J’ai sans doute été le premier à considérer que l’avenir, c’était l’informatique. » Avant d’équiper le journal d’ordinateurs, François Prétet effectue des voyages d’études pour observer les journaux qui avaient pris un peu d’avance. Il visite plusieurs sites en Angleterre et en Irlande et nourrit ainsi son projet. « Nous étions les premiers, derrière le Figaro , à mettre l’informatique en place. »
« Mon seul message est de continuer à lire le journal »
Le directeur est aussi l’homme des rapprochements et des fusions, avec le Progrès et le Bien public , dont il devient aussi le patron en 1996. « J’ai travaillé à rassembler les équipes techniques par exemple, puis l’impression des deux journaux sur la même rotative », en septembre 2000, se souvient-il. Ces rapprochements rédactionnels et techniques se poursuivront encore après son départ de la direction exécutive, en décembre 2007.
Pour cette année des 200 ans du journal qui a façonné sa vie, l’homme de presse ne peut s’empêcher de ressentir une certaine émotion. « C’est le plus ancien journal de France ! Et c’est nous, ma famille, qui en grande partie avons fait qu’il en soit ainsi. 200 ans… On va être les premiers de la liste, à part le Figaro. Aujourd’hui, mon seul message est de continuer à lire le journal. Tout simplement. »