Sans permis, alcoolisé et sous cocaïne après 14 condamnations : 18 mois de prison

l'essentiel Un homme a été condamné à 10 mois de prison ce mardi à Montauban pour avoir conduit sans permis, alcoolisé et sous l’emprise de cocaïne. Avec la révocation de deux sursis, il devra passer 18 mois derrière les barreaux.

Jean, polo bleu et baskets, le visage creusé, il baisse les yeux face aux remontrances de la présidente du tribunal judiciaire de Montauban. Ce mardi 18 août, le prévenu ressemble davantage à un enfant que l’on réprimande qu’un homme de 30 ans. Il comparaît pour avoir conduit sans permis, alcoolisé et sous l’emprise de cocaïne, le tout en récidive. 

Le 30 juin au matin, à Monteils, des gendarmes interviennent après un accident de la circulation. Une Citroën C5 ayant percuté un arbre est immobilisée sur la chaussée, tandis qu’un individu titubant se trouve toujours sur place. Une femme est prise en charge par les pompiers et transportée aux urgences. Dans un premier temps, elle affirme qu’elle était la conductrice. Lors de son audition, elle reconnaîtra finalement avoir menti pour protéger son compagnon, c’est bien lui qui conduisait.

Déjà 14 condamnations

"Quand je bois, je fais n’importe quoi", admet le trentenaire à la barre. Ce jour-là, il avait emprunté à deux reprises la voiture de son père pour aller fleurir la tombe de sa mère, décédée quelques mois auparavant. "Je n'ai jamais essayé de passer le permis de conduire" explique-t-il. Il évoque ses difficultés à lire et à écrire, qui l’ont empêché, selon lui, d'avoir le code.

Mais derrière cet accident se dessine surtout un parcours judiciaire particulièrement lourd. L'homme compte 14 mentions à son casier depuis 2014, dont certaines quand il était encore mineur. Stupéfiants, délits routiers, dégradations de biens : les condamnations se sont accumulées. Il a été incarcéré à quatre reprises et se trouvait encore sous le coup de deux sursis probatoires au moment des faits. Ils étaient notamment assortis d’obligations de soins, que le prévenu n’a pas toujours respecté, expliquant avoir parfois renoncé à certains rendez-vous faute de pouvoir s’y rendre. "C’est une raison de plus pour passer le permis", lui répond la présidente. Elle énumère ensuite les différentes solutions qui s’offrent à lui pour ne plus prendre le volant : le covoiturage, les transports en commun ou encore la trottinette. "Si vous ne voulez pas aller en prison, faites le nécessaire", lui lance-t-elle.

Le prévenu est par ailleurs le seul survivant d'un accident dans lequel un de ses frères a perdue la vie. "Ça ne vous a pas fait réfléchir sur les dangers de la route ?" l'interroge la magistrate. Puis, face à ses réponses, elle lâche : "Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas eu de déclic". Le prévenu assure pourtant vouloir changer. "Je vais travailler, passer le permis et me remettre sur le droit chemin", promet-il. 

"Vous sniffez, vous buvez, c'est n'importe quoi"

Une assesseure prend alors la parole et l'invective. "Vous attendez quoi ?" lui demande-t-elle. Avant de poursuivre : "La prochaine fois, peut-être que vous tuerez quelqu’un. Vous sniffez, vous buvez, c'est n'importe quoi".

Le procureur de la République a de son côté considéré que le prévenu avait "peu de considération pour l’intégrité d’autrui", estimant par ailleurs n'avoir vu "aucune authenticité" dans sa volonté affichée de s’en sortir.

Enfin, l’avocate de la défense a tenté de faire entendre la souffrance qui accompagne la vie de son client. "Il n’est pas seul, il peut y arriver", a-t-elle assuré, insistant sur la présence de sa compagne à l'audience. Elle a également évoqué les violences que son client aurait subies lors d’une précédente incarcération à la prison de Montauban et les difficultés qu’il pourrait rencontrer en détention.

Le tribunal l'a finalement condamné à 10 mois d'emprisonnement. Avec la révocation de ses deux sursis, il devra donc rester 18 mois derrière les barreaux.