Russie : qui est Boris Nadejdine, l'opposant à Vladimir Poutine contraint de quitter son pays pour se réfugier en France ?
l'essentiel L'un des derniers opposants au Kremlin encore présents en Russie a quitté son pays. Après avoir été condamné par la justice, inscrit sur la liste des "agents de l'étranger" et empêché de se présenter aux élections présidentielles de 2024, Boris Nadejdine a annoncé avoir rejoint la France le 3 août.
Pendant longtemps, Boris Nadejdine est resté une figure discrète de la politique russe. Mais depuis le début de la guerre en Ukraine, cet ancien député est devenu l'une des rares voix à critiquer ouvertement Vladimir Poutine tout en restant en Russie. À 63 ans, il vient toutefois d'annoncer son départ pour la France, estimant ne plus pouvoir poursuivre son combat politique dans son pays.
Né en 1963 à Tachkent, alors en Union soviétique, Boris Nadejdine est diplômé de l'Institut de physique et de technologie de Moscou. Après une carrière dans la recherche et l'administration, il est élu député de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, entre 2000 et 2003. Au fil des années, il devient un habitué des débats télévisés, où il se distingue par des prises de position de plus en plus critiques envers le Kremlin.
Le seul opposant à la guerre candidat face à Poutine
Après le lancement de l'offensive russe en Ukraine, en février 2022, Boris Nadejdine condamne publiquement la guerre et appelle à des négociations. En 2024, il est le seul opposant à cette guerre à tenter de défier Vladimir Poutine lors de l'élection présidentielle.
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Sa campagne suscite un élan inattendu. Des milliers de Russes font la queue pour signer en faveur de sa candidature, symbole d'une opposition encore visible malgré la répression. Mais la Commission électorale invalide une partie des signatures recueillies et refuse finalement son inscription, l'empêchant d'affronter le président sortant.
Condamné puis contraint à l'exil
Ces derniers mois, la pression judiciaire s'est intensifiée. En juillet, Boris Nadejdine est inscrit sur la liste des "agents de l'étranger", un statut utilisé par les autorités russes contre les voix critiques du pouvoir et qui lui interdit notamment de se présenter aux élections législatives de septembre.
Quelques jours plus tard, il est condamné à une amende de 1 000 roubles, soit environ 11 euros, pour "démonstration de symboles extrémistes". Les autorités lui reprochent d'avoir partagé en 2023, sur Telegram, l'annonce d'une émission dans laquelle apparaissait brièvement une photographie d'Alexeï Navalny, dont les organisations ont été classées "extrémistes" en Russie.
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Estimant que ces poursuites visaient à le "réduire au silence" et à l'écarter définitivement de la vie politique, Boris Nadejdine a annoncé, le 3 août, avoir quitté la Russie pour rejoindre la France. Dans une vidéo tournée devant la tour Eiffel et diffusée sur Telegram, il déclare : "J'ai de bonnes nouvelles : je suis vivant et en liberté. Malheureusement, pas en Russie." Avec son départ désormais, la quasi-totalité des détracteurs du Kremlin sont en prison ou en exil à l’étranger.