Run Terry Run fait revivre Terry Fox en images d’époque
Dès cette fin de semaine, les cinéphiles canadiens pourront revivre le Marathon de l'espoir de Terry Fox grâce au documentaire Run Terry Run de Sean Menard, qui sera présenté en salle. À seulement 21 ans, Terry Fox a entamé en avril 1980 sa traversée du Canada d'est en ouest afin d'appeler les Canadiens à donner pour la recherche sur le cancer pédiatrique. Un exploit qu'il tentait alors qu'il avait lui-même été amputé d'une jambe des suites d'un cancer des os.
À la réalisation, on retrouve Sean Menard qui s'est fait un nom avec son documentaire 299 Queen Street West sur la chaîne MuchMusic en 2023, mais surtout avec The Carter Effect en 2017, où il analysait l'impact de la présence de Vince Carter au Canada alors qu'il jouait pour les Raptors de Toronto.
À lire aussi :
- Chronique | Le fondateur : Giuliano da Empoli explore le pouvoir démesuré des géants de la tech
- La Canadienne Anne Carson remporte le prix Nobel de littérature
- C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, reste en lice pour le prix Renaudot
Images d'époque
Dans Run Terry Run, le réalisateur fait le choix radical de montrer principalement des images d'archives, filmées en avril 1980. On y suit le quotidien de Terry Fox qui, au rythme d'un marathon quotidien, sensibilise les Canadiens au fil de ses arrêts et de ses prises de parole.
Ainsi, la ferveur et le courage portés à l'écran, soutenus par la musique épique de Thomas Caffey, ne sont pas interrompus par des images d'entrevues contemporaines. Bien qu'ils témoignent en voix hors champ, ses compagnons de route ne sont visibles qu'en archives, à l'âge qu'ils avaient lors de l'aventure. Parmi eux, son meilleur ami, Doug Alward, son frère Darrell Fox et Leslie Scrivener du Toronto Star, l'une des rares journalistes présentes sur la ligne de départ à l'époque.
Par ce procédé, on est littéralement transporté en avril 1980 et on y reste pendant les 108 minutes que dure le documentaire. On a l’impression de revivre cette aventure hors norme qui s'est déroulée entre Saint-Jean (T.-N.-L.) et Thunder Bay, où le jeune coureur a dû interrompre sa course, la maladie l'ayant rattrapée et atteint ses poumons. Il est mort dans la région de Vancouver à l'âge de 22 ans.
Le documentaire le montre se lançant seul le long des routes, précédé par une caravane conduite par Doug Alward. Parmi leurs plus gros défis, la traversée du Québec. Terry Fox ne parlant pas français, son appel n'est pas entendu. Surtout qu'à l’époque, les médias sont trop occupés à couvrir les enjeux du référendum de mai 1980. Son impression de solitude est renforcée par le dédain des autorités : dans les autres provinces qu'il parcourt, il est permis à Terry Fox de prendre les autoroutes, surveillé par les autorités, mais la police québécoise lui interdit de faire de même.

Avant son exploit, Terry Fox avait été amputé d'une jambe à la suite d'un cancer des os.
Photo : Avec l'autorisation d'Elevation Pictures
Icône canadienne
L'attention de la population pour Terry Fox augmente considérablement lors de son arrivée à Ottawa, quand lui et son équipe s'adjoignent l'aide de Bill Vigars, un jeune publiciste qui imagine les premières campagnes médiatiques à grande échelle autour du Marathon de l'espoir.
Run Terry Run dresse le portrait d'un battant, d'une personnalité introvertie et d'une humilité sans pareille. Un jeune homme qui s'est fait violence afin de faire connaître cette maladie qui l'a touché personnellement, mais surtout dont il voulait épargner les souffrances à d'autres. Même s'il l'était déjà, Run Terry Run conforte Terry Fox dans son rôle d'icône. À une époque où le Canada est parfois malmené dans ses valeurs par des personnalités extérieures, le film de Sean Menard vient rappeler quelles sont nos valeurs et ce que nous sommes prêts à faire pour les défendre.
Run Terry Run, réalisé par Sean Menard. En salle au Canada à partir du 9 octobre. Durée : 1 h 48.