Ruba Ghazal dévoile son Plan climat et cible Fréchette et Carney

« Basta, c’est le temps d’agir ». C’est en ces mots que la porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a dévoilé vendredi son plan de lutte et d’adaptation aux changements climatiques.

Basta l’immobilisme, alors que « dans la dernière année, une personne sur deux a subi les effets des changements climatiques au Québec », a lancé la cheffe solidaire

Basta aussi Christine Fréchette, à qui Ruba Ghazal avait réservé sa première flèche. « Après huit ans de CAQ, les émissions de gaz à effet de serre n’ont pratiquement pas bougé. La CAQ de Christine Fréchette a même reculé sur les cibles de réduction de gaz à effet de serre, allant à l’encontre de l’avis même du comité consultatif sur les changements climatiques, des écologistes, des experts, des acteurs économiques. »

Accompagnée de Sol Zanetti, porte-parole du parti, député et candidat dans Jean-Lesage et d’Etienne Grandmont, député et candidat dans Taschereau, Mme Ghazal a présenté un plan qui vise une réduction des émissions de GES de 37,5 % à 45 % d’ici 2030. Avec un objectif en ligne de mire : atteindre la carboneutralité en 2050.

En 2022, la cible du parti était de 55 %. S’agit-il d’un recul des ambitions vertes de Québec solidaire ? Non, répond Ruba Ghazal, qui explique que si elle avait été au pouvoir au cours des quatre dernières années, elle aurait donné un coup pour l’atteindre. Et une nouvelle flèche pour l’actuelle première ministre.

« La CAQ, elle nous a fait perdre du temps, elle n’a rien fait. C’est ça le problème. Elle a même décidé de reculer la CAQ de Christine Fréchette. »

23 milliards pour le transport collectif

Parmi les mesures annoncées par Ruba Ghazal figurent des investissements de 23 milliards pour le transport collectif, la gratuité des transports publics pour les jeunes et les aînés, et la poursuite pour quatre ans du programme Roulez vert qui pour inciter l’achat de voitures électriques.

Un gouvernement solidaire créera aussi le programme Vieux bazous qui offrira un chèque de 1000 $ aux personnes qui se débarrassent de leurs véhicules de plus de 15 ans. Elles se verront en plus octroyer un laissez-passer annuel en transport en commun, ou un abonnement à un service d’autopartage.

Ce programme s’inspire du succès du programme « Faites de l’air ! », qui était une initiative de recyclage de vieux véhicules polluants pilotée par l’AQLPA (Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique) à partir de 2003 et qui avait été arrêté en 2014.

« Le Canada est un cancre de l’environnement »

Dans son plan environnement, Québec solidaire prévoit aussi le retour de l’interdiction de véhicules à essence à compter de 2035, ainsi que l’interdiction de l’immatriculation de nouveaux véhicules à essence en 2045. Quitte à provoquer le courroux de notre voisin américain.

« Ce n’est pas Donald Trump qui va nous dicter ce qu’on va faire en matière de lutte changement climatique », affirme Ruba Ghazal, qui dit préférer se tourner vers des modèles qui ont déjà fait leurs preuves.

« Le monde est grand. Nous, on se tourne vers l’Europe. Il y a des voitures de moins en moins chères qui sont développées en Europe, au Japon, ailleurs dans le monde. Donc ça existe. On n’a pas les mains liées à toujours se tourner vers les États-Unis. »

Parmi les mauvais exemples en matière d’environnement, la cheffe solidaire cite les États-Unis de Donald Trump, mais aussi l’Alberta… Et le Canada.

« Le Canada est un cancre de l’environnement », a-t-elle laissé tomber.

« L’industrie de l’économie d’énergie »

Au niveau de l’habitation, une enveloppe annuelle de 250 millions sera consacrée à un programme d’adaptations résidentielles afin de favoriser « l’efficacité et la sobriété énergétique ».

Au cours des quatre prochaines années, 950 millions seront par ailleurs consacrés à des projets d’infrastructures vertes tandis qu’1 % des investissements du Programme québécois des infrastructures serviront à verdir les villes et les municipalités. Une mesure jugée essentielle par Québec solidaire pour soutenir la transition écologique et améliorer la qualité de vie.

Enfin, le cadre financier de QS prévoit aussi la nationalisation des éoliennes, qui seront au cœur du projet solidaire pour la transition énergétique.

« On veut plus d’énergie propre, de l’éolien, du solaire, de la géothermie et c’est de l’innovation, c’est important pour le secteur résidentiel. Ça emploie plein de monde, des milliers de travailleurs, des ingénieurs, etc. Ça va nous éviter de construire des barrages », a précisé Mme Ghazal.

Elle veut aussi s’atteler à lancer le chantier d’économie d’énergie, « immense », selon elle.

« L’efficacité énergétique, c’est une véritable industrie qui emploie des milliers de personnes. Il y a de l’innovation, il y a de la technologie là-dedans. Juste ça, c’est deux barrages de moins qu’on n’a pas besoin de construire. »