Roos Vanotterdijk tranche le dilemme en vue des JO 2028 à Los Angeles : "Oui, je veux continuer à varier"

Mark Faber, son entraîneur néerlandais, ne tarissait pas d'éloges sur Roos Vanotterdijk au soir de sa médaille de bronze sur 200 m 4 nages, samedi, à l'Euro. Celle-ci venait s'ajouter à l'argent sur 50 et, surtout, à l'or sur 100 m papillon, comme en 2024, à Belgrade.

La Limbourgeoise de 21 ans a tenu son rang à Paris, même lors de son "jour sans", vendredi, quand elle s'était levée "du pied gauche". La chaleur et un manque d'appétit l'ont contrariée et expliquent sans doute son chrono "moyen" en finale (56.08).

"Cet Euro a démarré en mode mineur avec son élimination en demi-finales du 100 m libre, lundi, malgré un bon chrono de 53.70, à huit centièmes de son record de Belgique. Mais sa semaine s'est terminée en apothéose avec un troisième podium", vante Mark Faber.

Roos Vanotterdijk a impressionné en finale du 50 m papillon, où elle ne fut devancée que par Sarah Sjöström (32 ans), le phénomène suédois qui a décroché, à Paris, sa 100e médaille internationale ! Dans la vague, Vanotterdijk a signé un nouveau record national (25.12), pulvérisant le précédent de deux dixièmes.

"Certains sont contents de gagner deux centièmes sur la distance. Alors, vous pensez, moi avec deux dixièmes", lance-t-elle.

Belgium's Roos Vanotterdijk competes in  a semi-final of the women's 100m butterfly swimming event during the LEN European Aquatics Championships at the Olympic Aquatic Centre in Saint-Denis, northern suburbs of Paris, on August 13, 2026. (Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)
Roos Vanotterdijk, le "papillon belge". ©AFP or licensors

Cette belle réussite sur le papillon amène inévitablement une question, voire un dilemme : Roos Vanotterdijk doit-elle se concentrer sur cette discipline en vue des Jeux de Los Angeles ? Certains, comme Sidney Appelboom, présent aux JO 1988, à Séoul, et actuel consultant pour la VRT, le pensent et le disent.

Roos Vanotterdijk, triple médaillée : "J'étais surprise d'être en tête"

"Roos ne doit pas s'éparpiller mais se focaliser sur les 50 et 100 m papillon, où elle a le niveau mondial. Je ne vois pas quel était son intérêt à nager le 100 m libre à l'Euro. De même, je pense qu'elle a le temps pour le 200 m 4 nages. À elle de voir quelle est sa marge de progression, l'an prochain, puis de prendre une décision."

Gretchen Walsh, l'épouvantail

Il est vrai qu'avec son record de 55.84 sur 100 m papillon, qu'elle a approché en demi-finales avec 55.89, la native de Bree figure dans le top mondial, derrière un autre phénomène, l'Américaine Gretchen Walsh, détentrice du record du monde en… 54.33 ! Mais ni Roos Vanotterdijk ni Mark Faber ne sont d'accord avec Sidney Appelboom. Notre triple médaillée européenne s'en est expliquée.

"Cette alternance est très importante pour moi et je veux continuer à répartir mes disciplines à l'avenir. Cela m'aide. Peut-être que cela entraîne une fatigue physique supplémentaire mais, mentalement, cela m'apporte plus de calme. J'aime être active et varier les nages. Si une course se déroule moins bien, je peux passer à la suivante."

Reste le problème de la programmation. "C'est bien entendu crucial. À Paris, j'ai renoncé au 50 m libre et 100 m dos. Je ne peux pas enchaîner trois courses lors d'une même session car cela risque d'affecter négativement mes performances."

guillement

"Je ne veux pas me mettre toujours la pression."

Pas de papillon exclusivement, dès lors. "C'est ma meilleure discipline et, à l'échelle internationale, c'est là que j'ai les meilleures chances mais je ne veux pas me mettre toujours la pression. Cela dépend également du programme et de la saison. Je veux m'amuser."

Roos Vanotterdijk s'est bien amusée lors de cet Euro parisien où ses performances lui rapporteront 4 500 euros de primes.

"C'est bien mais je ne nage pas pour l'argent", conclut-elle.

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