Le gouvernement prévoit 6 milliards d’euros d’économies sur les retraites
20 Minutes avec AFP
Publié le 12/09/2026 à 00h30 • Mis à jour le 12/09/2026 à 00h30
Le gouvernement envisage de revoir l’avantage fiscal accordé aux retraités pour financer tout ou partie de la revalorisation des pensions. Vendredi, le ministre des Comptes publics David Amiel a indiqué sur Sud Radio que l’indexation des retraites sur l’inflation devrait être compensée par une réduction, voire une suppression, de l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient actuellement les retraités.
Selon David Amiel, revaloriser l’ensemble des pensions au niveau de l’inflation représenterait « plus de 6 milliards d’euros l’an prochain ». Une dépense que l’Etat n’est pas en mesure de financer en l’état : « De ces 6 milliards, on n’a pas aujourd’hui le premier euro », a-t-il affirmé. Le maintien simultané de cette indexation et de l’abattement fiscal conduirait, selon lui, à faire « exploser le déficit ».
Limiter la revalorisation à certaines pensions
Une autre piste consisterait à limiter la revalorisation à certaines pensions, notamment les plus faibles. « Qu’une partie » des retraites pourrait ainsi être indexée, « les plus petites pensions par exemple », a expliqué le ministre. Cette option supposerait néanmoins de « baisser très fortement » l’abattement de 10 %, dans des proportions correspondant au coût de l’indexation retenue.
David Amiel estime qu’un arbitrage sera nécessaire entre les deux mécanismes. « Ce qui est certain, c’est qu’il faudra choisir entre les deux, il ne peut pas y avoir de demi-mesure », a-t-il déclaré, en précisant que le Premier ministre Sébastien Lecornu devrait trancher. Actuellement, les retraités peuvent déduire 10 % de leurs pensions imposables, dans la limite de 4.000 euros.
Réformer des niches fiscales
Bercy évalue à 6 milliards d’euros par an le coût de cet abattement fiscal, un montant comparable à celui d’une indexation générale des retraites sur l’inflation. Le ministère considère que cet avantage est « assez orienté vers les retraites aisées », car la baisse de la base imposable procure une économie d’impôt plus importante aux contribuables situés dans les tranches les plus élevées.
Notre dossier sur les retraites
Créé en 1978, l’abattement de 10 % fait régulièrement l’objet de propositions de réforme. Sa suppression figurait déjà dans le projet de loi de finances pour 2025 avant d’être écartée en commission à l’Assemblée nationale. David Amiel a aussi indiqué avoir soumis au Premier ministre « des réformes de certaines niches fiscales qui bénéficient uniquement aux plus fortunés », sans en préciser la nature.