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  • 2026-07-24 11:00:18 +0000 UTC

    Jul 24, 2026

    Retraite anticipée à la fonction publique : dernière journée pour faire sa demande

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    Plus de 9100 employés de la fonction publique souhaitent profiter du programme d’incitation à la retraite anticipée avant la date limite de vendredi.

    Selon le gouvernement fédéral, le nombre définitif de demandes ne sera connu que la semaine prochaine.

    Ce programme s’adressait à 68 000 fonctionnaires qui avaient été informés de leur admissibilité à la retraite en fonction de leur âge et de leurs années de service sans subir la réduction permanente des prestations de retraite qui caractérise habituellement la retraite anticipée.

    Dans le cadre de son budget de 2025, Ottawa s’est engagé à réduire la fonction publique de 4,5 %, soit 16 000 emplois, en trois ans. Certains ministères et organismes ont entamé leur processus d’ajustement de l’effectif avant que le programme d’incitation à la retraite n’obtienne la sanction royale.

    Une personne pose à l'extérieur d'un édifice du gouvernement fédéral.

    Analyste principal à l’Agence de la santé publique du Canada, Jason King se demande encore si la retraite anticipée est la bonne option pour lui.

    Photo : Radio-Canada / Matthew Kupfer

    À quelques heures seulement de la date limite, Jason King avait rempli le formulaire de demande, mais l’analyste principal des politiques à l’Agence de la santé publique du Canada n’avait pas encore cliqué sur soumettre.

    Pour moi, cela a été de nombreuses nuits blanches, confie M. King, un fonctionnaire depuis 2003.

    C’est un choix vraiment difficile pour beaucoup de fonctionnaires, y compris moi-même. Nous avons mis beaucoup de passion dans notre travail et avons apporté de nombreux changements profonds.

    M. King est également vice-président local de l’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) à Santé Canada. Il avoue que la réduction continue des effectifs fédéraux lui pesait.

    Ce dernier ajoute qu’il tient compte de sa propre santé mentale et physique, ainsi que des aspects financiers de cette décision.

    Une personne pose à l'extérieur d'un édifice.

    Beth Newcombe prendra sa retraite d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

    Photo : Radio-Canada / Matthew Kupfer

    Une employée au service des passeports d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, Beth Newcombe, a présenté pour sa part sa demande de retraite plus tôt cette semaine.

    Cela fait longtemps que nous évoluons dans ce contexte d’austérité et de restrictions budgétaires, et je ne vois pas cela prendre fin de sitôt, explique Mme Newcombe, qui est également déléguée syndicale au sein de l’ACEP.

    Cette employée de la fonction publique avait prévu prendre sa retraite à 55 ans, mais elle quittera désormais son poste en novembre, à 53 ans. Elle affirme se trouver dans la zone idéale en termes d’années de service et d’obligations financières.

    Cependant, pour certains de ses collègues qui ont encore des enfants à l’école ou qui ont de lourdes dettes familiales, Mme Newcombe reconnaît que la retraite anticipée reste hors de portée.

    Une personne pose devant des escaliers dans une maison.

    Scott Wilson prendra sa retraite d'Environnement et Changement climatique Canada en décembre, après avoir accepté le programme de retraite anticipée.

    Photo : Radio-Canada / Matthew Kupfer

    Transmettre « son savoir » à la prochaine génération

    Scott Wilson, également âgé de 53 ans, prend sa retraite d’Environnement et Changement climatique Canada après une carrière de 24 ans. Il explique que les défis et la diversité de la fonction publique lui manqueront, mais qu’il se réjouit à l’idée de bénéficier d’une plus grande autonomie.

    L’un des principaux attraits est de pouvoir choisir ce que l’on fait et pour qui, d’avoir la possibilité de faire du bénévolat pour une cause qui a du sens ou de travailler à titre gracieux, dit-il.

    Dans son cas, il prendra sa retraite en décembre. M. Wilson compte consacrer les prochains mois à transmettre son savoir institutionnel à la prochaine génération de fonctionnaires.

    Vice-président de l’Institut des finances publiques et de la démocratie, Sahir Khan mentionne que, si le gouvernement ne parvient pas à réaliser les économies escomptées grâce au programme d’incitation à la retraite, cela pourrait donner lieu à une nouvelle vague de réajustements de l’effectif.

    Une partie du défi pour les fonctionnaires eux-mêmes réside dans le fait que, s’ils n’acceptent pas l’offre qui leur est présentée, il y a de fortes chances que la prochaine offre, lorsque les réductions se poursuivront, ne soit pas aussi généreuse, note M. Khan.

    Je m’inquiète davantage pour les individus et les choix très difficiles qu’ils doivent faire en ce moment, ajoute-t-il.

    Sahir Khan donne une entrevue à la télé de CBC, avec vue sur la salle de nouvelles à Ottawa.

    Sahir Khan est vice-président de l’Institut des finances publiques et de la démocratie. (Photo d'archives)

    Photo : Radio-Canada

    L’Institut des finances publiques et de la démocratie soulève la crainte que le programme d’incitation à la retraite puisse nuire à la capacité du gouvernement d’atteindre ses objectifs stratégiques, et il réclame un examen plus approfondi du programme.

    Sahir Khan cite l’augmentation des marchés publics dans le domaine de la défense, la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada ainsi que les plans de modernisation en matière d’intelligence artificielle comme des projets qui pourraient bénéficier de l’expérience des employés qui prennent leur retraite.

    D’emblée, les personnes admissibles [à la retraite anticipée] sont celles qui détiennent en quelque sorte le savoir-faire du gouvernement, qui possèdent l’expérience acquise au fil des ans en matière de transactions, de programmes et d’approvisionnements, affirme-t-il.

    Gérer les réductions avec « équité et compassion »

    L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) et l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) ont tous deux déposé une plainte auprès du tribunal fédéral des relations de travail concernant le programme de retraite anticipée.

    Dans un communiqué, le Secrétariat du Conseil du Trésor indique que les demandes sont examinées afin de vérifier si chaque ministère est en mesure de maintenir les services offerts aux Canadiens, ainsi que de répondre à ses besoins opérationnels et fonctionnels.

    Un porte-parole du bureau du président du Conseil du Trésor affirme que le gouvernement gère les réductions d’effectifs avec équité et compassion.

    Comme le propose le budget de 2025, les réductions d’effectifs seront gérées, dans la mesure du possible, par le biais de départs naturels et de départs volontaires, explique Mohammad Kamal.

    Nous sommes encouragés par le niveau de participation au programme à ce jour, ajoute-t-il.

    Au 21 juillet, le gouvernement a confirmé que 6581 employés répondaient aux critères de retraite anticipée et que 25 demandes avaient été rejetées. Les statistiques définitives sont attendues la semaine prochaine.

    Avec les informations de CBC News

    2026-07-24 11:00:18 +0000 UTC