REPORTAGE. "On n’a plus de solutions, on est à bout" : le cri d’alarme de ce refuge toulousain face aux abandons d’animaux
l'essentiel REPORTAGE. Au refuge de l'Association toulousaine de protection des animaux (ATPA-SPA), l'accueil d'animaux abandonnés ne cesse tout au long de l'année. L'été accentue la saturation des structures et fait chuter les adoptions. Les équipes du principal refuge de Toulouse alertent sur une problématique devenue permanente. On est allé à la rencontre des agents du plus grand refuge de la Ville rose, qui accueille actuellement 150 chiens et 86 chats.
Depuis le début de l'année, les refuges sont saturés. Malgré les campagnes de sensibilisation, les abandons d'animaux continuent de se multiplier. Bénévoles et salariés sont mobilisés au quotidien pour faire face à une situation devenue critique. Au refuge de l'Association toulousaine de protection des animaux (ATPA-SPA), les fortes chaleurs compliquent encore davantage le quotidien. Les chiens qui partent en promenade suivent désormais un parcours adapté à la canicule. Ils passent notamment par de petites piscines afin de se rafraîchir et de mieux supporter les températures élevées. Le plus grand refuge de la ville accueille actuellement 150 chiens et 86 chats. Depuis le début de l'année 2026, 600 chiens et 556 chats ont été pris en charge.
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"C'est toujours révoltant"
Au fil des allées, chaque chien a droit à une petite fiche descriptive. Hera, une American Bully arrivée en 2019, est actuellement en cours d'adoption. Une bonne nouvelle, devenue rare en été. Chloé travaille dans ce refuge depuis quatre ans. Elle constate une évolution des profils accueillis : "Le nombre de Rottweilers a considérablement augmenté par rapport aux autres années." Les chiens les plus représentés restent toutefois les Malinois, qui constituent près de 60 % des pensionnaires.
En parcourant le refuge, Chloé exprime aussi sa frustration face à certains motifs d'abandon. "Certaines situations sont touchantes. Des personnes n'ont plus rien et n'ont pas d'autre choix que de nous confier leur compagnon. En revanche, d'autres ne cherchent pas de solutions. Dans les cas de divorce ou de déménagement, certains ne font aucun effort. Quand les gens essaient, on ne peut pas leur en vouloir. Quand ils choisissent la facilité, là, c'est toujours révoltant", partage-t-elle.
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La décision d'abandon est rapidement prise après un changement de situation personnelle ou un chien jugé difficile à gérer. Pour les équipes du refuge, ces situations traduisent avant tout un manque d'anticipation et d'accompagnement des propriétaires face aux difficultés du quotidien avec leur animal.
"On est à bout"
Alexandra Feuillet, directrice du refuge, ne cache pas son inquiétude. "Nous sommes complets pour les chiens, plus que complets pour les chats. On n'a plus de solutions, on est à bout. L'été, c'est 50 % de charge de travail et de prises en charge en plus", explique-t-elle. "C'est un fléau en France. Les abandons ont lieu toute l'année. Depuis le mois de juin, nous recevons entre cinq et six demandes d'abandon par jour", poursuit-elle. La directrice du site déplore également le manque de suivi des plaintes déposées pour abandon d'animal.
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Chaque été, les refuges doivent composer avec une hausse des abandons, alors que les adoptions ralentissent fortement. "L'abandon est malheureusement devenu un fait presque banal", regrette Alexandra Feuillet. Selon elle, les abandons de complaisance restent majoritaires. "Les personnes qui cherchent réellement toutes les solutions avant d'abandonner leur animal sont une minorité", affirme-t-elle. La directrice plaide pour un durcissement de la réglementation afin que les propriétaires redoutent davantage les sanctions et que l'abandon d'un animal de compagnie soit réellement considéré.
Quelles sont les peines encourues en cas d'abandon ?
En France, l'abandon d'un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité est puni de 3 ans de prison et de 45 000 € d'amende selon l'article 521-1 du Code pénal. Ces peines de base s'alourdissent en présence de circonstances aggravantes ou si l'animal décède.
Le fait de l’abandonner "en connaissance de cause, dans des conditions présentant un risque de mort immédiat ou imminent" constitue une circonstance aggravante. Dans ce cas, l’auteur encourt jusqu’à 4 ans de prison et 60 000 euros d’amende. Si l’abandon a entraîné la mort de l’animal, alors la peine peut atteindre jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende.