REPORTAGE. "Nous allons tous bientôt débarquer sur une autre planète" : Jean-Luc Mélenchon mobilise les foules et tend la main aux écologistes aux Amfis
l'essentiel Les universités d'été de La France insoumise à Châteauneuf-sur-Isère ont attiré une foule record. Dimanche, Jean-Luc Mélenchon a profité de l'événement pour réaffirmer son engagement écologique, proposant une "garde régionale de la sécurité civile" par conscription, visant à mobiliser face aux crises climatiques.
Certains ont parfois mis jusqu’à une heure trente pour parvenir jusqu’aux parkings, d’autres ont dû patienter quarante minutes pour s’en extraire… Les embouteillages qui ont congestionné le quartier des Communaux à Châteauneuf-sur-Isère sont autant de révélateurs de l’affluence inédite qui aura marqué les trois derniers jours des universités d’été de LFI. Ce dimanche, c’est donc dès 8 h que les militants ont commencé à converger vers le Domaine du Lac pour assister au meeting de Jean-Luc Mélenchon. Lorsque à 10 h 58 précises, ce dernier se hisse sur l’estrade, la pelouse face à lui est noire de monde et les premiers mots du candidat sont pour souligner ce qui aurait pu passer pour un problème d’organisation mais qui démontre en réalité un succès : "Merci de votre patience et de votre discipline pour accéder au site. Et bravo pour votre rassemblement". Le but de ces Amfis, mobiliser toutes les forces vives du mouvement afin d’afficher la supériorité militante de LFI sur les autres partis de gauche, est largement atteint. Le candidat est ravi.
À lire aussi : DIRECT : Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann déclare officiellement sa candidature
Mais il s’agissait aussi ce week-end de rassembler au-delà des frontières Insoumises et notamment de s’allier les écologistes. De ce point de vue, la visite vendredi de la présidente du groupe vert à l’Assemblée Cyrielle Chatelaine a été une première étape. Mais ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon a dû donner des gages supplémentaires pour y parvenir. Son discours leur a été dédié.
Une garde régionale de la sécurité civile
Après avoir survolé les questions de politique internationale et annoncé que LFI censurerait le prochain budget présenté par Sébastien Lecornu, le leader Insoumis a consacré l’essentiel de son propos aux questions environnementales. Surfant sur les vagues de chaleur et les incendies qui ont marqué l’été, il a prévenu : "Le changement climatique ouvre une ère totalement nouvelle : nous allons tous bientôt débarquer sur une autre planète en sortant de chez nous. Pour s’y adapter il est vital de tout changer".
À lire aussi : Député LFI, fiché S, fondateur de la Jeune Garde… Raphaël Arnault, atout ou handicap pour Jean-Luc Mélenchon ?
Pour ce faire, Jean-Luc Mélenchon veut mettre en place "une garde régionale de la sécurité civile afin de venir en renfort des équipes permanentes lors des épisodes de crise". Il s’agirait, a-t-il assuré, "d'une garde constituée par conscription pour garantir de pouvoir mobiliser en masse une réserve formée. Après ce service, garçons et filles qui y auront contribué constitueront tout au long de leur vie une réserve mobilisable à tout instant."
Cette proposition date de 2017. LFI avait alors proposé la mise en place d’un service citoyen obligatoire. Il s’agissait d’apprendre aux jeunes les premiers gestes en cas de catastrophe naturelle ou d’attaque terroriste. En 2025, alors qu’Emmanuel Macron évoquait la mise en place d’un service militaire obligatoire, LFI défendait à nouveau son idée.
Créer des éco-régions
Dimanche, le candidat insoumis a aussi défendu son idée déjà émise au début de l'été de créer des éco-régions qui gèreraient l'eau, l’air, les littoraux ou la santé... Là encore, l'idée n'est pas neuve. Déjà en 2022, dans son programme présidentiel, Jean-Luc Mélenchon proposait de réorganiser les régions autour des bassins versants.
À lire aussi : Présidentielle 2027 : Sandrine Rousseau prône une alliance entre les écologistes et LFI car "la candidature de Marine Tondelier ne décolle pas dans les sondages"
Rien de neuf donc, mais ces propositions ont le mérite de lancer les premiers grands débats idéologiques de la campagne présidentielle. Alors qu’à deux pas de là les écologistes qui tenaient aussi leurs universités d’été ont eu bien du mal à sortir de la politique politicienne, Jean-Luc Mélenchon se pose ainsi en premier défenseur de l’environnement. Si les Insoumis peinent à gérer les embouteillages, au moins s’attellent-ils à lutter contre le trop-plein de candidats.