REPORTAGE. "Je n'ai pas les mots, c'était si émouvant" : au cœur des dizaines de milliers de pèlerins qui ont prié avec le pape Léon XIV à Lourdes
l'essentiel Le pape Léon XIV a terminé sa deuxième journée en France par un temps de prière à la grotte de Lourdes où près de 50 000 fidèles attendaient le souverain pontife, pour certains depuis de longues heures. Et même si la rencontre fut brève, l'instant et la communion ont suffi à soulever les pèlerins.
Une ovation qui s'élève de l'esplanade du sanctuaire, entre impatience et espoir. Des dizaines de milliers de regards convergent vers l'écran où le pape apparaît, foulant le sol pyrénéen où toute une communauté l'attend. Depuis de longues heures déjà, les meilleurs spots s'arrachent autour de la grotte, vidée de son effervescence habituelle. Sur le pont qui enjambe le gave, les points de vue sont confisqués très tôt. "On s'était mises sur les berges d'où on nous a chassées, expliquent Ida et Bernadette, deux Brésiliennes, installées en France. Maintenant, on attend le St-Père en espérant qu'il prie pour la paix dans le monde et pour les jeunes surtout, pour les enfants. Le futur c'est eux. C'est important." Juste à côté, Tamara et Jean arrivent de Montpellier, dans l'un des cinq bus venus de l'Hérault. "On a repéré cette position. Aujourd'hui, on est libre de se mettre où l'on veut. Demain, on sera davantage parqués, comme les ouailles et leur berger, sourient-ils. On espère l'apercevoir mais déjà d'être là, pour le pèlerinage, cet acte de foi de prier avec tous ces gens qu'on ne connaît pas, c'est ça qui est beau. Ce peuple de Dieu, si nombreux et si différent, réuni."
Anciens et lycéens devant la grotte
D'autres auront encore davantage de chance. En cette fin d'après-midi, dernier répit ombragé pour les anciens de l'Ehpad de Vic et leurs accompagnants, appuyés par des lycéens de Pradeau-La Sède à Tarbes. Eux, seront aux premières loges, juste devant la grotte. "Avec cet horaire tardif, il a fallu s'adapter, explique Monique, infirmière. On a beaucoup de croyants parmi les résidents. C'est un événement mondial et le vivre d'aussi près..." À ses côtés, Mado est aux anges. "Ça me touche beaucoup d'être ici. Depuis Benoît XVI, on n'avait pas eu cette joie d'avoir un pape dans notre sanctuaire. Je suis contente de voir tout ce monde ici. C'est un moment de joie. J'aimerais que le pape mette à l'honneur les veuves consacrées, mais aussi la paix dans le monde. On a tous besoin de s'aimer."
"C'est passé vite, mais c'est une fois dans une vie"
Des vœux de paix qui reviennent à l'heure des prières, avant que le souverain pontife ne se recueille à son tour à la Grotte. Avant qu'il ne franchisse la porte Saint-Joseph, chaque ecclésiaste qui chemine sur la voie réservée à la papamobile est couvert des vivas des enfants du diocèse de Tarbes-Lourdes, massés contre les barrières, quand les pèlerins ibériques entonnent des "Papa Leone". La jeunesse de la paroisse du Val d'Adour communie. "C'est super bien d'être aussi près. Maintenant, après avoir tant attendu, il leur tarde."
Et les téléphones de se dresser alors que le pape s'avance jusqu'à la grotte. Quelques secondes, au goût d'éternité pour ces fidèles. "J'étais à deux personnes de le toucher. J'ai essayé de lui donner le cœur avec tous nos prénoms, commente Julien. C'est la personne la plus respectée au monde. On ne le voit qu'à la télé d'habitude." Le dispositif sécuritaire et médiatique autour du pape étonne aussi. "Malgré ça, il est hyper abordable et proche de nous, glissent les catéchistes, Émilie, Rosemay et Stéphanie, qui repartiront dimanche dès 5 h depuis Maubourguet. Oui, c'est passé vite, mais ça valait le coup. C'est une fois dans une vie."
Sally, enseignante toulousaine d'une école catholique, n'a "pas les mots. C'était si émouvant. C'est tellement exceptionnel de voir tout ce monde réuni, cette ferveur." Mathias et Kelly, venus de Colomiers sont plus partagés, n'ayant pu offrir leur petite Judith à la bénédiction papale. "C'était ses cinq mois aujourd'hui. Ça aurait été sympa mais au moins elle l'aura déjà vu. On invite le Saint-Père pour son baptême l'an prochain."