Rencontres de la gauche à Bram : Delga et Glucksmann combatifs face au risque de victoire du RN à la présidentielle

l'essentiel Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire socialiste, a été accueilli chaleureusement samedi à Bram, lors des 6es Rencontres de la gauche. Soutenu par Carole Delga, il a promis une "révolution écologique" et une gauche unie face à l'extrême droite. Le vote socialiste en Occitanie semble acquis pour octobre.

"Je veux chasser l’esprit de défaite. Notre famille politique va gagner en 2027." Face à une nuée de caméras et d’appareils photos, Raphaël Glucksmann s’est offert samedi un bain de foule à son arrivée à Bram (Aude). Le candidat à la primaire socialiste a tenu le haut de l’affiche pour ces 6e Rencontres de la gauche. Drapeaux levés, applaudissements... le leader de Place publique a eu droit à un accueil chaleureux de la part des 2 500 participants. Tout sourire, il a pris le temps de serrer les mains et de se livrer à quelques embrassades.

À ses côtés, Carole Delga, initiatrice de ce rassemblement, figure parmi ses soutiens de poids dans une compétition l'opposant à quatre concurrents, dont le patron du parti, Olivier Faure, absent de la journée. La présidente de la Région a redit pourquoi elle défend la candidature du leader de Place publique : "Raphaël Glucksmann est le seul à pouvoir rassembler la gauche et à pouvoir gagner". Mais Carole Delga ne veut pas que le candidat "soit caricaturé et enfermé dans l’image d’un intellectuel de gauche qui ne connaît pas la réalité de la France. Au contraire, j’ai pu me rendre compte de sa capacité d’écoute, par exemple au contact des agriculteurs ou dans les quartiers."

Discours "positif" pour Delga

Accompagné de l’écologiste Yannick Jadot qui le soutient également, Raphaël Glucksmann n’est pas le seul candidat à la primaire présent à Bram. Si Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont fait le déplacement, Ségolène Royal, un tant annoncée, a finalement été retenue sur un autre événement. L’ancien président de la République François Hollande, présent il y a deux ans, a quant à lui décliné l’invitation.

Carole Delga est à l'initiative des Rencontres de la gauche.
Carole Delga est à l'initiative des Rencontres de la gauche. L'Indépendant/ Philippe Leblanc

Entre les sept tables rondes, les discours, les dédicaces (en présence de Julie Gayet), les sympathisants ne se sont pas ennuyés sous le soleil de Bram. Temps fort de la journée, le discours de Carole Delga a été avancé juste avant le repas et son incontournable cassoulet. Pendant une trentaine de minutes, la présidente de région a délivré une allocution résolument "positive" et combative, désignant l'extrême droite comme l'adversaire principal : "Nous devons faire en sorte que la France retrouve le chemin de l’espoir".

L'élue occitane place le pouvoir d'achat au cœur des enjeux de la future élection présidentielle. "Nous devons être les défenseurs de ceux qui ont des fins de mois difficiles, être la voix de ceux qui se sentent oubliés." Face à l’explosion des prix du carburant, Carole Delga défend la mise en place d’une taxe sur les superprofits "pour l’instauration d’une aide à la mobilité pour dix millions de Français". Elle insiste sur la nécessité de relancer une politique de la "production" qui s’appuie sur l’agriculture et l’industrie. "Ce projet positif est la seule alternative au renoncement et à l’extrême droite."

2500 personnes ont participé à cette sixième édition.
2500 personnes ont participé à cette sixième édition. L'Indépendant/ Philippe Leblanc

Glucksmann a convaincu

Face aux journalistes après son intervention sur "les territoires oubliés", Raphaël Glucksmann s'est montré confiant pour les prochaines échéances. Il promet une "révolution écologique", une gauche "qui parle aux quartiers et à la ruralité", solide sur ses valeurs, "attachée à la démocratie et à la République".

Dans les allées, les sympathisants affichent des convictions déjà bien arrêtées. "Raphaël Glucksmann est le seul qui peut nous faire gagner..." estime Jean-Christophe, militant ariégeois. Nadia, adhérente commingeoise, partage cet enthousiasme : "Il est celui qui peut rassembler le plus au premier tour et faire rempart à l'extrême gauche. Et c'est le seul de notre camp à pouvoir gagner contre le RN au second tour." Yves lui, se dit "plutôt hollandiste" : "Dans le contexte actuel, il a une hauteur que les autres n'ont pas." Mais cet ancien adhérent toulousain semble prêt à voter pour le leader de Place publique "parce qu'il a mené une belle campagne européenne et qu'il apporte une nouvelle vision pour la gauche et le pays". Sur les terres d'Occitanie pro-Delga, Glucksmann était en terrain conquis. Reste à transformer l'essai le mois prochain lors de la primaire.