Red Bull Rampage 2026 : Thomas Genon à nouveau face au désert de l'extrême
Il faut parfois regarder en arrière pour mesurer le chemin parcouru. En 2026, le Red Bull Rampage fête ses 25 ans et revient précisément sur les terres qui ont vu naître la légende du freeride, dans le désert de Virgin, au sud-ouest de l'Utah.
Depuis sa première édition en 2001, le Rampage est devenu bien plus qu'une compétition de VTT. C'est un laboratoire à ciel ouvert où les riders imaginent, creusent et construisent eux-mêmes des lignes capables de repousser les limites du possible. Falaises de grès, crêtes étroites, drops vertigineux et réceptions en dévers composent un terrain où la moindre erreur peut avoir de lourdes conséquences.

Pour cette édition anniversaire, le décor sera donc historique. Mais le freeride, lui, a radicalement évolué en 25 ans. Les vélos sont plus performants, les tricks toujours plus complexes et les lignes beaucoup plus engagées. Le terrain original sera ainsi adapté aux standards actuels, avec notamment le plus important dénivelé jamais proposé sur le Rampage, supérieur à 206 mètres.
Un Belge au milieu des légendes
Dans cette bataille verticale, Thomas Genon fera partie des hommes à suivre. Originaire de la région liégeoise, le Belge de 33 ans est devenu au fil des années l'une des figures incontournables du freeride international. Spécialiste du slopestyle, vainqueur du Red Bull Joyride, Thomas possède surtout une expérience exceptionnelle du Rampage : l'édition 2026 sera sa 13e participation.

Une longévité qui en dit beaucoup sur le niveau du pilote. Car participer au Rampage est déjà une performance en soi. Y revenir année après année, alors que le terrain et les tricks deviennent toujours plus engagés, témoigne d'une capacité rare à évoluer avec la discipline.
Et Thomas Genon arrive en Utah avec un précédent historique en tête.
En 2025, il est devenu le premier Belge à monter sur le podium du Red Bull Rampage, en décrochant la deuxième place derrière le Canadien Hayden Zablotny. Avec un score de 94,35 points, il avait signé la meilleure performance de sa carrière sur l'événement.
Un an plus tard, le défi est donc forcément particulier.

Un terrain qu'il faudra réapprendre
Le Rampage ne ressemble à aucune autre compétition de VTT.
Ici, il ne suffit pas de prendre le départ d'une piste préparée. Les riders arrivent plusieurs jours avant l'épreuve avec leurs équipes de "diggers". Ensemble, ils étudient la montagne, choisissent une ligne et la façonnent à la pelle, à la pioche et à force de passages répétés.
Chaque rider crée donc pratiquement sa propre piste. Une différence fondamentale avec le downhill ou le slopestyle : au Rampage, la performance commence bien avant que le chrono ou les juges ne se mettent en route. Il faut lire le terrain, imaginer une ligne, la construire, la tester puis trouver le compromis entre vitesse, difficulté technique, tricks et contrôle.

En 2026, cette dimension prendra encore plus d'importance puisque le site historique de Virgin sera de retour au programme. Le lieu avait accueilli les premières éditions de l'épreuve entre 2001 et 2004. Vingt-cinq ans après la naissance du Rampage, les riders reviendront donc sur les mêmes montagnes, mais avec une vision du freeride qui n'a plus rien à voir avec celle des pionniers.
Thomas Genon, entre précision et engagement
Pour préparer cette nouvelle édition, Thomas a justement travaillé les différents ingrédients nécessaires au Rampage.
Quelques semaines avant son départ pour l'Utah, le Belge participait notamment au Tour des Niares à Châtel, un événement qui lui permettait de travailler la vitesse, le freinage et la précision du placement des roues. Des compétences particulièrement importantes lorsqu'il s'agit de descendre une montagne à pleine vitesse tout en restant capable de déclencher un trick au moment exact.

Thomas roule également avec un vélo spécifiquement adapté à cette discipline. Son Rocky Mountain Altitude a notamment été configuré pour conserver suffisamment de maniabilité pour les flips et les spins tout en restant capable d'encaisser les terrains extrêmement accidentés du Rampage.
C'est tout le paradoxe de cette compétition : le vélo doit être suffisamment solide pour survivre à la montagne, mais suffisamment vif pour permettre au pilote de le faire tourner dans les airs.
18 hommes, deux runs, une montagne
Le format masculin 2026 réunira 18 riders. Parmi eux, plusieurs habitués du Rampage comme Cam Zink, Szymon Godziek, Carson Storch ou Tom Van Steenbergen, mais aussi plusieurs nouveaux venus qui découvrent pour la première fois cette montagne mythique.
Le principe reste radicalement différent d'une course classique. Il ne s'agit pas d'être le plus rapide entre deux rubalises, mais de proposer la descente la plus impressionnante et maîtrisée possible. Les juges évaluent notamment la difficulté, l'exécution, l'amplitude, la créativité et le style.

Deux runs sont prévus pour les hommes, laissant aux riders une seconde opportunité de repousser leurs limites… ou de corriger les erreurs de la première tentative.
Et c'est précisément là que le Rampage devient fascinant : la frontière entre le génial et le dangereux est parfois réduite à quelques centimètres.
Une édition anniversaire qui promet d'entrer dans l'histoire
Le programme 2026 sera réparti sur deux journées : les femmes ouvriront le bal le jeudi 8 octobre, avant que les hommes ne prennent possession de la montagne le samedi 10 octobre. Les deux compétitions seront diffusées en direct sur Red Bull TV et la chaîne YouTube Red Bull Bike.
Pour Thomas Genon, cette 13e participation sera donc bien plus qu'un nouveau chapitre.

Il y aura le souvenir de son podium historique de 2025. Il y aura la pression de confirmer face à une nouvelle génération toujours plus audacieuse. Et surtout, il y aura cette montagne particulière, celle qui a vu naître le Rampage il y a un quart de siècle.
Depuis la Belgique jusqu'aux falaises rouges de l'Utah, FreeRide suivra Thomas Genon au cœur de cette aventure. Dans les jours qui précéderont la compétition, pendant la construction de sa ligne et jusqu'au moment où il s'élancera dans le vide, nous vous emmènerons dans les coulisses du Red Bull Rampage 2026.
Parce qu'au Rampage, la compétition ne commence pas lorsque le rider quitte la plateforme. Elle commence dès qu'il pose les yeux sur la montagne.