Documentaire NAZA : le film sur Gaza fait polémique en Israël
Le documentaire 'NAZA' provoque des réactions indignées en Israël depuis sa présentation à la Mostra de Venise. Le gouvernement demande une enquête sur les sources qui témoignent de tueries délibérées de civils à Gaza par l'armée israélienne. Les deux réalisateurs font aussi face à des appels à la déchéance de nationalité.
Le documentaire 'NAZA', qui décrypte les massacres de civils par l'armée israélienne dans la bande de Gaza à travers des témoignages anonymes d'anciens soldats et membres des renseignements israéliens, a reçu une ovation record lors de sa présentation au Festival international du film de Venise. Le film a reçu le Prix spécial du jury le week-end dernier.
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Depuis, en Israël, la polémique ne désenfle pas. Le ministre de la Culture Miki Zohar a indiqué avoir fait appel au Shin Bet, le service de renseignement intérieur israélien, pour identifier les sources qui accusent l'armée du pays de tuer délibérément des Gazaouis. "J'ai aussi demandé d'enquêter sur la façon dont les éléments ont été obtenus, qui se trouve derrière, et de vérifier si les activités ayant mené à leur collecte et à leur publication ont pu aider l'ennemi en temps de guerre", a-t-il écrit dans un message sur X.
En début de semaine, le ministre avait déjà appelé à prendre des mesures pour déchoir de leur nationalité israélienne les deux réalisateurs du documentaire, Yuval Abraham et Rachel Szor, les accusant de "trahison envers l'Etat".
>> Les précisions de Forum :
Une "attaque" contre Israël
Parmi les vingt-quatre témoignages dans 'NAZA', des sources font état de tueries de masse "à une échelle industrielle" et exposent comment opère l'armée israélienne lors de frappes aériennes à Gaza. Elles expliquent notamment qu'avant de bombarder un site, l'armée évalue à l'aide de l'intelligence artificielle les 'NAZA', un acronyme en hébreu désignant les victimes "collatérales" parmi les civils.
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Selon un témoignage, une frappe visant à tuer un responsable du Hamas aurait ainsi été autorisée alors que jusqu'à 500 victimes civiles avaient été annoncées. Une allégation catégoriquement rejetée par l'armée israélienne.
Le chef d'état-major a qualifié le documentaire "d'attaque contre l'Etat d'Israël". De son côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a décrit un film "choquant", dénonçant les "provocations antisémites" venant "de nos propres citoyens".
Pas de distribution en Israël
Face à ces réactions virulentes, peu de voix s'élèvent en Israël pour soutenir Yuval Abraham et Rachel Szor. Le syndicat national des réalisateurs a néanmoins condamné les différentes déclarations du gouvernement. Plus d'un millier de cinéastes ont également signé une pétition pour exprimer leur solidarité avec les réalisateurs de 'NAZA'.
Dans ce texte, ils dénoncent une campagne d'incitation à la haine et rappellent un paradoxe: en Israël, les critiques sur le film sont virulentes et nombreuses, mais presque personne ne l'a vu. Le documentaire n'y est pas distribué.
A Venise, Yuval Abraham avait appelé les Israéliens et les citoyens des pays soutenant Israël à aller voir 'NAZA'. "Ce massacre de masse est systémique. Il n'est pas accidentel, il est le produit d'une volonté délibérée. Il résulte d'actes meurtriers et de politiques fondés sur une déshumanisation totale des Palestiniens", avait-il déclaré.
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KEYSTONE - TIL BUERGY
Sujet radio: Ariane Ménage
Article web: iar avec agences