Rafaela, retraitée de 67 ans : "Je touche une pension de 1250 euros. Au final, il me reste 150 euros pour vivre, on ne peut pas économiser. C’est impossible"

Rafaela a bien du mal à vivre avec sa petite retraite qui ne lui permet pas de trouver un nouveau logement.

Pour de nombreux séniors, joindre les deux bouts est de plus en plus difficile. C’est notamment le cas de Rafaela qui a toutes les peines du monde à arriver à s’en sortir avec sa petite pension. Une fois qu’elle a payé son loyer et ses différentes charges, la retraitée ne dispose plus que d’une maigre somme pour finir le mois. Et malheureusement sa situation n’est pas près de s’arranger.

En 2024, la pension moyenne de droit direct s’élevait à 1 705 euros bruts pour les pensionnés résidant en France selon les chiffres de la Drees. Mais derrière ce chiffre se cachent en fait d’importantes disparités avec de nombreuses personnes âgées qui ne disposent que d’à peine 1 000 euros pour vivre. Et ce montant se révèle bien souvent insuffisant pour espérer trouver un logement.

Avec sa pension de 1 250 euros par mois, Rafaela n’arrive pas à s’en sortir

Les femmes en particulier sont moins bien loties avec une pension moyenne inférieure de 25 % à celle des hommes et cela même en prenant en compte la pension de réversion. Autant dire que Rafaela n’est pas la seule. Et en Espagne où elle vit, la situation n’est guère plus réjouissante. Avec la crise du logement que connaît le pays, elles sont nombreuses comme elle à se retrouver en difficulté.

« Je reçois une pension de 1 250 euros et je paie environ 450 euros de loyer, ce qui, avec les charges et autres dépenses, arrive à 700 euros. De plus, je dois payer une petite somme pour une opération », a raconté la vieille dame au journal El Periodico. Avant de continuer : « Au final, il me reste environ 150 euros pour vivre. »

© Shutterstock Rafaela doit survivre avec 150 euros par mois.

Cela fait deux ans que Rafaela, une retraitée de 67 ans, cherche un appartement

Rafaela doit se débrouiller avec cette somme pour finir le mois. Sa petite pension ne lui permet bien évidemment pas d’épargner, mais surtout elle est un frein pour trouver un logement. « Je cherche depuis près de deux ans et personne ne veut me louer », a-t-elle raconté. En effet, de l’autre côté des Pyrénées, les loyers se sont envolés en quelques années et l’offre peine à satisfaire la demande.

Les propriétaires n’ont que l’embarras du choix au moment de sélectionner leurs futurs locataires. Rafaela apparait comme une candidate un peu trop vulnérable à leurs yeux et c’est pour cela qu’ils exigent des garanties supplémentaires qu’elle ne peut pas leur fournir. « Ils demandent une assurance, un garant, et bien d’autres choses encore« , s’est-elle lamentée. 

© Shutterstock Pour certains seniors, la retraite est loin de ressembler à la vie paisible qu’ils avaient imaginée.

Rafaela n’est qu’une parmi tant d’autres

La sexagénaire a bien fait une demande pour un logement social, mais elle ne s’attend pas à avoir une réponse du jour au lendemain. « Je vais probablement devoir attendre cinq ans, voire plus », a-t-elle déclaré, résignée. Et malheureusement, la retraitée n’est pas la seule dans cette situation, comme le prouve l’exemple de Maricarmen qui a vu son loyer bondir de 247 %. 

À 87 ans, cette Espagnole a été expulsée il y a quelques jours du logement qu’elle habitait depuis 70 ans sous l’œil des caméras. La vieille dame a été évacuée sur un brancard devant une foule de manifestants qui s’étaient rassemblés contre la décision de justice prise à la demande d’une société immobilière. L’événement a suscité une vive émotion et près de 25 000 personnes ont ensuite manifesté dans les rues de la capitale espagnole.

En bref

  • 📅 Rafaela, retraitée de 67 ans en Espagne, peine à joindre les deux bouts avec sa pension de 1 250 euros.
  • 💸 Malgré ses efforts, Rafaela ne parvient pas à trouver un logement abordable en raison de sa faible pension et des loyers élevés.
  • 🏠 La crise du logement en Espagne complique la situation des retraités comme Rafaela, confrontés à des exigences de garanties impossibles à remplir.