« Quotidien » revient ce soir et Yann Barthès promet du changement, sans nouvelle formule

Médias 31/08/2026 12:28 Actualisé le 31/08/2026 13:08

Avec de nouvelles têtes, mais sans interview politique pour le moment, le talk-show lance sa saison avec une ligne de conduite inchangée. Malgré les polémiques.

Ce lundi 31 août à 18h20, l’émission « Quotidien » fait son retour sur la chaîne TMC.

Capture d’écran Youtube

Ce lundi 31 août à 18h20, l’émission « Quotidien » fait son retour sur la chaîne TMC.

Avec « une petite boule au ventre » comme avant chaque rentrée, Yann Barthès effectue ce lundi 31 août son retour à l’antenne sur TMC dans Quotidien, après le départ de plusieurs visages forts du talk-show phare du groupe TF1.

Avant cette rentrée à 18 h 20 avec une émission un peu spéciale baptisée Le retour de Quotidien, l’indéboulonnable présentateur s’est confié à La Tribune dans une interview publiée samedi 29 août. L’occasion de faire le point sur les enjeux qui entourent cette nouvelle saison, forcément mouvementée avec l’élection présidentielle du printemps en ligne de mire.

Couverture de la campagne, nouvelles têtes, changements et continuité dans la production de l’émission, Yann Barthès - pourtant rare dans les médias - a brassé de nombreux sujets. Même la polémique de la canicule sur laquelle Quotidien s’était plus ou moins clôturée en fin de saison dernière.

Une certaine « bien-pensance » réaffirmée

Mercredi 24 juin, l’ancien présentateur du Petit journal avait indigné en s’amusant du fait qu’en pleine canicule, tout le monde a chaud et tout le monde est donc logé « à la même enseigne », du milliardaire Bernard Arnault à ceux qui habitent sous les toits. « C’était une séquence d’humour qui ironisait au départ sur les micros-trottoirs de JT consacrés aux questions météo. Comme on le fait depuis 20 ans. Ce magnéto n’a pas été compris, c’est donc qu’il était raté », a d’emblée tenté de désamorcer le présentateur, qui dit défendre « le droit aux vannes, même ratées ».

Les critiques et les moqueries, Yann Barthès n’est donc pas contre. La haine en ligne et « des milliers de messages extrêmement violents », ça passe beaucoup moins. Au point de confier : « Ce climat me fait flipper. » Pour sa défense et pour définitivement refermer ce dossier clivant, il tient à rappeler que « Quotidien est certainement le talk-show qui a reçu le plus d’experts et de militants sur cette question », après avoir estimé ne pas être « con au point d’ignorer que le réchauffement climatique aggrave les inégalités sociales ».

Plus largement, Yann Barthès a répondu aux critiques sur la supposée bien-pensance de son émission. Sa réponse ? « Si être bien-pensant c’est adhérer aux valeurs de progressisme, d’antiracisme, d’humanisme et de défense de toutes les communautés et des minorités, bah OK. »

Une bande renouvelée

Ces polémiques évoquées, l’émission se relance sur TMC avec plusieurs changements autour de la table. Exit Ambre Chalumeau et Maïa Mazaurette, avec qui Yann Barthès dit s’être « séparé en très bons termes ». Exit aussi l’humoriste Pablo Mira. Sur la case humour, Quotidien fera désormais appel à la Belge Sarah Lélé, déjà testée dans l’émission en juin.

Côté chroniques, l’écrivaine Anne Akrich occupe dorénavant un créneau culture chaque vendredi pour conseiller des sorties littéraires. TMC a aussi recruté la journaliste de France Inter Manon Mariani. Elle « nous rejoint pour une chronique d’humeur et de décryptage », précise Yann Barthès. Mais cette saison, la vraie recrue c’est Salhia Brakhlia. De retour dans la bande, après six ans sur les antennes de France TV, la journaliste formera un duo avec le présentateur pour interviewer les invités de cette nouvelle saison et renforcer la couverture des grands événements à l’antenne.

Pour le reste, il avait été annoncé que Bangumi, qui produit Quotidien, lèverait le pied sur les émissions en prime time. Une information confirmée par Yann Barthès, mais nuancée aussitôt puisqu’un reportage de Martin Weill sur la cuisine identitaire est prévu dès le 1er septembre. Un autre, 21h Médias sur Madonna, piloté par Julien Bellver est également en préparation, annonce-t-il.

« Quotidien n’est pas une émission politique »

Cette saison, les interrogations autour de l’émission concernent surtout la manière d’aborder la politique dans une année d’élections. Sur ce point, Yann Barthès s’est montré ferme sur les interviews politique : « Jusqu’à la fin de l’année (2026, ndlr), c’est niet ». Le présentateur de 51 ans rappelle à ce titre que deux candidats majeurs pour 2027, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, refusent de venir dans son émission. « Si on recevait des candidats à la présidentielle, il faudrait qu’ils soient tous d’accord pour venir, souligne-t-il, si c’est pour nous envoyer des seconds couteaux, non merci ! ».

Le Rassemblement national refuse de recevoir ses journalistes en meeting. « Est-ce que vous inviteriez, vous, quelqu’un qui vous refuse l’entrée chez lui ? », rétorque Yann Barthès. Pour le chef de file de la France insoumise, le souci est ailleurs. « Mélenchon nous a même traités de “fachos” », note Yann Barthès. Pourtant, les relations avec lui étaient « normales », « jusqu’à la fameuse perquisition de 2018 », où il avait lancé « La République, c’est moi ». De quoi lui inspirer une réflexion inquiète sur ce climat hostile à l’approche de l’élection : « C’est quand même dingue qu’une émission soit autant attaquée par les extrêmes. »

Malgré ces rappels, Yann Barthès ne ferme pas la porte à des interviews politiques dans la dernière ligne droite de la campagne. « On verra dans un second temps en 2027. Ça sera une décision collective. Pour les dernières européennes, on avait fait voter la rédaction, qui avait décidé qu’on ne recevrait plus d’invités politiques, sauf lors des sorties de livres », confie l’animateur, qui tient à rappeler que « Quotidien n’est pas une émission politique ». Malgré la fascination intacte des politiques pour son talk-show. Et l’audience qui va avec.