Quinze retards, autant d’absences injustifiées, message assassin envoyé à sa direction : le licenciement de la salariée jugé abusif… Réintégrée, elle touchera plus de 7 600 euros en prime

En Espagne, la Haute Cour de justice de Murcie a ordonné la réintégration d’une employée licenciée pour retards et absences, jugeant la procédure de l’entreprise non conforme. La salariée, qui travaillait dans le conditionnement d’agrumes, recevra également une indemnité de 7 687,02 euros.

Elle l’a échappé belle. Pourtant sur le papier, tout semblait plaider en sa défaveur.

Employée depuis 2017 dans cette entreprise de conditionnement d’agrumes, cette salariée était dans le collimateur de sa direction. Quinze retards, six absences pendant l’été, dix absences pour rendez-vous médicaux sans préavis mais aussi un message assassin sur WhatsApp aux ressources humaines ("Bonsoir, ce n’est pas seulement embarrassant, c’est honteux. Nous sommes des êtres humains, pas des animaux. Si vous faites ça à un animal, vous iriez en prison, alors imaginez avec un être humain !") : ce fut trop pour la direction qui décidait de la licencier, malgré ses huit années de bons et loyaux services.

Avertissements oubliés

Un licenciement qu’elle a contesté en justice. Et la justice lui a donné raison à deux reprises (en première instance comme en appel). En effet, la Haute Cour de justice de Murcia (Espagne) a mis en avant les "petits" retards d’une, cinq et sept minutes. Mais également une accumulation de ces fameux retards qui ne dépassait pas les limites fixées par la convention collective. De plus, l’entreprise aurait oublié de lui envoyer des avertissements pour la licencier directement.

À la fin du mois de juillet dernier, la Haute Cour de justice de Murcie a suivi la décision en première instance et a rejeté le recours de l’entreprise. L’employée doit être réintégrée et, en plus, elle touchera une indemnité de 7 687,02 euros, selon les informations du média espagnol Noticias Trabajo.

En France, l’accumulation de petits retards est un motif de licenciement mais il est alors très encadré. L’entreprise doit prouver leur côté répétitif mais aussi leur répercussion sur l’organisation de la structure.