Qui est Lindsay Clancy, cette mère américaine qui a tué ses trois enfants et dont le procès divise l'Amérique ?

Le procès de Lindsay Clancy, une mère accusée du meurtre de ses trois enfants aux Etats-Unis a été annulé vendredi par le juge, les jurés n'ayant pas réussi à s'entendre sur un verdict, dans une affaire très médiatisée qui suscite un vif débat sur la santé mentale des mères américaines.

L'unanimité des jurés est requise pour rendre un verdict dans les procès pénaux aux Etats-Unis. Mais le jury du tribunal de Plymouth, près de Boston, était divisé entre 11 jurés favorables à son acquittement, invoquant l'irresponsabilité pénale, et un opposé à ce verdict. Le constat d'un "jury bloqué" survient quand le juge doit prendre acte qu'après plusieurs jours de délibérations les jurés ne parviennent pas à s'entendre. Dans ce cas, le procès est annulé. Il peut éventuellement être réorganisé ultérieurement.

Lindsay Clancy a tué ses trois enfants, mais son procès est annulé : l'affaire ultra-médiatisée bouleverse les États-Unis

Lindsay Clancy était une mère de trois enfants installée à Duxbury, dans le Massachusetts, avec son mari Patrick. Après la naissance de son troisième et dernier enfant, en mai 2022, son état psychique se dégrade. Elle sombre dans la dépression et est la proie d'idées suicidaires. Elle est hospitalisée en psychiatrie.

Quelques jours près sa sortie, en janvier 2023, son mari quitte la maison pour faire des courses. A son retour, Cora, 5 ans, Dawson, 3 ans, et Callan, 8 mois, ont été étranglés. Lindsay s'est ensuite jetée d'une fenêtre. Elle survit, paralysée des jambes. Elle reconnaît les faits, mais affirme avoir entendu une voix masculine lui ordonner de tuer ses enfants avant de se suicider.

Pour la défense, elle souffrait d'une psychose post-partum, trouble rare pouvant provoquer une rupture avec la réalité et des hallucinations. Pour l'accusation, au contraire, Clancy avait organisé l'absence de son mari et conservait la capacité de distinguer le bien du mal. C'est cette frontière entre maladie et responsabilité qui divise les Américains.

"Ma fille s'est peut-être sentie rejetée quand elle est née. Je lui expliquerai quand elle sera plus grande et je m'excuserai 50.000 fois"

Pendant le procès, des femmes se sont massées devant le tribunal, certaines portant des tee-shirts "She Needed Help". Elles dénoncent les failles de la prise en charge psychiatrique des jeunes mères. D'autres dénoncent une compassion qui risque d'effacer trois victimes. Vingt-cinq ans après Andrea Yates, finalement jugée pénalement irresponsable après avoir noyé ses cinq enfants, l'Amérique se retrouve face au même dilemme.

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