"Quand tu arrives de Tarbes, si on t'appelle, c'est que tu as un peu de talent et quelques facilités mais..." Révélation du Top 14, Fabien Brau-Boirie revient sur tout le travail fourni
l'essentiel Désigné révélation de la saison 2025/2026 de Top 14 ce lundi 28 septembre à l'occasion de la 22e Nuit du Rugby, le centre international bigourdan de la Section Paloise Fabien Brau-Boirie (20 ans ; 5 sél.) savourait et se confiait sur le travail fourni pour en arriver là.
Que représente pour vous cette récompense ?
C'est une grande fierté, forcément. Cela met en exergue tout le travail qui a été fait tout au long de mon évolution, que ce soit à Pau ou même avant, dans mes clubs formateurs. Je suis très heureux mais c'est forcément un travail d'équipe parce que si j'en suis là aujourd'hui, c'est grâce à mes coéquipiers qui sont là tous les jours. Que ce soit sur les entraînements, sur le terrain. Mais aussi le club qui m'a fait confiance pour jouer et mes proches qui me soutiennent tous les jours.
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Tout est allé très vite pour vous avec des premières sélections chez les Bleus...
C'est vrai qu'au début, je ne m'attendais pas forcément à avoir des capes aussi vite. Donc je les ai prises, j'ai eu ma chance, j'en suis très heureux. Merci aussi au staff du XV de France qui m'a fait confiance, parce que ce n'est pas facile de lancer un jeune dans ce monde. J'ai travaillé pour, je me suis donné les moyens, mais c'est vrai que c'était assez rapide. Mais je trouve que j'ai quand même une ascension assez linéaire dans l'ensemble sur mon évolution. Que ce soit avec mon club ESCA Tournay, Tarbes et après Pau. Cela s'est fait assez naturellement. Je n'ai pas forcé les choses, mais c'est vrai que ça s'est fait assez vite et j'en suis très heureux.
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Comment avez-vous travaillé pour en arriver là ?
Quand tu arrives de Tarbes, si on t'appelle, c'est que tu as un peu de talent et quelques facilités. Mais quand tu arrives vraiment dans ce monde du Top 14, quand tu vois les premiers entraînements, tu sais très bien qu'il va falloir de l'aide. Le club a mis beaucoup de choses en place avec moi pour m'aider à me construire et j'en suis très content. J'ai travaillé beaucoup de choses au niveau physique. Il faut se développer physiquement parce qu'on voit que le Top 14, c'est quand même assez dur, il y a de gros gabarits. Il faut aussi travailler tout l'aspect de jeu, la stratégie, et aussi mentalement parce que c'est quand même une pression assez forte avec des matchs à enjeu. Donc il faut être prêt, surtout quand tu es jeune.
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C'est la troisième fois en quatre ans qu'un joueur de la Section a le prix de meilleure révélation. Cela met en avant la politique de formation du club ?
Oui, exactement. On voit que le club a pour ambition de faire émerger beaucoup de jeunes. Je suis très content de passer après Emilien (Gailleton) et Théo (Attisogbe) et je pense qu'eux aussi sont contents de voir que d'autres joueurs issus du même club arrivent à gagner un titre comme ça. C'est pour ça que j'ai fait le choix de venir à la Section Paloise parce que le projet de jeu m'avait animé et je savais que Seb Piqueronies (le manager, NDLR) avait beaucoup d'affection pour les jeunes. Je savais forcément qu'il fallait travailler pour pouvoir gagner ma place, mais que ça serait peut-être un peu plus facile avec lui qu'avec un autre manager.
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C'est pour cela que vous venez de prolonger jusqu'en 2030 ?
Exactement. On a un club qui évolue assez positivement depuis quelques années. On arrive maintenant à accrocher des phases finales, un top 6. J'ai vraiment cette ambition, moi personnellement, et je pense que les autres aussi l'ont, de persévérer. Je sais que ça va être très dur parce que le Top 14 est très relevé, de plus en plus. Mais accrocher un titre avec la Section, c'est vraiment le but ultime. Et je pense qu'il faut être ambitieux dans la vie pour avancer. Je pense que c'est l'objectif aussi du club d'aller chercher quelque chose de plus grand. Et ça serait vraiment écrire une belle histoire à la Section Paloise.
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Pau peut décrocher le titre de champion de France d'ici 2030 ?
(Rires) Je ne sais pas. Comme je l'ai dit, ça va être très très dur, mais c'est un objectif forcément d'y parvenir. Mais le Top 14 est très relevé, beaucoup de joueurs arrivent aussi d'autres endroits qui sont très, très bons, donc ça augmente aussi la capacité des groupes et le niveau. Mais en tout cas, personnellement, c'est l'ambition que j'ai. Je l'espère (rires). Je ne peux pas vous le confirmer, mais j'espère en tout cas du plus profond de mon cœur.
Ce jeudi, nous serons à un an du début de la Coupe du monde. Vous projettez-vous ?
Oui, bien sûr. Je l'ai dans un coin de ma tête. Comme j'ai pu le dire auparavant, je suis très concentré pour l'instant avec mon club. Je veux faire les meilleures prestations possibles. Et dans la suite logique, si je fais de bonnes prestations avec mon club, ça va un peu dans le même sens. Et après, tu peux faire de bonnes prestations aussi et avoir la concurrence qui en fait de meilleures. Et après, ce sera le choix du sélectionneur. Dans tous les cas, je ne lui en voudrais pas parce que moi, j'aurais donné mon max pour y être. Parce qu'une Coupe du monde, surtout à 21 ans, c'est un rêve.
Vous n'allez donc pas y penser tous les matins en vous rasant ?
(Rires) Non, non, quand même pas. Je n'en suis pas là.
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Et en matière de gestion de son corps, y pense-t-on ?
J'ai envie de vous dire oui et non, parce que quand tu as 20 ans, tu n'as qu'une envie, c'est de jouer le plus possible. Donc forcément, tu sais qu'il va falloir un peu gérer, parce que les saisons sont très longues avec beaucoup de rythme. Mais d'un autre côté aussi, j'ai envie de jouer tous les matchs. Parce que quand c'est ton métier, que c'est ta passion depuis tout petit, tu as envie de jouer le plus possible, d'être sur le terrain.
Après la révélation, il y a aussi la confirmation...
Je sais très bien les attentes qu'il y a sur moi. Quand tu es révélation, c'est vrai qu'après, on t'attend un peu plus au tournant. Les gens vont se dire : voilà, c'est bien, il a été révélation une fois, est-ce qu'il va réussir à continuer ? Mais je suis très bien accompagné pour ça. Les coachs sont très clairs avec moi et je pense que c'est bien aussi d'avoir un peu cette part de pression pour, moi, me mettre aussi en difficulté. Et me dire que maintenant, il faut avancer. Il faut être encore plus dur avec toi-même pour pouvoir aller plus loin. Donc oui, il faut confirmer.
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Où allez-vous mettre votre trophée ?
Sur une armoire, je pense. Dans le dressing, ou quelque chose comme ça. Je vais trouver de la place, ça c'est sûr, il y a d'autres choses moins importantes que ça (sourire).