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  • 2026-07-24 16:30:05 +0000 UTC

    Jul 24, 2026

    « Quand les premières notes arrivent, on sent que le public est pris par quelque chose qui nous dépasse » : le groupe culte Archive débarque à Cannes le 29 juillet

    Dans le sillage d’un treizième album studio, Glass Minds, sorti en février 2026 et qui prolonge le sillon creusé par le groupe Archive — entre mélancolie, électronique et rock atmosphérique —, Darius Keeler et sa bande s’apprêtent à retrouver le public cannois pour un concert mercredi 29 juillet au Palais des Festivals à Cannes.

    Le groupe étant très prisé par le public francophone (curieusement plus qu’outre-Manche), se produire dans le Palais au sein duquel la Palme d’or est délivrée constitue presque un écrin naturel pour ces Anglais dont la musique est très cinématographique. Ils ont d’ailleurs signé la BO du film de Mélanie Laurent, Voleuses, en 2023.

    « Cannes est un endroit particulier pour nous, confesse Darius Keeler, l’emblématique leader et fondateur du groupe. La dernière fois que l’on a joué au Palais des Festivals, il y avait un orchestre, c’était spectaculaire. Et puis jouer dans cet endroit, avec un public français, c’est toujours particulier, on a toujours eu un lien si spécifique avec votre pays. En Angleterre, les gens boivent peut-être plus durant nos concerts, en France ils écoutent plus... (rires) On a tout de suite eu un écho positif du public francophone, ce n’était pas forcément prévu. »

    Adossé à une discographie conséquente et éclectique, le groupe doit pourtant opérer des choix avant de construire une setlist. Et choisir, c’est renoncer. « Ce n’est jamais facile de savoir quel morceau jouer et dans quel ordre, poursuit Keeler. Cela doit répondre à un état d’esprit, une émotion, un sentiment. »

    Des titres de 25 minutes, loin des standards radio

    Malgré tout, certains morceaux sont inévitables et attendus, comme Bullets, Londinium, Fuck U ou encore Lights et Again, des titres de plus de quinze minutes bien loin des standards de la radio. « Avec Danny Griffiths, l’autre fondateur du groupe, avec qui je joue depuis bientôt 40 ans, on a une vision dynamique d’un morceau. Parfois, la chose à faire est de laisser une dynamique prendre son temps pour se créer. Sur certains morceaux, cela a du sens de prendre 16 minutes comme sur Again. Quand on est sur scène et que les premières notes de ce morceau arrivent, on sent que le public est pris par quelque chose qui nous dépasse. »

    "On a jamais perdu cet amour pour le cinéma, c’est un exercice stimulant."

    Archive ne fonctionne pas comme un groupe normal puisque les deux leaders sont dans « l’ombre » et que les chanteurs se sont succédé au micro avec le temps. Les Anglais préfèrent en effet confier les paroles à différents artistes, parfois plusieurs en même temps, comme c’est le cas actuellement, pour mieux exprimer leurs idées. « On a toujours fonctionné ainsi. Cela permet d’explorer différentes possibilités, de ne pas avoir de routine créative. »

    C’est pour cela que le groupe prend plaisir à s’essayer à différents genres musicaux tout en s’aventurant dans la création sonore pour le cinéma ou les séries. « On a toujours eu une musique cinématographique. On avait composé la bande-son du film Michel Vaillant en 2003, on l’a refait avec Mélanie Laurent pour Voleuses près de 20 ans après. On n’a jamais perdu cet amour pour le cinéma, c’est un exercice stimulant. »

    Même s’il refuse de choisir ce qu’il préfère dans le processus créatif entre écrire, enregistrer et se produire sur scène, Darius Keeler confesse adorer les « répétitions », comme il aime le dire en VF. « C’est un moment où tout converge et où le saut dans le vide, le live, est proche », embraye-t-il. « On mène une vie où chaque soirée sur scène est différente, vous vivez parfois des moments suspendus sans raison apparente où vous êtes en communion avec le public. »

    Alors qu’il a toujours voulu être musicien — « dès l’âge de 7 ans, je savais que je voulais être une rock star (rires) » —, Darius Keeler ne s’imaginait pas forcément, 32 ans après son premier concert à l’université de Canterbury où il officiait à la batterie, que le groupe remplirait le Palais des Festivals avec un public français acquis à sa cause.

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