Quand les jeunes Gaumais swinguaient dans les Cavernes à Grandcourt: "Il y avait de l'ambiance, ça dansait tout le temps, de la valse, du tango, du slow"
Dans le Sud de la province, les Cavernes de la Gaume ont fait vibrer bien des amateurs de danse. Entre 1970 et 1982, le dancing, situé à Grandcourt (Virton), était tenu par la famille Goebel.
"Avant, les bals avaient lieu le dimanche"
Geneviève Goebel, fille de Robert et Lucienne, se souvient de ces années festives au dancing des Cavernes de la Gaume. Un bâtiment qui avait déjà vécu puisque, construit au début du XIXe siècle, il a connu plusieurs tenanciers. D'abord Joseph Felten et Adélaide Jeanjean qui y ont tenu un café, ensuite repris sous le nom de "À la Concorde" par Arthur Meunier et son épouse Ida Brûlé. Par après, le bâtiment a été vendu à la brasserie Daune, de Bellefontaine, c'est à ce moment qu'il est devenu un dancing. Là aussi, plusieurs tenanciers se sont succédé, dont la famille Goebel. "Nous gérions le cinéma de Halanzy puis nous sommes venus tenir les Cavernes de la Gaume, explique Geneviève Goebel. C'était un café en semaine qui se transformait en bal le samedi soir avec un orchestre différent toutes les semaines. Et le dimanche, on proposait l'apéritif avec les gens du village, qui pouvaient aussi faire une partie de bowling. Quand mes parents sont arrivés, ils ont relevé un peu l'affaire parce qu'avant ça, les bals avaient lieu le dimanche. Sauf que les gens travaillaient le lendemain. Mes parents ont donc remis ça au samedi et ça a tout de suite fonctionné." Geneviève Goebel se souvient encore de l'époque où son papa, Robert, réalisait un calendrier dès le mois de décembre avec tous les orchestres qui se produiraient l'année suivante. "Il l'imprimait et en faisait cadeau aux clients lors du bal du 1er janvier, reprend-elle. Cela leur permettait d'avoir un programme et de voir quel sous quel orchestre ils avaient envie de danser."
"Vu que le dancing était pris le samedi, nous nous sommes mariés un jeudi"
Lorsqu'on demande quels souvenirs elle tire de ces douze années passées aux Cavernes de la Gaume, Geneviève raconte: "Il m'est arrivé de faire le garçon de café. Je devais avoir 12 ou 13 ans. J'ai fait le bar, les entrées, le ménage. Je me souviens des bals qui commençaient dès 21 h. Et il y avait de l'ambiance ! Ça dansait tout le temps, de la valse, du tango, du slow. Le tout, sur des musiques de ce temps-là, évidemment. Je me souviens aussi qu'on y a fait l'apéritif de mon mariage. D'ailleurs, puisque le dancing était pris tous les samedis, mon mari et moi n'avons pas pu nous marier ce jour-là. Nous nous sommes mariés un jeudi."
Comme autres festivités, elle ajoute se souvenir des bals organisés pour l'école de Ruette à l'occasion du carnaval, le dimanche après-midi. "Je me déguisais en clown et je m'amusais à aller danser, moi aussi", dit-elle. Quant au décor du dancing à l'époque, elle explique: "Tout était fait en plâtre, ça faisait des bosses partout ! Comme dans une grotte. Je me souviens des petites peintures à certaines places et qui représentaient des hommes préhistoriques."
Lorsque Geneviève se marie en 1982, ses parents passent le flambeau. "Mon papa était déjà âgé et travaillait encore à l'usine, dit-elle. C'est ma sœur et mon beau-frère qui ont repris mais cela a duré un an et demi. Ils ont changé de concept et c'est tombé à l'eau."
Un autre repreneur s'est alors fait connaître, transformant le lieu en restaurant du même nom. Il a fonctionné une dizaine d'années puis, l'âge faisant, le tenancier a posé son tablier. "Depuis, le bâtiment ne devient rien, regrette Geneviève. Il y a apparemment eu un projet de pizzeria, mais nous n'y avons jamais rien vu, le bâtiment est à l'abandon depuis. C'est triste. La devanture est toujours la même, mais le site n'est pas entretenu. Je serais curieuse de retourner à l'intérieur."
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