Quand de jeunes Ramillois font revivre le wallon… sur des bancs
Dans le cadre de l'opération Été solidaire, des jeunes de la commune ont rénové quatre bancs et y ont inscrit des phrases en wallon, accompagnées de leur traduction en français.
Une manière originale de faire vivre le patrimoine linguistique local tout en favorisant les échanges entre générations. Et tout cela, avec des jeunes qui ont entre 15 et 21 ans et qui ne sont pas forcément familiers avec le wallon.
Le projet a été mené avec l'accompagnement de l'AMO Jeun'Est et des équipes communales.
Les jeunes ont commencé par réfléchir à plusieurs thématiques susceptibles de concerner tout le monde. Environnement, inclusion, mobilité ou encore accès à l'emploi: autant de sujets qui ont servi de point de départ pour imaginer des phrases porteuses de sens. "Ensuite, nous avons cherché des phrases qui pourraient sensibiliser tout le monde et nous avons réfléchi ensemble pour savoir lesquelles étaient les meilleures", raconte Camille, l'une des participantes.

Du français au wallon
Une fois les formulations choisies en français, place à la traduction en wallon. Celle-ci a été rendue possible grâce à la participation de membres des tables de conversation en wallon de Ramillies et de Gembloux: Joseph, Marius, Jacques et Alain ont ainsi apporté leur connaissance de la langue régionale.
De quoi réjouir Marianne Saenen, qui encadrait les jeunes: "C'est une action mise en place dans le cadre de la convention "Ma Commune dit Oyë", un label de la Fédération Wallonie-Bruxelles en faveur des langues régionales. Ce genre de projet avait déjà été réalisé dans une autre commune. L'idée de le faire avec des jeunes dans le cadre d'Été solidaire vient du collège communal, et ça ajoute un aspect intéressant. En espérant continuer l'an prochain."
Une rencontre entre générations
Le projet prend ainsi une dimension intergénérationnelle. Des jeunes qui connaissent parfois peu le wallon se retrouvent en contact avec des personnes qui le pratiquent et le transmettent. Une rencontre qui permet de faire découvrir une langue, mais aussi les expressions et la culture qui l'accompagnent.
Après la réflexion et les traductions, les jeunes ont dû passer à la réalisation. "Nous avons réfléchi avec les personnes de l'AMO pour savoir comment nous allions faire pour écrire proprement sur les bancs", poursuit Camille. Le travail s'est organisé collectivement, et les participants ont pu découvrir différentes techniques nécessaires à la rénovation de ces bancs: ponçage, préparation du bois, écriture et finition au vernis extérieur.
Au-delà de la rénovation de quatre bancs, le projet montre surtout qu'un patrimoine linguistique peut trouver une nouvelle manière de s'adresser aux jeunes générations.
"Personnellement, j'ai bien aimé ce travail, témoigne Camille. J'ai trouvé qu'il faisait participer tout le monde tout en nous laissant discuter entre nous. Un très chouette projet qui nous a pris beaucoup de temps, mais qui en valait le coup."
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