Qualifié d’organe d’extrême droite, l’Institut Thomas More jette l’éponge judiciaire face à Magnette
Le tribunal de première instance du Hainaut avait donné raison à Paul Magnette, poursuivi par l’Institut Thomas More après l’avoir qualifié d’« institut d’extrême droite » en avril 2025. L’Institut ne fera pas appel.

Cheffe adjointe au pôle Idées Par Marine Buisson Publié le 22/07/2026 à 19:25 Temps de lecture: 3 min
Rideau pour la bataille judiciaire qui opposait l’Institut Thomas More à Paul Magnette. Le think tank a décidé de ne pas faire appel de la décision – tombée en mai dernier – rendue par le tribunal de première instance du Hainaut qui donnait raison au président du PS. Paul Magnette était poursuivi par l’Institut Thomas More après l’avoir qualifié d’« institut d’extrême droite » sur LN24 en avril 2025. Il avait plus précisément déclaré : « C’est un institut français d’extrême droite proche du RN, personne ne met cela en cause, et donc c’est un signe de plus de la dérive du MR vers l’extrême droite, et c’est cela qui est extrêmement inquiétant. » Rapport au fait que le parti libéral et l’Institut ont à plusieurs reprises collaboré pour la tenue de conférences (Bouchez sur l’énergie en 2022) ou débats (le radicalisme à l’école en 2025). Tollé du côté de l’Institut, qui qualifie son positionnement comme étant « libéral conservateur » et pointait une intention de nuire à sa réputation. Il réclamait initialement 5.000 euros de dommages et intérêts pour diffamation, réduits finalement à un euro symbolique.
Or en mai, la justice a rejeté la plainte, estimant que Magnette disposait d’une base factuelle suffisante pour exprimer son opinion. On apprend ce mercredi que l’Institut a décidé de ne pas faire appel de la décision. Si le jugement, devenu définitif après l’abandon de l’appel, ne détermine pas si l’organe est réellement d’extrême droite, il légitime la qualification dans le cadre de la liberté d’expression. Les juges ont retenu plusieurs éléments factuels concernant les positions de l’Institut, ses liens idéologiques et sa proximité avec certains courants politiques. Et en ont conclu que Magnette pouvait raisonnablement qualifier l’organisation d’extrême droite et évoquer sa proximité avec le Rassemblement national.
Créé en 2004 entre Paris et Bruxelles par l’ancien ministre français Charles Millon, l’Institut est associé à des réseaux ultraconservateurs. Dans le cadre du Projet Périclès (pour Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes), financé par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin, le think tank a participé à la création du collectif Justitia. Un collectif d’avocats dirigé par l’actuel directeur général adjoint de l’Institut, Aymeric de Lamotte (anciennement encarté chez les libéraux démocrates d’Alain Destexhe), chargé de mener une « guérilla juridique » contre « l’islamisme, l’immigration, l’attaque à la liberté d’expression, la théorie du genre », comme le révèle un document élaboré par Stérin publié en juillet 2024 par L’Humanité.
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