PSPP promet un grand ménage dans la bureaucratie… sans licenciements
Alléguant que la CAQ a « perdu le contrôle » de la bureaucratie, Paul St-Pierre Plamondon a promis lundi d’entreprendre « un grand ménage » dans l’appareil d’État québécois s’il devient premier ministre cet automne.
Le chef du Parti québécois (PQ) s’engage à réduire les coûts de rémunération dans le secteur public de 2,5 % sur trois ans, ce qui représenterait des économies de 1,6 milliard de dollars par année — pour un total de 4,7 milliards au cours d’un premier mandat. Il est toutefois resté flou quant à savoir si cet objectif entraînerait l’abolition de postes dans la fonction publique.
Ce « grand ménage » passerait principalement par l’attrition et par l’offre d’incitatifs de départ, a expliqué le chef péquiste depuis Sherbrooke. « Mais ça dépend aussi beaucoup de l’examen qu’on va faire de ce qu’on peut couper en bureaucratie inutile », a-t-il ajouté au cinquième jour de la campagne électorale québécoise.
Pressé par les journalistes de préciser son plan, M. St-Pierre Plamondon a finalement assuré qu’il ne serait pas question de congédiements forcés. « Ce n’est pas une perte d’emploi en termes de licenciements, mais bel et bien de l’attrition et des incitatifs [financiers de départ] », a-t-il répondu. Un éventuel gouvernement péquiste proposerait également des réductions volontaires du nombre d’heures travaillées et reverrait le ratio entre gestionnaires et employés. Le PQ souhaite faire passer ce ratio d’un gestionnaire pour 17 employés à un pour 25 au terme d’un premier mandat.
Les économies réalisées permettraient ensuite de dégager des sommes « pour soigner notre monde, s’occuper de ce qui tombe en ruine », a fait valoir M. St-Pierre Plamondon.
Dans la même lignée, le PQ créerait aussi un secrétariat à l’Efficacité gouvernementale et à l’Allègement réglementaire, qui relèverait du Conseil du trésor. Celui-ci aurait pour mandat de passer en revue les règlements, programmes, procédures et normes en vigueur au Québec afin de déterminer lesquels pourraient être simplifiés ou abolis.
Le PQ compte également recourir à l’intelligence artificielle afin de « gagner en efficacité » dans l’appareil gouvernemental. Il a finalement réitéré sa promesse de créer un poste de directeur parlementaire du budget (DPB), qui serait rattaché à l’équipe de la Vérificatrice générale du Québec afin d’accroître la transparence des finances publiques.
Une très longue feuille
C’est cette fois avec un geste théâtral que le chef péquiste s’en est à nouveau pris à sa rivale, la cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, en déroulant devant les journalistes une longue liste, imprimée en très gros caractères, des réglementations et « contrôles bureaucratiques » qui auraient été ajoutés sous les deux mandats du gouvernement caquiste.
« Ça, c’est le dixième de ce que la CAQ a ajouté. C’est le mieux que je pouvais faire pour aujourd’hui. Imaginez 10 fois ça, et c’est ça, la situation du Québec », a-t-il lancé durant son point de presse. Il a même avancé que la liste complète aurait nécessité 52 000 pages et aurait dû être transportée « dans une brouette ».
L’effectif de la fonction publique québécoise s’est accru de 14,4 % entre mars 2021 et mars 2025, selon les données du Secrétariat du Conseil du trésor. En mars 2025, il comptait 75 686 personnes. Pour freiner la croissance de l’appareil gouvernemental, la CAQ avait d’ailleurs revu à la hausse sa cible de réduction des effectifs peu avant le départ de François Legault.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a lui aussi promis de s’attaquer au fardeau administratif et réglementaire des entreprises québécoises par l’entremise de l’équipe « Efficacité Québec ». Le chef conservateur, Éric Duhaime, veut quant à lui décréter un gel d’embauche dans la fonction publique et abolir 20 000 postes de fonctionnaires à temps plein d’ici cinq ans.