PSPP lie surpopulation scolaire et immigration
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a attribué la surpopulation dans certaines écoles à une « perte de contrôle totale » sur un système d’immigration « brisé par la CAQ ». Des propos qui ont été dénoncés par Québec solidaire et que le chef libéral Charles Milliard a qualifiés de « maladroits et malaisants ».
Le Parti québécois (PQ) a entamé sa troisième journée de campagne électorale en tirant à boulets rouges sur le bilan de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière d’immigration lors d'un point de presse samedi matin devant une école secondaire de Québec.
Le chef de la formation politique souverainiste n’a pas mâché ses mots : il a critiqué des politiques insensées, de peu d’intelligence et une perte de contrôle totale sur le système d’immigration sous la gouverne de la CAQ.
Une situation qu’il attribue directement au bilan de Christine Fréchette elle-même, ancienne ministre de l’Immigration de 2022 à 2024 au sein du gouvernement Legault.
Pour illustrer le phénomène, le chef et des candidats de la région, dont Pascal Paradis, Alex Boissoneault et Mathieu Foltz, avaient donné rendez-vous aux médias devant l’école secondaire Roger-Comtois, dans la circonscription de Chauveau.

Graphiques à l'appui, Paul St-Pierre Plamondon a décrit ce qu'il qualifie de système d'immigration « brisé ».
Photo : Radio-Canada
L'école secondaire Roger-Comtois, qui est juste derrière, compte à elle seule 24 classes modulaires, a lancé Paul St-Pierre Plamondon. L'école déborde en raison d’un trop grand nombre de nouveaux élèves qui viennent de l’immigration, a-t-il ajouté, un exemple flagrant que la capacité d’accueil du Québec est largement dépassée, selon lui.
Juste à Québec, il y a 286 locaux préfabriqués, c’est une hausse de 50 % par rapport à l'année dernière, a-t-il également souligné, avant d’annoncer l’engagement de son parti à resserrer les seuils d’immigration.
Ce rapprochement a dérangé le chef libéral Charles Milliard, qui a plus tard affirmé, en arrivant à Québec après un passage à Shawinigan en matinée, qu’il trouvait maladroit et malaisant qu'on essaie d'instrumentaliser les jeunes immigrants, [comme si c’était] eux qui sont la raison des problèmes dans nos infrastructures en éducation.

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Le reportage de Marie-Josée Paquette-Comeau
Même son de cloche du côté de Québec solidaire : la co-porte-parole Ruba Ghazal a aussi jugé que M. St-Pierre Plamondon parlait trop négativement de l’immigration dans son exemple.
Je trouve ça épouvantable que monsieur Paul St-Pierre Plamondon continue à parler de l'immigration de façon aussi négative, a-t-elle commenté en marge d’une annonce sur le transport en commun.
Oui, il faut qu'on ait des débats sains, et aujourd'hui, quand on regarde le déficit de maintien dans nos infrastructures, notamment dans nos écoles, le manque d'espace, on ne peut pas juste dire que c'est à cause de l'immigration, ces problèmes-là existaient avant.
Questionné plus tard par les journalistes, le chef péquiste n’a pas été en mesure de confirmer si l’ajout de classes modulaires et la surpopulation à cette école secondaire étaient directement liées à la hausse de l’immigration au Québec. Il s'est néanmoins avancé en suggérant que ce n'était sûrement pas un baby-boom qui était en cause.
Baisser ou pas les seuils d'immigration?
Pour réparer un système d’immigration qu’il estime brisé et pour remettre de l'ordre, le Parti québécois s’est engagé à réduire de plus de la moitié le nombre d’immigrants temporaires admis au Québec.
Si un gouvernement du PQ était élu, leur nombre passerait de 500 000 à une fourchette comprise entre 200 000 et 250 000.
Le Parti entend aussi instaurer un moratoire sur l'immigration économique internationale, revoir à 35 000 le nombre d'immigrants permanents admis dans la province pour respecter [sa] capacité d'accueil et rendre obligatoire une cérémonie d’intégration à la société québécoise visant à faciliter leur intégration.

Charles Milliard a accusé PSPP d'instrumentaliser les jeunes immigrants. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
La cible d’immigration permanente avait été réduite l’année dernière par le gouvernement caquiste à 45 000 immigrants par an pour 2026 à 2029 dans le cadre d’efforts conjoints de Québec et d'Ottawa pour restreindre le nombre d’immigrants admis au pays.
Charles Milliard, qui n’a pas encore partagé son plan en immigration, croit que les mesures annoncées par son rival porteraient un coup dur à l’économie québécoise en privant des employeurs de main-d'œuvre.
[PSPP] décide de faire cette annonce-là sur l'immigration à Québec, alors que le maire de Québec et la Communauté métropolitaine de Québec sont très clairs qu'il manque un minimum de 13 000 travailleurs dans la région, a-t-il rétorqué.
La principale préoccupation des entrepreneurs [et] des gens d'affaires dans toutes les régions que j'ai visitées, et je les ai toutes visitées, c'est l'accès à des travailleurs.
Le chef libéral a ainsi plaidé pour une approche plus humaine, plus mesurée, un meilleur calcul du potentiel d'accueil de chacune de nos régions du Québec, une promesse similaire à celle formulée par Éric Duhaime, qui a annoncé qu’il dévoilerait dans les prochains jours des politiques d’immigration centrées sur les besoins des régions.
Fréchette défend son bilan en immigration
Interrogée sur son bilan au gouvernement, la principale intéressée, Christine Fréchette, a reconnu que son mandat a été énormément marqué par le chemin Roxham, ce passage frontalier près de Saint-Bernard-de-Lacolle par lequel sont passés des milliers de demandeurs d'asile jusqu'à sa fermeture en mars 2023.

Christine Fréchette a été ministre de l'Immigration de 2022 à 2024 dans le gouvernement Legault. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Dany Pilote
Si elle affirme être fière que le Québec accueille en ce moment près de 200 000 demandeurs d'asile, des résidents non permanents, elle estime néanmoins que leur nombre a dépassé notre capacité d'accueil et qu'Ottawa devrait mettre davantage la main à la pâte. Elle reconnaît aussi que ces derniers ont amené une pression importante sur nos ressources.
Toutefois, en matière d'immigration permanente, elle entend conserver les seuils actuels, fixés à 45 000 par an, qu’elle juge plus équilibrés pour respecter la capacité d’accueil du Québec, favoriser l’intégration en français et répondre aux besoins des petites et moyennes entreprises.
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