Promenade du chien : cette erreur que l'on fait tous le prive de l'essentiel
Scène connue : vous avez enfin sorti le chien, vous regardez l’heure, et le voilà stoppé net, truffe collée au trottoir. Vous tirez un peu sur la laisse, il résiste, vous soupirez. En fait, en le pressant ainsi, vous coupez court à ce qui fait le cœur de la promenade : laisser son chien renifler en promenade, c’est lui permettre de vraiment vivre sa sortie.
Son nez, environ 10 000 fois plus performant que le vôtre, passe la rue au scanner. Qui est passé, dans quel état, mâle ou femelle, stressé ou détendu… Chaque touffe d’herbe est un fil d’actualité géant. Quand on l’empêche de s’y attarder, on transforme la balade en simple trajet chronométré, alors qu’une quinzaine de minutes de reniflage concentré peuvent le fatiguer autant qu’une longue marche sans aucune pause.
Pourquoi laisser son chien renifler en promenade change tout
Pour un chien, le monde est d’abord une histoire d’odeurs. Son cerveau est câblé pour analyser des milliers de messages olfactifs en temps réel. Renifler ne relève pas du caprice, mais d’un besoin instinctif aussi fort que le fait de courir ou jouer. L’en priver, c’est comme emmener quelqu’un au cinéma en lui demandant de garder les yeux fermés : il fait l’activité, mais n’en retire presque rien.
Cette "lecture" du territoire représente une vraie dépense mentale. De nombreux éducateurs constatent qu’un chien qui a pu mener sa balade olfactive à son rythme rentre apaisé, s’endort plus facilement, détruit moins à la maison et montre davantage de confiance, surtout s’il est craintif ou senior. À l’inverse, une sortie en laisse tendue, sans aucun arrêt autorisé, laisse souvent un chien plus excité en rentrant qu’en partant.
Balade olfactive : un vrai anti-stress, surtout quand il fait chaud
Pour le vétérinaire urgentiste Pierre Fabing, qui répond au 3115, le changement de rythme accentue encore ce besoin : "Avec le rythme qui change totalement à la rentrée, certains chiens peuvent développer un risque accru d’ennui, de stress et de comportements destructeurs. Certains finissent même par présenter de véritables troubles d’anxiété de séparation". "Ce phénomène toucherait environ 15 à 20 % des chiens en France", précise-t-il dans un communiqué relayé par l’application Playdogs. Alterner les itinéraires, découvrir de nouveaux parcs et donc de nouvelles odeurs fait partie des pistes qu’il recommande.
Quand les températures grimpent, ces pauses reniflage deviennent aussi un outil de sécurité. Marcher longtemps sur un bitume brûlant expose aux brûlures des coussinets, à la déshydratation et au
coup de chaleur, surtout chez les bouledogues ou carlins. Mieux vaut une petite boucle à l’ombre, tôt le matin ou tard le soir, où l’on laisse le chien explorer tranquillement, en vérifiant la température du sol avec le dos de la main. À la maison, quinze minutes de jeux d’eau (tapis à jets, petite pataugeoire, jouets congelés) remplacent avantageusement une grosse promenade au soleil.
Comment adapter vos sorties pour qu’il renifle… sans que tout parte en vrille
Plutôt que de vivre un bras de fer permanent, l’idée est de distinguer deux temps clairement identifiés. Un temps "on avance" : laisse plus courte, rythme régulier pour traverser une rue, rejoindre le parc ou rentrer. Et un temps "tu peux sentir" : longe de 3 à 5 mètres dans une zone sûre, laisse détendue, chien libre de choisir son arbuste préféré. Un simple mot-clé répété, toujours le même, suffit à lui faire comprendre quand l’un ou l’autre mode s’applique.
Un harnais confortable aide à limiter les à-coups et rend les changements de rythme plus doux. Prévoir des balades dédiées à l’exploration, où la distance parcourue importe peu, change vite l’ambiance générale : le chien tire moins, s’apaise plus vite, et vous profitez enfin du moment. Les jours où le temps manque, cinq vrais arrêts reniflage au pied de votre immeuble valent souvent mieux qu’une demi-heure de marche forcée les yeux rivés sur l’horloge.
Sources
- Mon Jardin Ma Maison
«Balades, nature et tranquillité… Cette commune proche d’une grande ville est l’eldorado des chiens heureux»
À propos de l’auteur
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