Ce que l’on sait sur la cyberattaque inédite des frigos des supermarchés

20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Publié le 13/10/2026 à 00h57 • Mis à jour le 13/10/2026 à 00h57

Des centaines de supermarchés français ont été victimes d’une cyberattaque visant leurs installations frigorifiques dans la nuit de dimanche à lundi. Les pirates ont pu modifier à distance la température des équipements, provoquant la perte de produits frais. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris. 20 Minutes fait le point sur cette attaque massive.

Quels supermarchés ont été touchés ?

Plusieurs grandes enseignes sont concernées : au moins 300 magasins Intermarché et Netto, 80 Carrefour, une trentaine de Monoprix, moins d’une centaine de points de vente Coopérative U et plusieurs magasins E.Leclerc. Le bilan définitif reste à établir.

Les pirates ont réussi à « mettre en dégivrage tous nos meubles froids et à les monter en température jusqu’à 50 degrés », a expliqué Thierry Cotillard, patron des Mousquetaires/Intermarché, lundi soir sur BFMTV. Pour respecter la chaîne du froid, les distributeurs doivent jeter les produits touchés. Les pertes pourraient atteindre « des dizaines de millions d’euros au niveau national », selon le dirigeant.

Comment les pirates ont-ils procédé ?

Selon une source proche du dossier, l’attaque visait les systèmes de régulation frigorifique du fabricant danois Danfoss. L’entreprise précise que « la majorité des unités touchées sont des produits anciens […] qui ont atteint leur fin de vie et ne bénéficient plus de mises à jour logicielles ou de sécurité ». Le fabricant avait notamment signalé une faille importante le 18 septembre.

Le directeur général de l’ANSSI, Vincent Strubel, juge « urgent de les déconnecter d’Internet, ou d’adopter a minima une politique de filtrage réseau très restrictive », en référence aux contrôleurs Danfoss AK-SM et AK-SC. Selon Antoine Hautin, du cabinet de cybersécurité Almond, ces équipements industriels, longtemps isolés d’internet, sont désormais accessibles à distance sans avoir toujours été conçus pour résister aux cyberattaques.

Une enquête ouverte, quelles conséquences ?

Le parquet de Paris a ouvert lundi 12 octobre une enquête confiée à l’Office anticybercriminalité (OFAC). Les investigations doivent identifier les victimes et évaluer les dégâts, notamment les pertes alimentaires et les incidents concernant des équipements ayant commencé à prendre feu. L’ANSSI est mobilisée en France et au niveau européen. Le Premier ministre Sébastien Lecornu suit personnellement le dossier, selon son entourage.

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La question des indemnisations se pose également. Intermarché estime que les assurances ne couvrent pas ce type d’incident. Pour Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, cette attaque contre des équipements indispensables à la conservation des aliments est « d’une extrême gravité et est inédit ». La Fédération du commerce et de la distribution réclame une transparence totale à Danfoss et aux entreprises chargées des installations frigorifiques.