Procès sur l’assassinat d’Aramburu : "Dans un pur réflexe militaire, je prends mon arme et j’appuie jusqu’à ce que ça s’arrête" se défend Loïk Le Priol

Au 11e jour de procès devant la cour d’assises de Paris, ce lundi 21 septembre 2026, Loïk Le Priol a été le premier des trois principaux accusés, à répondre aux questions sur le déroulé de la soirée qui a conduit à la mort de Federico Martin-Aramburu. L’international argentin a été tué par balles le 19 mars 2022, sur le boulevard Saint-Germain à la suite d’une bagarre sur la terrasse d’un café.

Ce lundi matin, Loïk Le Priol assume, prétend-il, et semble du moins particulièrement conciliant, alors qu’il est soumis aux questions du président de la cour d’assises de Paris sur cette nuit du 19 mars 2022 à l’issue de laquelle Federico Martin-Aramburu, rugbyman argentin passé par les clubs de Biarritz, Perpignan et Dax, a perdu la vie, dans les bras de son ami Shaun Hegarty, ex du Racing club narbonnais.

Toujours d’accord, il réclame néanmoins instamment à revoir davantage des vidéos de surveillance de la terrasse du Mabillon qui sont zoomées et diffusées dans la salle d’audience. "Je crois que les images sont assez claires", répète-t-il lorsqu’elles semblent venir appuyer sa défense, plaidant au contraire le flou dû à l’alcool et l’amnésie quand elles ne vont pas dans son sens.

"Il y a une escalade et une incompréhension", raconte-t-il. "Shaun Hegarty me pointe du doigt quatre fois. Je suis blessé dans mon ego devant ma copine et devant mon ami. Je vais m’approcher de lui et lui tapoter la joue. Je lui dis tu restes à ta place, je reste à la mienne. C’est profondément outrageant", reconnaît l’ex commando marine, basculant de la bravade stupide à la victimisation. Ses excuses : "la provocation" de Shaun Hegarty, "l’humiliation" quand Federico Martin-Aramburu, en partant, le tire par le col et le fait tomber de sa chaise et "la colère" quand la bagarre éclate et qu’il se retrouve "en difficulté."

"À ce moment-là, j’ai cette sensation que tout le monde me regarde. Et je veux montrer à tout le monde que je n’ai pas peur. Comme un coq", poursuit Loïk Le Priol. Il remontait le boulevard Saint-Germain en courant, explique-t-il, quand il entend des détonations. "Là, ça me propulse. C’est dans la direction où sont mes amis. Plus rien ne compte. Et je retombe sur les rugbymen."

Federico Martin-Aramburu "traverse la rue" et "se jette" sur lui, affirme Loïk Le Priol. "Dans un pur réflexe militaire, je prends mon arme et j’appuie jusqu’à ce que ça s’arrête. Je ne comprends pas ce qui se passe. On ne se bat pas avec quelqu’un que l’on veut assassiner, ça n’a aucun sens", termine-t-il. Reprenant sa ligne initiale de la légitime défense.