Procès Lenoci : « Il peut être attendu des politiques qu’ils respectent les décisions de justice », avertit le monde judiciaire

Le Collège des cours et tribunaux sort du silence après les insultes et menaces proférées contre le tribunal correctionnel de Namur à la suite du jugement rendu jeudi dans l’affaire Grégory Lenoci. Tout en reconnaissant que « la critique des décisions judiciaires est légitime », l’institution rappelle que « aucune forme de menace ou d’intimidation à l’égard de l’ordre judiciaire ne peut être tolérée ».

Jeudi 20 août, Grégory Lenoci a été condamné à 17 ans de prison, assortis de 10 ans de mise à disposition du juge de l’application des peines. Il a été reconnu coupable d’avoir violemment agressé son voisin, qu’il soupçonnait d’avoir abusé sexuellement de son beau-fils, alors âgé de six ans. Après le prononcé de la peine, des insultes et des menaces ont été lancées dans la salle d’audience à l’encontre du tribunal. Des réactions similaires sont ensuite apparues sur les réseaux sociaux.

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Face à ces débordements, le Collège des cours et tribunaux condamne « avec la plus grande fermeté » ces comportements, jugés « incompatibles avec le respect dû aux institutions judiciaires et aux principes fondamentaux de l’Etat de droit ».

Le Collège insiste toutefois sur une distinction essentielle : contester une décision de justice n’est pas interdit. « Dans un Etat démocratique, la critique des décisions judiciaires est légitime et participe au débat public », rappelle-t-il. Mais « ce désaccord ne peut en aucun cas justifier des insultes, des menaces ou des appels à se faire justice soi-même ».

Les responsables politiques sont également directement concernés. « Cette exigence vaut pour tous. Il peut être attendu en particulier des mandataires politiques qu’ils respectent, dans leur communication publique, l’autorité des décisions de justice ainsi que l’indépendance du pouvoir judiciaire. »

Dans un contexte où la confiance envers les institutions est mise à l’épreuve, le Collège appelle enfin à un débat « serein et éclairé », fondé sur les faits et le respect des principes démocratiques. Il invite notamment à éviter les déclarations susceptibles d’alimenter « la désinformation, les théories complotistes ou la polarisation », et met en avant l’importance de « l’explication, la pédagogie et le dialogue ».