"Tout ce qu'il ne fallait pas faire a été fait" : toutes les réactions de la soirée
La deuxième journée de Pro D2 s'est achevée ce vendredi soir et les acteurs sont venus répondre à nos journalistes. Joies, frustrations, interrogations : chacun a partagé ses émotions.
On n'était pas des tocards la semaine dernière et on n'est pas des champions du monde aujourd'hui
- Étienne Falgoux, pilier de Nice
"Après notre non-match à Biarritz, nous avions à cœur de nous rattraper à domicile pour bien lancer notre saison et nous rassurer. Ce soir, on a réussi à mettre les choses dans l'ordre et à produire le rugby que l'on souhaite mettre en place. Un focus a été fait durant la semaine sur la discipline qui est un secteur clé. Cela a payé et il faut garder ce niveau car rien n'est acquis. On n'était pas des tocards la semaine dernière et on n'est pas des champions du monde aujourd'hui. La saison est encore longue. Nous avons trouvé des failles dans les mauls et le jeu d'avant et nous nous y sommes engouffrés. Maintenant forcément, les équipes vont nous étudier et il faudra chercher peut-être des solutions ailleurs comme dans le jeu de nos trois-quarts. Nous sommes encore dans un rodage collectif et nous devons trouver des automatismes. Nos fautes se gommeront avec la confiance."
Notre contrat est plus que rempli
- Romain Terrain, manager de Valence-Romans
"Le contrat est plus que rempli. On aurait dit ça avant le match, j'aurais signé de suite. Le travail est accompli avec une bonne base au niveau de notre huit de devant qui a fait un gros travail. Je tiens à féliciter le travail de Scott Newlands cette semaine sur les ballons portés et le secteur défensif où on a été assez efficace. Donc on est vraiment heureux. On lance enfin la compétition. On restait sur une défaite à domicile contre Aix la saison dernière, donc il fallait reconquérir déjà le stade Pompidou, ce qui était important. Soyaux-Angoulême venait avec l’envie de faire un coup, il fallait être prêt. On a tous répondu présents. Je tire tout mon chapeau à l’ensemble de mon groupe, y compris à ceux qui n’ont pas joué."
Tout ce qu'il ne fallait pas faire a été fait
- Alexandre Ruiz, manager du Soyaux-Angoulême
"Tu ne peux être déçu que quand tu as mis les ingrédients, donc je ne suis pas frustré car on n’a pas fait le match qu’on devait faire, et on n’a pas mérité quoi que ce soit. Félicitations à Valence-Romans qui a fait une belle partie, qui s’est appuyé sur ses points forts et qui a dominé le match sur des choses efficaces dont elle maîtrise le sujet. Quand tu perds contre une équipe qui a été efficace et que toi tu ne l'as pas été, il faut le reconnaître. Tout ce qu'il ne fallait pas faire a été fait. Et ça c'est comme un enfant, il vaut mieux qu'il fasse ses conneries le même jour, toutes en même temps. J'ose espérer qu'on a tous fait les mêmes conneries le même jour et que demain on sera meilleur."
La posture de la gagne
- Boris Bouhraoua, entraîneur principal de Biarritz
"Les joueurs du BO peuvent être fiers par rapport à leur état d’esprit. Ils ont su rester dans la posture de la gagne. Ils se sont responsabilisés pour rendre cette copie. Le score est lourd, nous étions venus en étant déterminés à livrer un vrai match de rugby, en nous appuyant sur les fondamentaux. Nous l’avons fait. À aucun moment nous n’avons cessé de mettre la pression sur Oyonnax, mais nous avons payé cher notre carton rouge dans les dix dernières minutes alors que l’écart n’était que de trois points. Ce match nous a permis de mettre des choses en place, sur les mêlées, les touches. Le BO a mérité le respect en mêlée."
Nous avons fait preuve de résilience et d’ambition
- Mohamed Megherbi, pilier d'Oyonnax
"On ne peut pas dire que nous avons livré un très bon match, il y a encore pas mal de choses à régler, mais au final nous prenons cinq points. Il faut retenir ce résultat, pas le contenu qui demande à être amélioré sur certains points. D’un côté, il y a ce bonus offensif que l’équipe a su aller chercher en fin de match en faisant preuve de résilience et d’ambition, de l’autre, il nous reste la frustration de certaines occasions manquées par excès de précipitation. Par rapport aux défaites concédées lors de fins de match la saison passée, nous avons appris de nos erreurs, nous avons travaillé dessus. On a vu de l’envie, un état d’esprit. Il y a des réglages à opérer et nous allons construire collectivement sur ce match."
Je ne sais pas pourquoi, j'avais un bon pressentiment
- Clément Clavières, arrière de Narbonne
"Dès qu'on a commencé à jouer, je savais que ça allait bien se passer. Je ne sais pas pourquoi, j'avais un bon pressentiment. À l’arrivée au stade cet après-midi, pendant l'échauffement, je sentais les mecs. Et même quand ils sont revenus au score à 15 minutes de la fin, que tout le monde pensait qu'on baisserait la tête, moi j'y croyais, comme tous mes coéquipiers. Je pense que c’est pour ça que nous avons gagné. Si nous n’avons pas craqué, c’est grâce aux leaders qui ont su montrer la voie, comme la charnière, par exemple. Je me souviens aussi que nous nous sommes réunis à 10 minutes de la fin et Steph (Buruiana), qui venait de rentrer, nous a dit : “Les gars sereins, on calme, on fait les choses proprement.” Ce sont des mots qui sont importants dans ces situations. Avoir commencé à l’arrière alors que j’étais prévu à l’aile ? Ça ne m’a pas perturbé, les coachs me font tourner à ces deux postes depuis le début de la saison à l’entraînement."
Des fois, je trouve qu'on a un comportement d'enfants
- Julien Kazubek, troisième ligne de Nevers
"Nous ne sommes pas mis dans les meilleures conditions car nous nous étions dit des choses et, au final, nous ne les avons pas respectées. On s'est menti ! Je pense que des fois, on les a trop regardés, on a trop subi et on n'a pas eu beaucoup de caractère, contrairement à la semaine dernière. Contre Montauban, justement, on voulait les prendre et tenir le ballon pour jouer, jouer, jouer. Ce soir, on a fait trop de fautes de main, encore une fois. On a des ballons et on les perd comme des enfants. D'ailleurs, des fois, je trouve qu'on a un comportement d'enfants... Au bout d'un moment, quand il y a une équipe en face qui vient de monter et qui va jouer le maintien jusqu'à la fin, dès qu'elle a une occasion, surtout à la maison sur son premier match, elle ne va pas laisser passer le truc. Nous, encore une fois, on laisse passer trop de choses. Entre la semaine dernière et là, on est trop gentil par moments. Et le problème, c'est que pendant ces moments-là, on prend des points trop facilement..."
Tenir 80 minutes comme ça, chaque match
- Nathan Azaïs, trois-quarts centre d'Aurillac
Très bon match et un bonus offensif. Après Grenoble, défensivement il fallait se réveiller ; chose qu'on a faite surtout en seconde mi-temps. C'est positif car il y avait du monde au stade. C'est positif pour tout le monde, pour l'équipe. Maintenant on peut aller de l'avant (…) On avait remarqué qu'ils avaient une défense assez serrée, donc il fallait essayer d'aller chercher les extérieurs et pourquoi pas au pied directement. Cela a plutôt pas mal réussi puisqu'on a marqué pas mal d'essais en seconde mi-temps (…) Le plus important c'est qu'on ait fait une grosse victoire, collective. Le banc a apporté, les avants ont fait un gros match , des grosses mêlées. On a récupéré pas mal de pénalités donc on a pu jouer dans leur camp. C'est bien. Il faut continuer et tenir 80 minutes comme ça à chaque match.
Prendre 65 points, ça pique !
- Arnaud Aletti, troisième ligne et capitaine de Dax
"Prendre 65 points, ça pique ! Surtout de prendre 40 points en 40 minutes. Pourtant on était confiants, sûrs de ce qu'on voulait faire. On fait une bonne première mi-temps, mais en deuxième mi-temps, beaucoup trop d'indiscipline. On est à plus de 20 pénalités et c'est inacceptable. Il faut une grosse remise en question, qu'elle soit rapide et efficace car nous recevons un « gros » la semaine prochaine et à domicile, cela ne pardonnera pas si l'on refait ça. À chaque faute que l'on a fait, on les a mis un peu plus en confiance. C'est une équipe qui joue très très bien les contre-attaques. On a perdu beaucoup de ballons, on était très souvent à reculons et donc indisciplinés (…) On perd le fil, la confiance, on s'agace. On commence à tous parler... Ce n'est pas du tout l'état d'esprit qu'on veut avoir et on s'est perdu sur ça."