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  • 2026-08-05 18:12:30 +0000 UTC

    Aug 05, 2026

    "Quand tu as ton rendez-vous à France Travail, ça te met un petit coup derrière la tête" : Dupont se livre sur sa vie de chômeur

    Sans club depuis plusieurs semaines et la fin de son engagement avec le Stade montois, le centre Joris Dupont (25 ans) se retrouve au chômage. Revenu auprès de sa famille dans la banlieue toulousaine, celui qui a connu le Top 14 avec Castres et sort d'une saison à 22 matchs en Pro D2 se livre sur sa situation de chômeur. Et se tient prêt à saisir toute opportunité !

    Comment se sont passées la fin des négociations avec Mont-de-Marsan, à la relégation du club, au moment de passer en contrat fédéral, alors que vous aviez encore un an de bail ? 

    Assez tardivement j'ai eu une proposition. Nous n'avons pas réussi à trouver d'accord le club et moi. C'est à contre-cœur que nous n'avons pas continué ensemble. 

    Comment avez-vous vécu vos premiers jours sans club ? 

    Ça fait bizarre ! Ça fait assez peur car tu te dis que tu es sorti du circuit. Quand tu as ton rendez-vous à France Travail, ça te met un petit coup derrière la tête... C'est là que tu te rends compte de la situation dans laquelle tu es, que tu es vraiment au chômage. Mais je crois toujours trouver quelque chose, avoir une opportunité dans la saison, comme joker médical ou joueur supplémentaire. C'est pour ça que je m'entraîne fort tous les jours, je me tiens prêt pour toutes les propositions ou éventualités qui s'offrent à moi.

    Avez-vous eu des contacts avec des clubs ? 

    Non, pas tant que ça. Avant d'avoir refusé la proposition du Stade montois, j'étais un petit peu en contact avec Béziers, mais ça n'a pas abouti. C'est assez calme... J'en ai eu avec des clubs amateurs. Des copains à moi ont parlé de mon profil à leurs entraîneurs, et ils étaient intéressés pour me récupérer. Mais ça ne m'intéressait pas. Je trouve ça surtout un peu trop risqué. Imaginez que je m'entraîne en Fédérale, que je me blesse et qu'il y a une opportunité que je ne peux pas saisir... Je pense que je m'en voudrais. Donc, en attendant, je m'entraîne de mon côté.

    Comment faites-vous pour vous maintenir en forme ? 

    J'essaie de conserver un peu le même système de journée que j'avais en club. Le matin, je fais de la muscu, et l'après-midi, je fais du cardio, pour garder la forme comme je peux.

    La balle ne vous manque pas trop ?

    Si ! Du coup, je fais des passes avec ma copine dans le jardin (sourire). Cet aspect-là, tu ne peux pas trop le travailler quand tu es sans club... C'est compliqué, justement, pour pouvoir faire du ballon, travailler sur les contacts quand tu es seul pour te préparer. C'est d'ailleurs ce qui me manque le plus, jouer un peu au ballon.

    Dupont filant à l'essai face au SAXV.
    Dupont filant à l'essai face au SAXV. Icon Sport - Loic Cousin

    De quoi sont faites vos journées ? 

    J'essaie de me faire un planning pour garder une structure, comme en club, sur la journée. Mais c'est vrai que c'est un peu plus long, on peut vite s'ennuyer. Quand tu as fait ta séance le matin, tu rentres, tu déjeunes puis tu n'as pas grand-chose à faire... J'en profite pour travailler sur ma reconversion et d'autres projets éventuels. Et l'après-midi, je fais du cardio, donc, pour structurer sa journée et qu'elle se passe du mieux possible.

    Aviez-vous déjà songé à votre reconversion ? Ou y pensez-vous désormais ? 

    Avant d'être dans cette situation, j'avais déjà des idées dans ma tête. Il y a le golf, j'y ai beaucoup joué jeune avant de me concentrer sur le rugby. Je pourrais être enseignant : donner des cours, prendre du plaisir, et éventuellement, à terme, avoir ma propre structure. J'aime aussi énormément le monde du café depuis peu. Mais pour l'instant, ça serait plus axé sur le golf. 

    Quand je prends mon téléphone, que je vais sur Instagram et que je vois tous les copains qui sont en pleine préparation de la prochaine saison...

    Est-ce qu'un projet à l'étranger pourrait vous attirer ?

    J'y ai pensé. Ça ne me ferait pas peur de partir, ça m'attirerait, même, de voir quelque chose d'autre, d'apprendre une nouvelle culture. Ça peut être très intéressant. Mais pour l'instant, je me concentre à fond sur la France. Et si ça vient à ne pas marcher ici, je réfléchirais plus sérieusement à partir à l'étranger.

    Est-ce difficile pour vous d'échanger avec des anciens coéquipiers, des amis qui sont à l'entraînement avec leurs clubs respectifs ?

    C'est un peu dur... Quand je prends mon téléphone, que je vais sur Instagram et que je vois tous les copains qui sont en pleine préparation de la prochaine saison, qui jouent au ballon, qui sont restés dans le circuit... (il marque un temps) C'est là que tu te rends compte de ta situation, et ça te met un vrai coup derrière la tête quand même d'être sorti de ce milieu-là. Ça fait mal, mais ça motive à s'entraîner davantage pour revenir encore plus en forme au cas où une opportunité arrive !

    Au foot, l'Union Nationale des Footballeurs Professionnels (UNFP) organise chaque été un stage de six semaines pour les joueurs chômeurs avec des entraînements ainsi que des matchs amicaux. Le but est de permettre aux joueurs de garder la forme et de continuer à s'entraîner dans un cadre structuré. Aimeriez-vous voir ça au rugby ? 

    Je trouve que c'est une très bonne idée ! Si on pouvait avoir ça dans le rugby, ça serait pas mal, ça pourrait aider les mecs qui sont dans la même situation que moi pour pouvoir se montrer et, surtout, avoir du temps de jeu ! Ça permettrait aussi de maintenir un esprit d'équipe qui, mine de rien, manque... C'est quelque chose à creuser !

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