Oyo' fait la police en haut du classement, mobilisation générale pour le VRDR : les enseignements de la soirée
En ce vendredi de grève, le championnat de Pro D2 ne faisait pas de pause. Bien au contraire, il reprenait après une trêve, pour cette 6e journée. Journée qui a offert certains parallèles avec l'actualité du moment...
Les lycéens de la soirée : réprimés, le SA XV a appris
Chanzy est devenu une terre hostile pour les adversaires et Provence le savait bien en y mettant les pieds. Les Provençaux ont donc voulu démarrer pied au plancher, comme le confiait Arthur Coville au sortir de la rencontre. Un début tambour battant pour entrer immédiatement dans la rencontre. Ils ont été sacrément bien aidés par les Angoumoisins, pénalisés à dix reprises dès la première période. Trop indisciplinés et imprécis, les Violets ont vu les difficultés s'accumuler malgré une détermination évidente. Au retour des vestiaires, les Angoumoisins ont rectifié le tir, peut-être après une remontrance à la pause.
Avec encore plus d'envie, de détermination et un Nathan Farrisier impérial dans les airs comme au sol, le SA XV a incarné l'espoir. Revenant à deux points à trois minutes du terme, Chanzy y a cru. Cela ne suffira pas et Angoulême aura évidemment des regrets en se couchant ce soir. C'est aussi dans ce genre de défaites que l'on apprend le plus vite. S'il n'y a eu aucune véritable surprise ce soir sur l'ensemble des rencontres de Pro D2, la défaite angoumoisine (28-26) n'était pas la plus prévisible. Toujours est-il que Provence rugby reste invaincu et montre que son statut de grand favori est bien mérité.
Le cortège de la soirée : un Agen collectif dans le sillage de Bellot
Cabrel, qui était à nouveau en tribunes, a composé son album Samedi soir sur la Terre en pensant sans doute aux vendredis soirs la tête dans les nuages à Armandie. Après un premier bloc négatif, le SUA avait coché cette rencontre pour lancer sa révolte. Les Agenais l'ont montré dans l'agressivité, allant parfois jusqu'à s'attraper les maillots, rendez-vous compte ! La soirée lot-et-garonnaise a rapidement tourné à la fête, alors que le bonus était acquis à la pause.
Collectivement en place et opportunistes dans la zone de marque, les Bleu et Blanc n'ont jamais vraiment tremblé. Bellot, remuant, a endossé le costume de guide, offrant d'ailleurs un caviar à Socino puis un autre à Richardis. Actions individuelles, mouvements collectifs, travail de sape : Agen a déployé toute sa palette offensive. Six marqueurs différents sur les sept essais au total. En face, les Dacquois ont été trop caricaturaux, presque « etchetesques », à vouloir faire vivre le ballon coûte que coûte. Leurs longues séquences n'ont rien produit de concret et les Landais ont subi (49-30). À deux visages depuis le début de la saison, Dax doit trouver plus de régularité dans ses prestations.
Les gaz lacrymogènes de la soirée : Nevers dans le brouillard
Pas de bombe au poivre dans les tribunes de Maurice-Volot et pourtant, les Nivernais ont dû sécher quelques larmes en rentrant au vestiaire. Xavier Péméja, l'emblème de ce club depuis dix saisons, reste groggy devant le tableau. Dans ce duel entre mal classés, la défaite était à éviter pour ne pas laisser le concurrent direct s'échapper et risquer de s'enfoncer dans les méandres du classement. Au-delà du résultat, les deux équipes jouaient aussi leur crédibilité, dans un match où l'engagement comptait presque autant que le contenu.
Nice l'avait bien compris et l'a fait ressentir dès l'entame de match : deux essais en moins de dix minutes et une résistance aux attaques jaunes. Les Niçois affichaient une certaine confiance à l'approche de la ligne adverse, là où Nevers multipliait les erreurs d'appréciation, comme sur ce plaquage à contretemps de Tshimanga. Il y avait un peu plus de tout dans cette bande rouge et noire (32-17), et cela s'est vu au final, bien que plus brouillon en fin de match. Désormais, Nevers doit rapidement sortir du brouillard pour éviter de s'enfoncer davantage au classement.
La force de l’ordre : Oyonnax puissant et structuré
Il y a bien eu ce petit espoir, avant la pause, avec ces deux essais coup sur coup grâce à une feinte de ballon porté (Jooste, 30e), et ce vrai maul (Vernet, 37e). Ainsi, le Racing passait à 10 points et entretenait un espoir qui paraissait fou après un départ raté (0-24 jusque-là). Mais ni l’infériorité numérique (carton jaune de Roussel, 36e), ni cet élan ne suffiront à renverser la hiérarchie.
Oyonnax s’est montré autoritaire à cet instant précis, profitant très judicieusement de la double supériorité numérique liée aux avertissements de Timu (49e) et Navizet (53e) et d’une opportunité adverse manquée : essais de Guilly (53e), Karkadze (57e), Bloemen (59e) et Matkava (66e). Ainsi, d’un retard de dix points avec une occasion de le réduire encore, les Narbonnais se sont retrouvés à prendre des vagues (14-57). Attention à ce que l’ampleur du score ne fasse pas trop mal à la tête...
La mobilisation générale : Valence-Romans fait feu de tout bois
Les premiers échanges ont presque été caricaturaux. En fait, on aurait pu craindre que le VRDR joue à tort et à travers, au vu des nombreuses imprécisions gâchant une domination nette. Mais le fait d’avoir débloqué la situation aussi tôt, avec Rozière bien trouvé dans l’espace après deux passes, a joué un rôle certain. Dans la foulée, ce fut une véritable marée. Derrière, d’une part, avec l’essai de Vachon concluant une remarquable relance collective, la prestation géniale de Marrou, avant même ses deux essais, et bien sûr l’inévitable Marco-Pena, qui y allait de son doublé grâce à la spécialité drômoise du ballon porté.
Du côté biterrois, il n’y a pas grand-chose à retenir de cette sortie à blanc, le plus important sera de passer à la suite.
Les casseurs de la soirée : les avants columérins desservent la cause… Et leurs efforts
Ça n’est pas exactement le match ouvert et enjoué qu’on attendait entre ces deux spécialistes du genre, pour cette affiche du vendredi soir. Bien sûr, il y a eu le coup très bien joué de Grenoble, conclu par Abescat-Leroy, après un lancer columérin trop long (21e). D’ailleurs, c’était à la fois l’une des rares actions collectives à savourer et elle était symptomatique de l’équipe haut-garonnaise.
On se demande combien de ballons Colomiers a gâchés sur ses lancers... Il y avait les lancers pas droits (18e, 43e), trop longs (21e, 56e), ceux où le bloc saut ne s’entendait pas (66e) et que dire de la mêlée… S’il faut retenir un chiffre, c’est qu’elle a coûté 15 points marqués par le pied de Sam Davies. Ce qui rend la prestation globale columérine au stade des Alpes (23-20) presque impressionnante. Mais frustrante plus que tout.
Les profs de la soirée : Aurillac se paye enfin
Il était attendu comme l'un des matchs alléchants de la soirée au vu du jeu proposé par les deux formations et il n’a pas déçu. D'un côté, une équipe cantalienne qui montre des choses très intéressantes depuis le début de la saison, sans vraiment être récompensée. De l'autre, des Biarrots bien en place, dont les résultats confirment la forme du moment : avec une seule défaite, ils occupent la quatrième place, juste derrière le trio infernal de tête. La promesse était belle sur le papier, et elle s'est confirmée sur le terrain.
Énergiques et structurés, les Cantaliens ont mis à mal des Biarrots pourtant bien installés dans le haut du tableau. Mais, comme attendu, le match a été disputé et personne n'a voulu céder du terrain. Le score confirme cette impression : à la pause, personne n'était véritablement à l'abri (24-20). En deuxième période, les Biarrots sont même passés devant pour la première fois mais le Stade en a assez de passer tout près de la récompense. Les Cantaliens ont alors remis les bouchées doubles et fini par faire la différence grâce à leur courage et à la solidité de leur collectif. C'est leur deuxième victoire (52-33) après deux bonus défensifs obtenus. Biarritz marque le pas, mais conserve sa place dans le top 6.