Les enseignements de la 4e journée : coup de show pour Narbonne, faute de goût pour Agen

Coups d’éclat, remontées folles et désillusions : la 4e journée de Pro D2 a encore réservé son lot de surprises. Du réveil de Colomiers au gros coup de Provence Rugby, en passant par le show de Narbonne, retour sur les temps forts de la soirée.

Le choix de la soirée : Lilian Rossi récompense l'audace

Il en fallait de l'audace pour ne pas prendre ces points, accrocher le match nul et récompenser une incroyable remontée. Mais les Isérois avaient une faim de loups après l'inquiétante défaite face à Agen. La sirène avait déjà sonné à Marcel-Volot et Sam Davies avait sans aucun doute la botte pour passer la pénalité placée à 40 mètres en face des perches.

Mais les coéquipiers du Gallois ont fait le choix du culot et de la touche. La chance sourit aux audacieux et quelques instants plus tard c'est le talonneur remplaçant Lilian Rossi qui s'écroulait dans l'en-but pour offrir la victoire aux siens. Un symbole. Car celui qui a passé toute sa carrière au FCG est loin d'être étranger à cette incroyable remontée. Alors que le tableau d'affichage indiquait -16 contre les siens, le talonneur sonnait la révolte avec un premier essai en force. Quelques minutes plus tard, c'est encore lui qui profitait du bon travail de son pack pour s'offrir un doublé et ramener les siens à sept points. Après un incroyable chassé-croisé et malgré leur indiscipline criante, les Grenoblois revenaient à trois petits points et alors que le match nul leur tendait les bras... ils préféraient prendre la victoire (33-37).

  • Voir aussi : tous les résultats de la 4e journée

L'envol de la soirée : la Colombe décolle enfin !

Des semaines qu’ils n’avaient pas gagné. Des mois, même, si l’on ne se réfère qu’aux rencontres officielles. Mais les supporters de Bendichou, qui restaient sur deux cruelles désillusions face au même adversaire provençal, ont retrouvé le sourire et la joie de la victoire. Un succès ? Non, plutôt un triomphe ! Et ce sont les pauvres Dacquois qui ont subi de plein fouet le réveil de la bande à Martin Dulon, auteur d’un triplé dans une rencontre à sens unique (six essais inscrits et 40 points rien que sur le premier acte).

  • Voir aussi : revivez la démonstration columérine 

Défaits à Angoulême et à Biarritz, bons derniers du championnat avant cette J4, les Columérins ont sorti les griffes face aux Landais dès les premières minutes de la rencontre. Et au rugby, c’est bien connu, tout va très vite. Thibault Debaes et ses coéquipiers ont ainsi retrouvé leur efficacité et ce jeu de passes qui avait fait tant de merveilles la saison passée. De la vitesse, de la précision, de l’envie, une conquête propre (même en touche !) : tous les secteurs de jeu ont souri à Colomiers, qui lance enfin sa saison et peut souffler un grand coup. Le plus dur reste à venir avec un calendrier démentiel : déplacements à Brive, Grenoble et Valence, réceptions de Narbonne et Agen. Mais l’essentiel est ailleurs ce soir. Après trois journées à broyer du noir, la Colombe a enfin retrouvé ses ailes (66-21).

La crise de la soirée : deux points c'est trop

Quatre matchs, quatre défaites et quatre points : voilà le triste bilan de Nevers en ce début de saison de Pro D2. Comme toujours, les hommes de Xavier Péméja se sont accrochés, même après avoir encaissé un 14 à rien. Il y a d'abord eu cet éclair de Varian Pasquet, puis ce super mouvement conclu par Efitusi Ma'afu et enfin l'essai de l'espoir de Wendemi Veillard. La pénalité de Raphaël Sanchez donnait même l'avantage à l'Uson, mais quand ça ne veut pas...

Alors que les Nivernais tenaient enfin cette première victoire et étaient en passe de récompenser un début de saison plus positif que les résultats le laissaient croire, une ultime pénalité de Thomas Dolhagaray venait les crucifier (20-22). Les protégés de Péméja ne sont qu'à deux petits points d'Aurillac quatorzième mais les deux déplacements qui s'annoncent pourraient laisser quelques traces plus durables.

Avec cette quatrième défaite, Nevers est dernier du Pro D2.
Avec cette quatrième défaite, Nevers est dernier du Pro D2. 2026 Icon Sport

Le coup de show de la soirée : Narbonne en rouleau compresseur

Vainqueur de Soyaux-Angoulême ce vendredi soir, Narbonne a eu besoin de sept minutes pour couler son adversaire du soir, au cours desquelles les coéquipiers de Thibault Santoro ont inscrit quatre essais, sans encaisser le moindre point (28-0, 20e). Bitz profitait d’abord d’une erreur angoumoisine pour filer dans l’en-but et enclencher le rouleau compresseur narbonnais. Dobela récompensait, trois minutes plus tard, une relance de 80 m après une perte de balle charentaise.

Si Alexandre Ruiz, sur son banc, prenait des notes, les yeux rivés sur son carnet, ses joueurs perdaient pied au fil des minutes. Navizet aplatissait en coin, avant que Peni intercepte une passe au milieu du terrain pour aller à Dame. Les Audois n’inscrivaient d’ailleurs que trois points en seconde période, inquiétés par des Charentais secoués au retour des vestiaires. Malgré des essais de Decubber, Balakarev et Tumba, les violets ne parvenaient jamais à revenir au tableau d’affichage. Maigre consolation pour les coéquipiers de Ben Botica, le bonus défensif décroché en fin de rencontre face à des Narbonnais muets en seconde période (31-26).

Les cartons de la soirée : Béziers paye son indiscipline

Les Biterrois avaient pourtant bien abordé ce déplacement à Montauban. À hauteur de leur adversaire du soir après vingt minutes de jeu (14-14, 25e), les coéquipiers de Joseph Laharrague ont sombré, faute de discipline. Après quatre journées de Pro D2, Béziers est déjà l’équipe la plus pénalisée du championnat, sanctionnée de 9 cartons jaunes.

Face à eux, les Montalbanais punissaient chaque infériorité numérique. Fekitoa était averti (27e), Walton aplatissait. Sept minutes plus tard, Gadea commettait un en-avant volontaire : les Héraultais étaient réduits à treize face à des Sapiacains survoltés. Matthews sanctionnait à nouveau et faisait le break avant la pause (24-14).

Avec trois cartons jaunes sur ce match, les Biterrois étaient dépassés et encaissaient deux nouveaux essais après la pause et la sortie de Benoy, auteur d’un nouvel en-avant volontaire. Depuis le début de saison, Béziers concède, en moyenne, plus de deux cartons jaunes par match et reste englué en queue de Pro D2, devançant seulement Nevers. Les Biterrois n’ont remporté qu’une rencontre, et concédé quelque 50 points ce soir (50-21). Ça pique à Sapiac…

Le gros coup de la soirée : Provence Rugby poursuit sa série

Quatre matchs, quatre victoires. Provence Rugby tient le gros coup de cette soirée, vainqueur sur le fil face à Valence-Romans. Pourtant, les Damiers ont campé près de cinq minutes devant l’en-but provençal. Mais rien n’y fait. Une défense de fer, un en-avant de Vial avant la sirène (78e), puis un autre après cette dernière libéraient les hommes de Philippe Saint-André. Le mérite revient aux visiteurs, régulièrement en tête au tableau d’affichage, et ultra-réalistes en zone de marque.

Les coéquipiers d’Arthur Coville se sont débridés après le quart d’heure de jeu et l’essai de Finau, servi par l’inarrêtable Bituniyata (3-11, 23e). Provence Rugby profitait ensuite des erreurs drômoises, notamment au lancer, pour garder l’avantage au score sans distancer des Drômois au contact (20-20, 59e). Dans une rencontre indécise, les détails font la différence.

  • Lire aussi : le résumé de la rencontre entre Valence Romans et Provence Rugby

Les ballons-portés provençaux ont fait mal aux locaux, contraints d’encaisser un troisième essai à dix minutes du terme, bousculés par la puissance de Julien (23-27, 68e). S’en suivaient dix minutes d’assauts drômois continus, improductifs. Après cinq minutes passées devant l’en-but des visiteurs, la sirène retentissait et les locaux commettaient un dernier en-avant. Avec ce précieux succès (23-27), Provence Rugby confirme son parcours sans faute, tout comme Brive et Oyonnax. 

La faute de goût de la soirée : Agen se bat pour des prunes

Vous connaissez l’adage : dominer n’est pas gagner. Il s’est une fois de plus vérifié ce vendredi soir dans le choc des ambitieux entre Agen et Oyonnax. Avec son maillot collector violet et jaune censé mettre à l’honneur le célèbre pruneau d’Agen (chacun se fera son avis sur la question, sic), les Lot-et-Garonnais n’ont pas eu froid aux yeux dans leurs intentions offensives. Mais malgré deux essais inscrits, les Agenais se sont cassé les dents sur la deuxième meilleure défense de Pro D2, Oyonnax ayant accéléré le tempo dans les vingt dernières minutes.

  • Voir aussi : revivez la victoire d'Oyonnax sur la pelouse d'Agen

En somme, les "Oyomen" ont réalisé le coup parfait à l’extérieur, profitant du manque de gestion et des erreurs adverses pour s’adjuger une précieuse victoire (17-19) face à un concurrent direct à la qualification, du moins sur le papier. Ce succès confirme le très bon début de saison des hommes de Fabien Cibray, avec une quatrième victoire en quatre matchs et la place de leader du Pro D2, devant Provence Rugby et Brive. Agen, lui, pourra nourrir quelques regrets : à force de se battre pour des prunes, les Lot-et-Garonnais n’ont finalement récolté que des noyaux.