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  • 2026-07-24 05:01:03 +0000 UTC

    Jul 24, 2026

    "Je ne pense pas avoir eu le retour de ce que j'ai pu leur donner" : de son départ de Castres à son ambition avec l'USM, Enzo Hervé se livre

    Alors qu'il devait porter les couleurs de Castres jusqu'en juin 2027, Enzo Hervé a finalement été prêté à Montauban pour pallier la blessure de la recrue australienne, Jack Walsh. En quelques jours, l'ouvreur a donc vu sa saison basculer mais débarque avec beaucoup d'ambition à Sapiac. L'ancien Toulonnais, dont le côté solaire matche déjà avec l'esprit vert et noir, se livre sans détour.

    Ces derniers jours ont sans doute été chamboulés, comment vous sentez-vous ?

    Ça a été très rapide c’est vrai. J'ai eu une discussion avec Castres. On a mis les choses au clair par rapport à ma situation. J’étais à la recherche de temps de jeu. Sébastien Tillous-Borde m’avait déjà contacté en février pour venir cette saison. Il y a eu la blessure de Jack Walsh alors que je sortais de mon rendez-vous avec Castres. On a discuté du projet avec Montauban et je leur ai donné ma réponse dimanche. J'ai fait mes adieux à Castres mardi et je suis arrivé ce mercredi pour reprendre jeudi !

    Avez-vous déjà connu une telle situation ?

    Au tout début de ma carrière, non parce que j'ai fait six saisons pleines à Brive. Ensuite j'ai fait deux ans à Toulon et sur ma troisième année de contrat, Louis Lebun s’est blessé à Castres. Ils m'ont appelé et en trois jours, il a fallu que je déménage donc c'est vrai que j’avais déjà connu cette situation. Cette fois, c'est un peu plus compliqué parce que j'avais re-signé avec Castres pour deux saisons. Je comptais faire ma saison pleinement avec eux et me dire au bout de deux jours de reprise : « Enzo, si tu trouves quelque chose, c'est bien »... J'ai eu un peu de mal à l’encaisser au début parce que je ne suis pas tout seul, j'ai une famille. On aurait pu me le dire un peu plus tôt, ça m'aurait permis de me retourner mais finalement, je suis très content d’être à Montauban.

    Regrettez-vous de ne pas avoir pu aller au bout de votre contrat avec Castres ?

    Oui, bien sûr, j'ai des regrets. Je n’ai pas compris pourquoi on m’a fait re-signer pour au final me dire à deux jours de la reprise qu’on ne comptait plus vraiment sur moi. Si on ne compte pas sur un joueur, on ne lui fait pas jouer un huitième de finale de Champions Cup contre Northampton, ni un match contre Toulouse à domicile, qui sont des matchs importants. On ne peut pas passer d’être un bon joueur à un joueur dont on n’a plus besoin.

    Avez-vous douté à ce moment-là ?

    Oui j’ai eu des doutes. Tous les clubs avaient bouclé leur recrutement. J'ai fait le choix de refuser la proposition de Montauban au mois de février pour rester à Castres un an de plus parce que je voulais jouer en Top 14... Au final, je me suis demandé si je n’avais pas fait le mauvais choix. D’autant que c’était la deuxième fois d’affilée que je me retrouvais dans cette situation. Quand l’occasion d’être échangé avec Louis Carbonel au Stade français s’est présentée, j’ai refusé parce que je pensais pouvoir m’installer à Toulon. Finalement, quelques mois après, je pars à Castres et ça se termine comme ça. Dans mon malheur, j’ai la chance d’avoir pu compter sur Montauban.

    Finalement, qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre l’USM ?

    C’est peut-être bête à dire mais en dehors de l'ambition du club et de tout ce qui peut se passer autour, j'ai tout de suite accroché avec Sébastien Tillous-Borde. C'est un manager qui est jeune et qui apporte une énergie dont j'ai besoin. Il y a aussi le fait qu’il a joué toute sa carrière à un poste important comme le mien. Il sait de quoi il parle quand on parle de responsabilité. Et puis, il y a cette ambition de jouer, d'apporter du mouvement. C'est un peu tout ça qui m'a motivé !

    À titre personnel, vous avez souvent eu un rôle de remplaçant ces dernières années, avez-vous l’ambition de retrouver un rôle de numéro un ?

    Oui, bien sûr. Je pense que j'arrive à un moment de ma carrière où je suis passé par des clubs comme Toulon où j'ai pas mal joué. À Castres, je suis arrivé pour être titulaire pendant la blessure de Louis et ça ne s'est pas totalement passé comme prévu. Donc bien sûr que j'ai envie de retrouver un peu ce rôle que j'avais en début de saison avec Toulon ou à Brive. J’ai envie d'être installé à un poste et de pouvoir être en plein milieu d'un projet. De retrouver de la confiance aussi mais elle vient en enchaînant les matchs.

    J’ai envie qu’on puisse compter sur moi à 100 %. J’ai aussi envie de retrouver du plaisir, celui que j’ai sans doute perdu en enchaînant moins de feuilles de match en tant que titulaire… Retrouver ce qui m’a fait vibrer au début.

    Ressentez-vous aussi le besoin de réellement montrer ce dont vous êtes capable sur le long terme ?

    Cette expérience avec Montauban, je la vois comme une nouvelle opportunité de prouver que ce que les gens ont pensé de moi, ce n'est pas du tout l'image que je veux qu'on ait. Je ne suis peut-être pas le meilleur joueur du championnat, loin de là. Mais j’ai quand même réussi à prouver des choses. J'ai vraiment envie de montrer de quoi je suis capable. J’ai aussi envie de rendre à Sébastien l'opportunité qu’il m’a donnée en me donnant à 100 % le week-end. Quand je vois le nombre de joueurs qui sont sans contrat je me dis que malgré les hauts et les bas, il faut quand même voir le positif, j'ai la chance de pouvoir encore jouer au rugby et j’ai hâte de commencer. Hâte de rencontrer les joueurs et hâte de jouer les premiers matchs.

    Vous avez évoqué votre passage à Toulon, c’est un club qui marque dans une carrière. Que retenez-vous de cette expérience ?

    La ferveur évidemment, c'est-à-dire que la ville s'arrête de vivre à partir du jeudi, parce qu'il y a match le samedi donc c’est vrai que tu ressens vraiment une responsabilité sur le terrain. Il y a des gens qui n'ont pas forcément les moyens et qui donnent tout ce qu'ils ont pour pouvoir venir au match le week-end. Je suis arrivé là-bas après six ans à Brive et une descente en Pro D2. J’avais des craintes, beaucoup de craintes, parce que c'était la première fois que je partais de chez moi mais ça s'est tout de suite très bien passé. J'ai enchaîné pas mal de matchs. Il y a eu des hauts et des bas, des incompréhensions de mon côté comme du côté des entraîneurs mais ça reste vraiment une période de ma carrière et de ma vie qui est super importante pour moi. C'est un club qui restera toujours gravé en moi. Si je devais comparer mon expérience avec Toulon et Castres, ce sont deux choses tellement différentes. C’est vrai que mon aventure au CO me laisse ce goût amer parce que je ne pense pas avoir eu le retour de ce que j'ai pu leur donner. Mais ce sont les aléas d’une carrière pro et c'est comme ça.

    Vous êtes réputé pour votre aisance face aux perches. Est-ce un secteur de jeu que vous appréciez particulièrement ?

    Oui, bien sûr, c'est quelque chose que j'adore parce qu’être buteur, ça nous rajoute un peu plus de responsabilités et ça permet aussi de pouvoir récompenser le travail des copains. J'adore ressentir cette adrénaline en plus. Évidemment, je travaille énormément toute la semaine pour pouvoir être performant le week-end. De toute façon, on ne peut pas avoir du résultat sans le travailler, surtout à ce niveau-là.

    Y a-t-il des secteurs de jeu sur lesquels vous avez envie de progresser cette saison ?

    Ce n’est peut-être pas forcément de progresser, c'est surtout de retrouver ce leadership. C’est vrai que j’ai envie qu’on puisse compter sur moi à 100 %. Et puis j’ai envie de retrouver du plaisir, celui que j’ai sans doute perdu en enchaînant moins de feuilles de match en tant que titulaire… J’ai envie de retrouver ce qui m’a fait vibrer au début.

    En dehors du rugby, qui est Enzo Hervé ?

    Je suis quelqu'un d'assez tranquille dans ma vie. J'aime profiter énormément de ma famille. J'ai deux petits enfants. J’aime passer énormément de temps avec ma famille. Profiter de la vie tout simplement et passer de bons moments aussi avec tous les mecs rugby parce qu'on sait que ce n'est pas éternel et qu'un jour il faudra revenir à la vie active. J'adore le padel, j'aime bien le golf et même si j’en ai moins souvent l’occasion, j'aime bien aller me reposer à la pêche avec ma fille. Des choses simples mais que j’apprécie.

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