Bouhraoua : "C’était important de soutenir Maria, les proches de Fede Aramburu et Shaun Hegarty"

Le Biarritz olympique s’est imposé avec la manière face à Colomiers (38-20) au cours d’une rencontre pendant laquelle le club basque a rendu un nouvel hommage à Federico Martin Aramburu. Après la partie, l’entraîneur en chef de l’équipe, Boris Bouhraoua, a tenu à apporter tout son soutien aux proches de l’ancien trois-quarts centre alors que s’est ouvert, lundi, le procès de ses assassins présumés.

Boris, avez-vous rendu une copie parfaite ce soir ?
C’était un match de gala, on voulait qu’il soit particulier parce qu’il avait lieu à Aguiléra, il y avait du monde… On voulait confirmer la victoire face à Nice. Le rugby, c’est un sport d’affectifs, avec des sentiments, où on ne peut pas tricher. Ce soir, il y avait l’hommage à Fede, c’était important, pour nous, afin de soutenir Maria, les proches de Fede et Shaun (Hegarty). Les joueurs et tout le Biarritz olympique l’ont pris à cœur. Après, il fallait se poser la question de comment battre cette équipe de Pro D2 redoutable depuis plusieurs années. Au final, c’est une soirée magnifique pour Fede et notre rugby.

Avez-vous, dans la semaine, évoqué la symbolique de ce match alors que se déroule actuellement le procès ?
C’était sûr que le club allait organiser un hommage. Avec les joueurs et le staff, on a voulu rendre hommage avec les foulards en début de match. Tout le monde en parle. On sait qu’en ce moment, c’est très dur pour Maria, Shaun et tous ses proches. On voulait apporter du soutien à un moment où c’était visible, c’est-à-dire pendant le match. On veut créer notre propre histoire, aller chercher des choses tout en respectant l’histoire du club. Respecter l’histoire du club, c’est respecter Fede. On l’a fait. Fede est là, il a été champion de France avec le Biarritz olympique. C’est une figure importante du club. C’était nécessaire et très important de s’associer à l'hommage et d’apporter tout notre soutien à sa famille.

Est-ce un match référence ?
Sur certains domaines, oui. Il y a deux ou trois choses qui sont intéressantes. Pour moi, c’est un match référence sur la qualité de l’organisation. Nous avons construit ce match. On savait que Colomiers voulait du chaos, des ballons tombés, du désordre, donc nous, nous avons mis de l’ordre en construisant nos ballons portés. Le jeu, au départ, était un peu direct avec du territoire. Nous n’avons pas trop joué depuis chez nous au début, puis au fur et à mesure, quand nous avons senti que nous avions le score, que nous étions plus en maîtrise, on a commencé à voir notre circulation offensive, notre jeu d’attaque et nous avons trouvé des espaces.

Vos joueurs ont bataillé jusqu’au bout même si la victoire était acquise. En ce sens, vous devez être aussi satisfait…
Ça, c’est trois ans de travail. L’état d’esprit, c’est la base. Ça prend du temps pour vraiment le ressentir. Peut-être que cette année, ça ne sera pas suffisant, mais il y a eu un gros travail avec les leaders et ceux qui sont là dans le projet depuis plusieurs années. Il y a aussi l’apport des recrues. Année après année, on instaure au Biarritz olympique de plus en plus de rigueur, de dureté. En discutant avec les leaders, ils me font remonter que le BO devient une équipe méchante. J’aime beaucoup.