Exclu de la primaire, Philippe Brun évoque un conflit « instrumentalisé » par le PS
20 Minutes avec AFP
Publié le 16/09/2026 à 19h47 • Mis à jour le 16/09/2026 à 20h58
Ecarté de la primaire de la gauche démocratique et sociale le jour même de l’officialisation des candidatures, le député PS Philippe Brun, 34 ans, s’est défendu lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale. Il accuse la direction de son parti d’avoir « instrumentalisé » un conflit l’opposant à une ancienne collaboratrice dans le but de le « tuer politiquement ».
Réaffirmant qu'« aucune plainte » ne vise sa personne, l’élu de l’Eure annonce porter l’affaire en justice « afin que la justice puisse établir les faits ». Il s’interroge publiquement sur la méthode et la temporalité de son éviction. « Vous voulez empêcher quelqu’un de se présenter à une élection, vous envoyez un mail à 23h50 pour dire " j’ai été victime de ceci " et, sans aucun contradictoire, sans aucune vérification de quoi que ce soit, sans aucun travail judiciaire, on empêche la personne de se présenter. »
« On a bafoué absolument tous les principes de droit de la défense »
Alors que deux instances du parti ont été saisies dès juillet, Philippe Brun s’étonne qu’aucune démarche n’ait été entreprise depuis. « Pourquoi ne pas m’avoir entendu alors que l’on me dit qu’une commission, et je l’ignorais, a été saisie en juillet et qu’aucune investigation n’a été menée, et que cette commission n’a même pas encore auditionné la personne concernée, la plaignante ? »
Sans vouloir dresser de « procès d’intention », l’élu déplore la violation des procédures élémentaires : « Je ne sais pas à qui ça sert, je n’étais pas le grand favori de cette primaire […] je constate seulement qu’on a bafoué absolument tous les principes de droit de la défense pour m’exécuter en place publique. » Il entend saisir la Commission nationale des conflits pour contester sa suspension, tout en concédant que sa réunion interviendra « dans six mois », une fois la primaire achevée.
« Aucune enquête de la déontologue »
Selon la direction du PS, les accusations visant l’élu couvrent « le registre du harcèlement », « des violences physiques » et « l’emploi familial », dispositif légalement proscrit pour un député vis-à-vis d’un proche ou d’un conjoint.
Sur ce dernier point, Philippe Brun réfute en bloc : « Je n’ai jamais été le compagnon de ma collaboratrice. Elle a un compagnon et elle est pacsée. » Il précise en outre qu'« il n’y a eu aucune enquête de la déontologue de l’Assemblée nationale sur le sujet » et martèle n’avoir « jamais été saisi d’aucun courrier du déontologue de l’Assemblée nationale sur un possible emploi familial ».