Présidentielle 2027: quel rôle pour Jordan Bardella au sein du RN, aux côtés de Marine Le Pen?

Après s'être affiché avec le leader britannique d'extrême droite Nigel Farrage à Birmingham vendredi 4 septembre, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella est attendu samedi sur les berges du Lac de Côme, en Italie. Le possible futur Premier ministre français – en cas de victoire de Marine Le Pen a la présidentielle 2027 – va participer à un forum économique réputé. Il doit accorder une dizaine d'interviews à des titres étrangers. Ces voyages s'incrivent dans le rôle très particulier qu'aura à remplir Jordan Bardella pendant la campagne présidentielle.

Publié le : 04/09/2026 - 23:10Modifié le : 04/09/2026 - 23:28

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Officiellement, cette mini-tournée de Jordan Bardella doit permettre de renforcer la crédibilité du RN en Europe. En réalité, elle permet surtout de médiatiser et d'entendre le parti à la flamme sans grever les comptes de campagne, au moment où les autres candidats sortent du bois. « Ce ne sont pas des déplacements de campagne », précise un haut cadre du parti à Raphaël Delvolvé, du service politique de RFI.

« Marine Le Pen doit économiser sa parole », insiste ce même cadre. Au risque de donner une vitrine internationale à un candidat au poste de Premier ministre, et donc faire de l'ombre à la candidate à l'Élysée ? « Personne n'a la stature ni la popularité de Jordan Bardella dans les autres formations », balaie un responsable du RN. Selon lui, le parti compte « deux supers produits : Le Pen et Bardella », et les électeurs votent pour « les deux ».

Un proche de la candidate modère toutefois : « Il faudra construire au fur et à mesure ce duo. » Autrement dit, le RN doit faire en sorte d'éviter les dissonances, voire les frictions, entre les deux têtes d'affiche, comme cela s'est récemment vu sur des thèmes comme le voile ou les retraites.

Au Royaume-Uni, Jordan Bardella en opération séduction auprès du parti Reform UK de Nigel Farage

Le parti d'extrême droite britannique, tient son congrès, vendredi 4 et samedi 5 septembre, à Birmingham, dans le centre de l'Angleterre. Une manière, pour les instances du parti, de raviver l'enthousiasme après un été compliqué, marqué par un black out médiatique du leader Nigel Farage et la multiplication des affaires liées au financement du parti. Invité d'honneur international de Reform UK, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a signé avec Nigel Farage un protocole d'accord sur l'immigration clandestine.

À Birmingham, Jordan Bardella s'est engagé, s'il devient Premier ministre en 2027, à reprendre puis expulser les migrants arrivés par la Manche sur les côtes anglaises. « Si les Français nous amènent au pouvoir en 2027, notre gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour s'assurer que la France n'est plus la voie d'accès privilégiée pour l'immigration irrégulière vers le Royaume-Uni », a-t-il promis. Un projet qui prendrait plusieurs années, a reconnu le président du Rassemblement national.

Son discours, très flatteur à l'égard de Nigel Farage, a en tout cas été apprécié des militants. « Il a toutes les bonnes réponses. Il serait un bon partenaire pour le Royaume-Uni, à mon sens. Il a raison : toutes les frontières sont ouvertes, ici ou en France », a confié l'un d'eux à notre envoyée spéciale à Birmingham, Émeline Vin.

Devant un congrès clairsemé, les deux leaders ont appelé de leurs vœux une union des extrêmes droites européennes. Même si elle rejette cette étiquette, Claire se réjouit de cette convergence entre Reform UK et le RN, et souhaite aussi y convier « les Allemands de l'AfD [Alternative pour l'Allemagne] aussi, par exemple ». « L'Europe doit se reprendre, elle perd son identité. Nos dirigeants doivent défendre leurs peuples », a-t-elle insisté.

Nigel Farage et Jordan Bardella ont une nouvelle « entente cordiale », en particulier sur la défense. Aucune élection n'est prévue au Royaume-Uni avant 2029.

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