Présidentielle 2027. Primaire socialiste : pour Glucksmann, une avance nette dès ce dimanche ou le doute

Qui arrivera en tête de la primaire sociale-démocrate ? Quelque 140 000 votants ont jusqu'à 18 heures ce dimanche pour choisir parmi les cinq prétendants, dont le favori Raphaël Glucksmann, qui espère être élu dès le premier tour, après une cyberattaque qui a perturbé le processus. Alors que le vote ne se fait que par voie électronique, une cyberattaque, lancée vendredi matin à l'ouverture du scrutin, a ralenti les connexions sur la plateforme dédiée, et obligé les organisateurs à prolonger le scrutin jusqu'à ce dimanche, laissant le résultat, qui doit être connu dans la foulée, plus incertain que jamais.

Samedi à 22 heures, plus de 107 000 personnes avaient voté. Raphaël Glucksmann espère l'emporter dès le premier tour, tablant sur ses nombreux soutiens au sein du PS (notamment les chefs des deux groupes parlementaires de l'Assemblée et du Sénat), en plus de ses partisans de Place publique. Un second tour est prévu si besoin les 16 et 17 octobre. Face à lui, le patron du Parti socialiste Olivier Faure fait figure de challenger. Il compte sur le patriotisme de parti pour l'emporter, mais n'est crédité dans les sondages que de 3 à 5% des voix, loin des intentions de vote de l'eurodéputé, qui navigue entre 10 et 12%.

Ségolène Royale, la surprise du chef ?

L'ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, espère aussi tirer son épingle du jeu, vingt ans après avoir été au second tour d'une élection présidentielle. Un sondage Harris Interactive pour M6 et RTL publié vendredi la place d'ailleurs en deuxième position dans les préférences des Français, derrière Raphaël Glucksmann et devant Olivier Faure.  Les députés Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) font eux figure d'outsiders dans cette primaire.

Raphaël Glucksmann espère une victoire dès le premier tour. Photo Sipa/Alain Robert

Raphaël Glucksmann espère une victoire dès le premier tour. Photo Sipa/Alain Robert

Mais avec une large part de votants qui ne sont pas issus des partis politiques organisateurs et se sont inscrits sur une plateforme dédiée, le corps électoral reste largement inconnu. Raphaël Glucksmann, très identifié sur l'international et l'Europe, voit dans cette primaire le début d'une « refondation de la gauche » avec une rupture claire avec La France insoumise et son leader Jean-Luc Mélenchon.

Ce fut d'ailleurs son principal sujet de discorde avec Olivier Faure et Ségolène Royal, lors des débats télévisés. Soutenu par le député Jérôme Guedj, Raphaël Glucksmann, qui considère que Jean-Luc Mélenchon joue avec les codes de l'antisémitisme, a accusé le patron du PS Olivier Faure de vouloir se rapprocher du patriarche insoumis, comme il l'a déjà fait à deux reprises au moment de la Nupes (2022) et du Nouveau Front populaire (2024).

« Effacement » du PS

Olivier Faure, partisan d'un rassemblement de la gauche à l'Assemblée, l'a accusé en retour de vouloir se rapprocher du centre, ravivant le procès en « macronisme » qui colle à la peau de l'eurodéputé. Et lui, qui avait désigné Raphaël Glucksmann comme tête de liste du PS aux européennes en 2019 et 2024, considère désormais qu'une victoire de l'eurodéputé signifierait l'« effacement » du PS dans l'élection présidentielle. Ségolène Royal a aussi déploré un « hold-up » du leader de Place publique sur le PS. 

De son côté Raphaël Glucksmann a estimé qu'il était « le seul » à véritablement croire en une victoire de la social-démocratie à la présidentielle, et que ses concurrents avaient « l'esprit de défaite ». Des dissensions qui présagent d'un difficile rassemblement derrière celui qui sera désigné vainqueur.

Si la primaire a attiré plus de monde que les 90.000 inscrits escomptés par les organisateurs, elle est loin des grandes heures du PS : en 2012, celle qui avait conduit à la victoire de François Hollande avait rassemblé entre 2,6 et 2,8 millions de votants. En 2017, la primaire qui a désigné Benoit Hamon en avait encore réuni entre 1,6 et 2 millions.