Présidentielle 2027: pour "donner le dernier mot aux Français", Bruno Retailleau défend une révision constitutionnelle

Bruno Retailleau, président du parti LR et candidat à la présidentielle, Bruno Retailleau le 31 août 2026 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) - SIMON WOHLFAHRT / AFP
Candidat à l'élection présidentielle, Bruno Retailleau affirme vouloir mener rapidement une révision constitutionnelle s'il est élu. L'objectif est notamment de faire en sorte que les Français participent davantage par le biais du référendum et aient le dernier mot, y compris sur le Conseil constitutionnel.
Le candidat LR à l'Élysée Bruno Retailleau s'est engagé ce mercredi 2 septembre à mener rapidement une révision constitutionnelle s'il était élu l'an prochain. Elle permettrait au droit français de primer "dans certains cas" sur le droit européen et que "le peuple français" ait "le dernier mot", y compris sur le Conseil constitutionnel.
La révision constitutionnelle est "la mère de toutes les batailles" pour que l'État ne soit plus "impuissant face à la submersion migratoire et l’ensauvagement de la société", affirme le patron des Républicains dans un entretien accordé au Figaro.
Pour en finir avec ce qu'il présente comme une "confiscation démocratique", Bruno Retailleau propose aux Français "un pacte constitutionnel afin de restaurer le régime fondé par le général de Gaulle qui a été profondément dénaturé".

Selon lui, ce pacte repose sur deux textes qu'il soumettra à un référendum dès la rentrée 2027, soit 4 mois après la présidentielle. Le premier est un projet de loi de révision constitutionnelle et le second "une charte de l’ordre républicain, sur le modèle de la charte de l’environnement".
Avec cette révision, le candidat LR veut "élargir" le périmètre de l’article 11 de la Constitution, qui définit le champ du référendum, car "le peuple français doit pouvoir décider, par référendum, de toute question législative".
"Aujourd’hui, il y a des questions interdites aux Français: la politique pénale, la politique migratoire et, plus largement, les questions de société. Avec ce pacte, tout changera: ce que le Parlement peut faire, le peuple le pourra aussi."
"Créer un bouclier constitutionnel"
Il souhaite aussi "alléger les contraintes nécessaires à l’organisation d’un référendum d’initiative partagée (RIP)" avec 2,5 millions de signatures nécessaires contre 5 millions aujourd'hui.
Bruno Retailleau veut également "créer un bouclier constitutionnel afin de protéger nos lois contre les interprétations abusives des juridictions européennes et internationales" pour que le droit français prime sur l'européen "dans certains cas".
Il développe: "je souhaite que les institutions européennes s’en tiennent à leurs attributions et que les juges internationaux, par exemple la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), cessent d’interpréter les traités au-delà de ce que les gouvernements ont signé, et de ce à quoi ont consenti les peuples".

Retailleau veut créer des internats disciplinaires – 01/09
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Bruno Retailleau dit vouloir "remettre le droit de l'UE à sa juste place: au-dessus des lois - car, sinon, c'est un Frexit juridique, que je ne souhaite pas - mais en-dessous de notre Constitution". Pour cela, il veut modifier l'article 88 de cette dernière afin de préciser que le droit européen ne doit être supérieur à la loi que s'il "respecte la Constitution" ainsi que "la répartition des compétences entre les États membres et l’UE".
Le candidat à la présidentielle plaide aussi pour la création d'une "nouvelle procédure" afin que le peuple français ait "le dernier mot". "À l’avenir, lorsque le Conseil constitutionnel censurera une loi votée par le Parlement, le président de la République pourra donner la parole au peuple français pour censurer la censure", explique-t-il.
Sa révision constitutionnelle donne au chef de l'État la possibilité de le faire "soit par référendum, soit en réunissant le Parlement en Congrès". "Avec un tel mécanisme, la fin des aides sociales automatiques pour les étrangers, qui avait été votée par le Parlement mais censurée par le Conseil constitutionnel, serait appliquée aujourd’hui", a-t-il expliqué.
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